Yeelen (La lumière)

Mali (1987)

Genre : Récit initiatique

Écriture cinématographique : Fiction

Archives lycéens, Lycéens et apprentis au cinéma 2010-2011

Synopsis

Nianankoro, un tout jeune homme, reçoit le savoir destiné à lui assurer la maîtrise des forces qui l’entourent. Cette connaissance se transmet de génération en génération chez les Bambaras. Mais le père de Nianankoro supporte mal de voir son fils devenir son égal et le seul moyen pour Nianankoro d’échapper à la folie meurtrière de son père est d’aller questionner son oncle, à l’autre bout du pays. Le jeune homme traverse ainsi le Mali et ses régions variées. Au cours du voyage, il rencontre l’amour et acquiert peu à peu les éléments de la connaissance ultime. Mais il lui faut confronter ses nouveaux pouvoirs à ceux de son père.

 

Générique

Titre original : Yeelen
Réalisation : Souleymane Cissé
Scénario : Souleymane Cissé
Image : Jean-Noël Ferragut, Jean-Michel Humeau
Son : Daniel Olivier et Michel Mellier
Musique : Michel Portal, avec la participation de Salif Keïta
Décors : Kossa Mody Keita
Montage : Andrée Davanture, Marie-Catherine Miqueau, Jenny Frenck et Seipati Bulane
Production : Les Films Cissé, Les Films du Carrosse (Paris), UTA, WDR – WestDeutscher Rundfunk (Köln)
Producteurs : Souleymane Cissé
Couleurs
Durée : 1h45
Interprétation :
Nianankoro, le fils / Issiaka Kane
La jeune femme peul / Aoua Sangare
Le père / Niamanto Sanogo
La mère / Soumba Traore
Le roi peul / Balla Moussa Keita
Le petit garçon / Youssouf Tennin Cissé

 

Autour du film

C’est pour cette tragique confrontation entre les valeurs Bien / Mal (la lutte entre père et fils renvoyant à la mythologie gréco-romaine, à Cronos dévorant ses fils), pour cette violence de l’action toujours intimement liée à la beauté, pour cette esthétique parfaitement maîtrisée de l’image, qu’il faut connaître Yeelen, film repère dans l’histoire du cinéma africain.

Sophie Marsallon, Ciné-u, Université Paris 7 Dépt. Cinéma

Une légende intemporelle faisant bonne mesure de fétiches ancestraux et d’incantations magiques. Des esprits bénéfiques ou maléfiques s’y manifestent. Des animaux sacrés y sont invoqués. Le ciel et la terre y sont pris à témoin. Joué par des comédiens captivants, surtout Issiaka Kane (Nianankoro), c’est un film où des personnages mystérieux évoluent dans des décors étranges. Où compte chaque attitude, chaque geste, chaque regard. Où les silences pèsent autant que les mots. Réalisé avec une rigoureuse limpidité, par le cinéaste malien Souleymane Cissé, Yeelen (la lumière) s’ouvre sur l’image d’un lever de soleil. Le spectacle est éblouissant.

Jean-Paul Grousset, Le Canard enchaîné 1987

Yeelen est un film magique, d’une beauté intense, achevée. Un film de violence et de sagesse. Il ne ressemble à aucun autre et raconte le combat sans merci entre un père et son fils, entre le pouvoir et le savoir, entre les Bambaras et les Peuls. La mort est au bout, mais aussi Yeelen, la lumière. C’est une longue traque initiatique, peuplée de rois et de guerriers, semée d’embûches et de sacrifices. Une femme qui se croit stérile accouche d’un enfant prédestiné, les chiens soudain marchent à l’envers, les arbres s’enflamment spontanément, les armes ont des pouvoirs exorbitants. Fou et surprenant, parfois d’un burlesque métaphysique, Yeelen entraîne dans un monde – préhistorique ou postnucléaire – un autre espace, un autre temps. S’il a tant séduit à Cannes, c’est qu’il est à l’évidence tout autre chose qu’un film « en voie de développement ».

Danièle Heymann, Le Monde 1987

Il est temps de montrer notre continent avec dignité et noblesse. Notre culture n’a rien à envier à celle des autres. Et nous, cinéastes, avons un rôle primordial à jouer : corriger l’image que le regard des autres nous a renvoyée pendant des lustres. Le sujet de Yeelen est la saga des Bambara mais aussi la connaissance, ce que l’homme fait du savoir qu’il acquiert.

Souleymane Cissé, Festival des cinémas d’afrique du pays d’Apt 2007

Vidéos

Entretien avec Jean-Noël Ferragut : l’€™affrontement du père et du fils

Catégorie :

Chef opérateur de Yeelen, Jean-Noël Ferragut travaille au cinéma et à la télévision, en fiction comme en documentaire. Il a notamment collaboré avec Coline Serreau et Gaston Kaboré. Il revient ici sur son travail pour la séquence de l’affrontement final entre Nianankoro et son père.

Réalisation de Yeelen : Souleymane Cissé
Entretien réalisé par Simon Duflo

Souvenirs de montage : entretien avec Andrée Davanture

Catégorie :

Andrée Davanture a monté tous les long-métrages de Souleymane Cissé depuis Den Muso en 1975. Elle est également la chef-monteuse de nombreux films d’auteurs africains : Gaston Kaboré, Jean-Pierre Dikongué Pipa, Safi Faye, Férid Boughedir, Tariq Terguia… Figure singulière et incontournable du cinéma du continent noir, elle a co-fondé l’association ATRIA, relais des professionnels français auprès des cinéastes africains, et la maison de production ATRIASCOP, visant à soutenir la production cinématographique africaine.
Elle revient ici sur son travail avec Souleymane Cissé et en particulier sur la scène finale de Yeelen.

Réalisation de Yeelen : Souleymane Cissé
Entretien réalisé par Simon Duflo

Entretien avec Jean-Noël Ferragut : la séquence du conseil du Komo

Catégorie :

Réalisation de Yeelen : Souleymane Cissé
Entretien réalisé par Simon Duflo

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