Woman at War

France, Islande (2018)

Genre : Aventure, Comédie dramatique, Thriller

Écriture cinématographique : Fiction

Collège au cinéma 2020-2021

Synopsis

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande. Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Woman at war (Kona fer í stríð) est une saga joyeuse, inventive, énergique et féministe d’une professeur de musique qui mène une double vie de militante passionnée par l’environnement. Lorsqu’elle commence à planifier son opération la plus audacieuse jusque-là, elle découvre que sa demande pour adopter un enfant a finalement été acceptée et qu’une petite fille l’attend en Ukraine.

 

Distribution

Halldóra Geirharðsdóttir : Halla / Ása
Jóhann Sigurðarson : Sveinbjörn
Juan Camillo Roman Estrada : Juan Camillo
Jörundur Ragnarsson : Baldvin
Bjön Thors : le Premier ministre
Jón Gnarr : le Président de la République islandaise
Jón Jóhansson : le fermier
Hjörleifur Hjartarsson : un conseiller du Premier ministre
Olena Lavrenayuk : la responsable de l’orphelinat
Antoine Huré : un touriste

Générique

Titre original : Kona fer í stríð
Réalisation : Benedikt Erlingsson
Scénario : Benedikt Erlingsson, Ólafur Egilsson
Photographie : Bergsteinn Björgúlfsson
Montage : David Alexander Corno
Musique : Davíð Þór Jónsson
Durée : 1h41

Autour du film

Un cri de ralliement, un film activiste

« Mon film est aussi un cri de ralliement. Il existe une étrange culture du déni qui consiste à postposer le problème. C’est notre mode de vie que nous devons changer et c’est un énorme défi pour notre génération » a déclaré Erlingsson durant un Facebook Live après la remise du Prix.

Film excentrique, irrigué par les somptueux paysage d’Islande, portrait d’une femme dotée d’une vibrante âme écologique, Woman at War est à la fois un film militant, un film d’aventure, un thriller, une comédie et un drame.

« Les femmes sauvent le monde sans arrêt »

Lorsque nous lui avons demandé pourquoi il avait fait le choix d’un personnage principal féminin (joué par Halldóra Geirharðsdóttir), Benedikt Erlingsson a répondu : « Les femmes viennent constamment au secours du monde. Elles utilisent parfois des stratégies différentes de celles des hommes. Le monde doit être secouru en ce moment et dans la bataille environnementale, les femmes sont souvent très directes. »

Au commencement était la terre. Un paysage gorgé d’eau, où se découpe la silhouette d’une amazone pointant la flèche de son arc vers les câbles d’une ligne à haute tension. Halla, le personnage, est une guerrière, une militante écologique qui agit seule. Obstinée, déterminée à mettre en difficulté l’industrie locale de l’aluminium. L’un des moyens pour y parvenir est de couper l’alimentation en électricité.

Au deuxième jour, Halla, quinquagénaire tranquille, est de retour dans la vie ordinaire où elle enseigne le chant, pratique le yoga et, fait nouveau, s’apprête à devenir maman. Sa demande d’adoption ayant enfin abouti, il va lui falloir aller chercher la petite fille qui l’attend en Ukraine et abandonner définitivement ses entre- prises de sabotage. Mais pas avant d’avoir mené une ultime attaque, la plus dangereuse, contre les pollueurs.

Dans ce cadre qui ne perdra pas de vue son propos, ni l’engagement qu’il défend, et en respectant une forme narrative classique, Woman at War se hasarde ensuite à des dé- règlements où l’inattendu surgit par des voies (et des voix) diverses. Le film multiplie les pistes narratives et les genres, construit un récit foisonnant, conduit à un voyage dont il se plaît à nous distraire pour mieux en cacher la destination.

Dans Woman at War, l’engagement d’Halla (et du cinéaste) pour l’écologie s’exprime dans chacun de ses agissements, plus que par les discours qu’elle pourrait tenir. Il en est de même pour tous les personnages qu’elle rencontre. (…)

La dialectique propre aux sagas islandaises — le destin, l’honneur et la vengeance — se retrouve dans Woman at War, transformée et enluminée par la baguette magique d’une fée. En d’autres termes par la mise en scène de Benedikt Erlingsson, qui se joue des ressorts du film d’action, d’aventures, de suspense, les mêlant sans en adopter un seul en particulier. Et qui s’amuse à placer dans son décor un groupe de musiciens et un chœur ukrainien, susceptibles, quand ils apparaissent au beau milieu d’une scène, d’insuffler courage et inspiration à l’héroïne.

Cet outil de distanciation qui remonte à l’Antiquité, le cinéaste en use pour rappeler qu’il s’agit bien là d’un conte dans lequel il s’autorise à interpeller le spectateur. Ses clins d’œil sont facétieux, ironiques, en conviant à la table du cinéma l’art théâtral et la littérature. Ils convoquent l’histoire comme dans ce prénom que porte Halla, celui d’un bandit célèbre en Islande, qui survécut plus de vingt ans en se cachant dans les Hautes Terres au XVIIe siècle.

Et puis, il y a dans Woman at War Halldóra Geirharosdóttir, apparition sublime de la femme commune, qui pourrait être la voisine de tout le monde et qui, quand elle part en mission, prend des allures de soldat frondeur.
Véronique Cauhapé, Le Monde

Outils

Lauréat du Prix Lux, Benedikt Erlingsson, réalisateur de Woman at War explique la genèse de son film sur l’engagement citoyen.
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/benedikt-erlingsson---woman-at-war-est-un-hommage-a-toutes-les-combattantes_895339