Une vie de chat

France (2010)

Genre : Policier

Écriture cinématographique : Film d'animation

École et cinéma 2013-2014

Synopsis

Un chat mène une double vie secrète : il passe ses journées avec Zoé, la fille d’un commissaire, mais la nuit il accompagne un voleur sur les toits de Paris. Alors que la mère de Zoé enquête sur les cambriolages nocturnes, un autre truand kidnappe la fillette…

Générique

Réalisation : Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli
Scénario : Alain Gagnol
Musique : Serge Besset
Montage : Hervé Guichard
Décors : Jean-Loup Felicioli
Production : Folimage, Lunanime, Digit Anima, France 3 Cinéma, Rhône-Alpes Cinéma, RTBF
Distribution : Folimage
Durée : 1h05
Voix

Dominique Blanc, Bernadette Lafont, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Oriane Zani, Bernad Bouillon

Autour du film

Dino a une vie de chat le jour : ronron et câlins auprès de Zoé, gamine rouquine, et de sa maman commissaire. Et une vie de chat la nuit : cambriole et cabrioles sur les toits, dans le sillage de Nico, voleur aussi habile que non violent. Le sacré matou, regard oblique et échine souple, est le héros de ce dessin animé pas comme les autres.

Car c’est un polar, un vrai, avec des truands patibulaires et mal rasés, qui semblent échappés des Tontons flingueurs. Ils sont tous bêtes et gaffeurs, ces comparses aux sobriquets en forme de clin d’oeil cinéphile – Monsieur Hulot, Monsieur Bébé… Mais leur chef, l’infâme et irascible Costa, sortirait plutôt, lui, des Affranchis de Scorsese.

Alain Gagnol, coréali­sa­teur et scénariste, par ailleurs écrivain publié dans la Série noire, a créé là un vrai méchant, comme pour les grands : non seulement il veut chouraver une statue monumentale, grand machin exotique digne d’Hergé, mais il est aussi responsable de la mort du papa, flic lui aussi, de Zoé. D’où l’implication de la fillette et de sa mère dans cette affaire. Et du chat. Et du gentil cambrioleur, que les circonstances transforment en redresseur de torts.

Enlèvements épiques, courses-poursuites acrobatiques, rebondissements aériens : on plane, presque en apesanteur, au-­dessus d’un Paris rêvé, délicieusement rétro. Un décor de bric et de broc, baigné de lumière mordorée et de musique jazzy, où la tour Eiffel jouxte Notre-Dame, où la douceur lunaire de Tati côtoie la gouaille d’Audiard.

Mitonnée au sein du studio Folimage (producteur des films de Jacques-Rémy Girerd, dont La Prophétie des grenouilles et Mia et le Migou), cette Vie de chat est un régal pour les yeux : chaque mouvement a la souplesse et la grâce du félin et de son compagnon humain, qui se coulent avec fluidité de gouttière en corniche. Cette vivacité, cette invention n’empêchent pas le film d’explorer des sillons plus mélancoliques : la perte du père, par exemple. C’est aussi ça, Une vie de chat : l’histoire d’une petite fille murée dans son deuil qui, soudain, triomphe du chagrin.

Cécile Mury / Télérama 7/01/2012

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