Une bouteille à  la mer

France (2012)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Lauréats du Prix Jean Renoir, Lycéens et apprentis au cinéma 2013-2014, Prix Jean Renoir des lycéens 2011-2012

Synopsis

Tal est une jeune française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi.

Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples.

Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire.

Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux « Gazaman »…..

Générique

Réalisation : Thierry Binisti
Scénario : Thierry Binisti, Valérie Zenatti d’après son livre Une bouteille dans la mer de Gaza
Image : Laurent Brunet
Musique : Benoît Charest
Son : Erwan Kerzanet, Olivier Dandré
Montage : Jean-Paul Husson
Décors : Boatz Katznelson
Production : France 3 cinéma, EMA Films (Canada), Lama Films (Israël), TS Productions
Distribution: Diaphana Distribution
Couleurs
Durée : 1h39
Sortie en France : 8 février 2012
Interprétation
Tal / Agathe Bonitzer
Naïm / Mahmoud Shalaby
Intessar / Hiam Abbass
Efrat / Riff Cohen
Eytan / Abraham Belaga
Dan / Jean-Philippe Ecoffey
Myriam / Smadi Wolfman
Ahmed / Salim Daw
Hakim / Loai Nofi
Thomas / François Loriquet

Autour du film

De ce film qui s’ouvre sur le vacarme effrayant d’un attentat à la bombe au coeur de Jérusalem-Ouest, la première qualité est, contre toute attente, le charme. Celui de ses personnages, celui de leur jeunesse. Elle s’appelle Tal, elle a 17 ans et elle est venue de France pour vivre en Israël avec ses parents. Il s’appelle Naïm, il a 19 ans, il est palestinien et vit à Gaza. Une bouteille à la mer a créé comme un trait d’union entre eux : Tal y avait glissé un message disant son incompréhension face aux attentats anti-israéliens, et aussi son ignorance de ce que sont vraiment ces Palestiniens qu’on appelle simplement autour d’elle les ennemis. Le frère de Tal, soldat de Tsahal, a jeté la bouteille dans la mer de Gaza. Et le message est arrivé jusqu’à Naïm.

Cette histoire séduisante est tirée d’un livre pour la jeunesse écrit par Valérie Zenatti, qui s’inspirait de son expérience personnelle. Le film rend attachantes la spontanéité des personnages, leur manière de s’approprier le conflit israélo-palestinien sans se laisser dicter des réponses par les adultes. Leurs e-mails rythment le film. Lus en voix off, ils font surgir le quotidien (« Il fait froid, j’ai­me l’hiver à Jérusalem »), une réalité proche du documentaire, comme lorsque Tal assiste à la cérémonie du treizième anniversaire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Même impression de vérité du côté de Naïm, alors que le réalisateur n’a pu tourner à l’intérieur de Gaza.

Bien sûr, à eux deux, Gazaman (le pseudo que s’est inventé Naïm) et Miss Peace (le surnom qu’il a donné à Tal) ne peuvent refaire le monde. Mais ils peuvent échapper aux généralités. Car ce sont aussi un garçon et une fille qui tombent sous le charme l’un de l’autre, à distance – Agathe Bonitzer et Mahmoud Shalaby jouent cela formidablement bien. L’amour ou l’attachement ne sont pourtant pas montrés comme la clé de tout, mais plutôt comme un élan de cette jeunesse qui refuse la résignation, qui veut voir plus loin. Elle est guidée par une volonté de comprendre, et il se met, lui, à apprendre le français. Pour rassurer sa mère après un bombardement israélien sur Gaza, il peut réciter une poésie de Prévert. Quelques mots simples et beaux, à l’image de tout le film.

Frédéric Strauss / Télérama 8 février 2012

Vidéos

Agathe Bonitzer, actrice

Catégorie :

Fille de la réalisatrice Sophie Fillières et du cinéaste Pascal Bonitzer qui fut longtemps critique aux Cahiers du Cinéma, Agathe Bonitzer, tout en étant étudiante en lettres, est l’une des comédiennes les plus prometteuses de sa génération. On l’a vue en 2013 dans des films aussi différents que La Religieuse de Guillaume Nicloux, Au bout du conte d’Agnès Jaoui et Les Nuits avec Théodore de Sébastien Betbeder. Quand elle a accepté de jouer le rôle de Tal, jeune française émigrée en Israël, Agathe Bonitzer ne s’était jamais rendue dans cette région du Moyen Orient. De la même manière que son personnage, elle a fait l’expérience d’une réalité géopolitique à laquelle elle n’était peut-être pas préparée et sur laquelle elle revient au cours de cet entretien.


Cette vidéo a été conçue en complémentarité avec les rubriques « Acteurs / Personnages » et « Plans » du livret enseignant Lycéens et apprentis au cinéma.

Horizons

Catégorie :

Si Une Bouteille à la Mer fonctionne sur des partis pris réalistes, Thierry Binisti fabrique à la fin de son film des plans à la fois mentaux et symboliques. Le montage alterné s’efface le temps d’un plan très bref où Tal et Naïm cohabitent à quelques mètres dans un même espace filmique. Le montage son qui permettait de les faire dialoguer par-delà les frontières sert au cinéaste à superposer leurs voix pour ne plus en former qu’une seule. Jusqu’au bout, le montage aura permis au cinéaste de lier ses deux personnages et d’ouvrir enfin son film vers des horizons aussi bien politiques qu’utopiques.


Cette vidéo, qui fait suite à l’analyse figurant dans la rubrique « Séquence » du livret, rend compte la seconde partie du long segment final d’Une Bouteille à la Mer. Elle a également été conçue en complémentarité des rubriques « Plans » et « Mise en scène ».

Outils

Canal + (Interview de l'équipe du film)
my french film festival (Interview de Thierry Binisti)
Blog du Prix Jean Renoir (Interview de Thierry Binisti)

Images de la Culture
L'attentat (Simone Bitton, 1998)

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