U

France (2006)

Genre : Comédie

Écriture cinématographique : Film d'animation

École et cinéma 2008-2009

Synopsis

Mona, une jeune rate à longues oreilles, vit dans un château avec Monseigneur, son tuteur, et Goomi, une mère-grand qui pique quand on l’embrasse Heureusement, une licorne blanche nommée U lui vient en aide. Puis, Mona tombe amoureuse de Kulka, un chat qui joue de la guitare et se trimballe avec une troupe de Wéwés, des lézards musiciens.

Générique

Réalisation : Grégoire Solotareff, Serge Elissalde
Scénario : Grégoire Solotareff
Musique : Sanseverino
Montage : Céline Kelepikis
Décors : Serge Elissalde, Grégoire Solotareff avec Geneviève Gratien
Production : Prima Linea Productions, Gebeka Films, Lumen Films, France 3 Cinéma
Distribution : Gebeka Films
Durée : 1 h 15
Acteurs
U (voix) / Vahina Giocante
Mona (voix) / Isild Le Besco
Goomy (voix) / Marie-Christine Orry
Monseigneur (voix) / Jean-Claude Bolle-Reddat
Mama (voix) / Bernadette Lafont
Baba (voix) / Bernard Alane
Lazare (voix) / Guillaume Gallienne
Mimi (voix) / Maud Forget
Kulka (voix) / Sanseverino
Rouge (voix) / Artus de Penguern

Autour du film

Parodie de conte. .. Dessin animé qui tient de la farce animalière et du conte médiéval, voire de la transposition iconoclaste du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier. Sur le plan de l’animation pure et simple, ça n’a rien de renversant. Le graphisme des personnages est élémentaire. Ce qu’on retient surtout, et dont tous ces dessins animés actuels devraient prendre de la graine, c’est le naturel des dialogues , qui détonent par rapport aux habitudes du genre. On n’oubliera pas de sitôt la fraîcheur des voix des jouvencelles (Isild Le Besco et Vahina Giocante) qui tiennent les rôles principaux, pas plus que la cocasserie verbale des autres personnages incarnés par des comédiens de tempérament comme Bernadette Lafont.
Vincent Ostria / L’Humanité 11 octobre 2006

Etrange film d’animation que cet U, aussi original que son intitulé est sibyllin. A l’heure de l’ultra calibrage de synthèse et de bestioles interchangeables en 3D, U crayonne ses tronches bizarres, museaux allongés ou silhouettes girondes, et flotte sur un drôle de faux rythme, impression renforcée par un doublage à peine chuchoté (par Vahina Giocante, Isild Le Besco ou Sanseverino) qui détonne en comparaison avec le dernier Michel Ocelot, Azur et Asmar, aux scansions pachydermiques comme s’il fallait forcément doper en vitalité des personnages de dessin animé. U cultive au contraire sa charmante singularité, évocation délicate et sans mièvrerie d’un âge abandonné pour un autre, éclosion féminine qui revisite le mythe de la Licorne, protectrice des vierges. Malgré quelques excès d’indolence, Elissalde et Solotareff gagnent beaucoup à soigner leurs habits d’inclassables.
Nicolas Bardot / filmdeculte.com

Solotareff a créé un monde fantastique inspiré de la littérature enfantine : animaux qui parlent, personnages merveilleux, décors de contes de fées.
Il aime La Fontaine et sa façon de mettre en scène les animaux. Pour lui, les personnages des Fables font partie de l’imagerie enfantine, au même titre que l’Ogre ou le Père Noël. Pour créer les personnages de U, le réalisateur a joué sur la symbolique traditionnelle des animaux et l’on pourra apprécier la pertinence et l’humour de ses choix.
Mona est une jeune chienne un peu folâtre, « un chien fou », pourrait-on dire. Elle tombe amoureuse de Kulka, le chat musicien nonchalant. Mona et Kulka vont s’entendre comme « chien et chat ».
Les tuteurs de la princesse, Goomi et Monseigneur, sont égoïstes, sales et méchants : ce sont des rats. Mais ils forment en plus un couple comique composé d’une mère tyrannique et d’un fils inhibé.
Archibald et Mama, les parents de la tribu de musiciens, sont chaleureux, sensuels ; ils protègent de nombreux enfants. Solotareff les a figurés en lapins adultes mais toujours amoureux.
On s’attardera de même sur le choix du crapaud pour le personnage de Lazare, aussi séducteur et romantique qu’un prince charmant.
Dans cette histoire, le merveilleux des contes de fées est surtout représenté par U. On précisera le rôle de la licorne : emblème de pureté dans les légendes médiévales, elle accompagne la jeune fille vierge jusqu’à son premier amour. U protège Mona jusqu’à ce qu’elle se rebelle contre ses tuteurs et surtout jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse de Kulka. Puis il lui faut disparaître.
Les décors utilisent également trois lieux symboliques fortement présents dans la littérature enfantine : le château, la forêt, la mer. Dans les contes de fées, les héros doivent quitter le château pour vivre un certain nombre d’épreuves. Ils y retournent plus tard, après avoir terminé leur quête, pour s’y installer et fonder à leur tour une famille. Ainsi Mona abandonne-t-elle le château qui ne lui apporte plus rien pour suivre Kulka. La forêt représente l’aventure, la découverte de l’autre : Mona y rencontre la tribu de musiciens. La mer est le lieu de l’inconnu, de l’aventure personnelle : Mona et Kulka vont s’y risquer pour enrichir leur vie avant de revenir au château.
Anne Henriot / Sceren CNDP

Vidéos

Le secret de la licorne

Catégorie :

« Le secret du jamais jamais » par Hervé Joubert-Laurencin

U

Catégorie :

Danse autour du feu chez les Wéwés : de 28’10 à  30’09

Situation de l’extrait

Intrigués par la musique qui leur parvient, Goomy et Monseigneur décident d’aller voir ce qu’il se passe chez les Wéwés. Déjà  arrivées, Mona et U s’imprègnent de l’ambiance pétillante de la soirée derrière un buisson avant d’entrer dans la danse.

Analyse : L’enchantement de la soirée est véhiculé par un travail visuel très libre qui redeviendra plus conventionnel à  travers les yeux de Goomy.

Cette séquence est un joyeux moment de vie qui se divise en deux parties.
La première partie offre le point de vue|12 de Mona et de U. Derrière un buisson, elles assistent à  la danse de la nature toute entière : la lune, les arbres, les feuilles ondoient au rythme de la musique. Les couleurs explosent, les corps des uns et des autres se transforment.
D’autres prennent vie grâce à  la musique : les branches des arbres s’entremêlent comme les oreilles de Baba et Mama, la guitare de Kulka s’émancipe tandis que ses moustaches se transforment en partition. Les ombres se démultiplient en formes nouvelles. Dans cette première partie, l’animation glisse vers un univers onirique… Les décors et les perspectives disparaissent provisoirement et les formes ondoient sur un fond uni. Les personnages semblent alors flotter hors du temps. La musique tsigane de Sanseverino enveloppe toute la séquence. Tous les bruits qui pourraient ancrer la séquence dans le réel de l’histoire (bruits des pas de danse, crépitement du feu’€¦) ont disparu de la bande son.
La seconde partie est annoncée par la musique : les notes graves de la contrebasse prennent un instant le relais des violons guilleret pour annoncer l’arrivée de Goomy et Monseigneur. Désormais, la scène est vue à  travers leurs yeux. Ils ne prennent pas part à  l’enthousiasme des danseurs : plus d’ondulations, plus de transformation, plus de féerie : si la fiesta se poursuit dans le nuit, elle est visuellement moins délurée.

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