Tokyo Eyes

France, Japon (1998)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Archives lycéens, Lycéens et apprentis au cinéma 2006-2007

Synopsis

Tokyo, fin du XXème siècle. La police cherche le « bigleux », un homme, K, qui s’est inventé un rôle de justicier. Derrière ses lunettes à double foyer, il tire sur ses victimes, mais les rate toujours. Les rate-t-il ? Dans Tokyo Eyes, comme dans la vie, rien n’est ce qu’on croit: on met des lunettes pour moins voir, on tire avec un pistolet qui ne tire pas droit, les tentatives de meurtres n’en sont pas.

Générique

Réalisation : Jean-Pierre Limosin
Scénario : Jean-Pierre Limosin, Santiago Amigorena, Philippe Madral
et Yuji Sakamoto
Image : Jean-Marc Fabre
Montage : Danielle Anezin
Son : Nobuyuki Kikuchi
Musique : Xavier Jamaux
Directeur artistique : Takaaki Yano
Production : Hengameh Panahi, Lumen Films, Kenzo Horikoshi, Euro Space
Distribution : Haut et Court Distribution
Couleur
Durée : 1 h 30
Interprétation
K / Shinji Takeda
Hinano / Hinano Yoshikawa
Naomi / Kaori Mizushima
Roy / Tetta Sugimoto

Autour du film

Tokyo Eyes, Tokyo + Yeux : il y a la ville et puis les regards. Un Tokyo, dans lequel on s’espionne, se filme, se toise et s’accroche dangereusement du regard. Ce Tokyo-là ne pouvait laisser indifférent ceux qui sont derrière la petite lucarne de l’écran, les yeux baladeurs et clandestins, à suivre les déambulations de K, le tueur virtuel et d’Hinano, midinette de l’âge numérique.

On est dans le Tokyo de la faune lookée et décontractée, le Tokyo des jeunes qui s’amusent et se défoulent copieusement, dans l’angoisse et la révolte d’avoir un jour à ressembler à ces quelques spécimens de « salarymen » (petits chefs) égarés qu’ils croisent de temps en temps. En attendant, ils se réfugient à fond dans la BD, la musique, la mode des chaussures Nike, des cheveux décolorés ou des jeux vidéos. K, digne mutant de l’ère Vidéo Game, ne fait pas beaucoup la différence, puisqu’il continue de canarder sur les méchants, exactement comme quand il est devant ses écrans, son casque sur les oreilles. Dans un doux délire de justicier farceur.

Hinano, soeur de flic et amoureuse téméraire, c’est la future femme libérée. On l’imagine mal jouer les pots de fleurs (on dit « fleur de bureau » au Japon) dans les grandes entreprises à servir le thé et faire des courbettes à ses « salarymen ». Hinano, en attendant la grande vie, fait des petits boulots, un arubaito (petit boulot) chez un coiffeur. Et puis elle espionne ce type au comportement étrange, qui se balade en faisant de grands gestes, un oeil secret dans la main..

A l’origine, le scénario de Tokyo Eyes a été écrit comme un véritable film français, avec distribution et équipe française pour un tournage prévu à Paris. Puis un jour, Jean-Pierre nous a surpris en déclarant qu’il aimerait tourner le film au Japon avec des acteurs japonais. Ce projet nous a paru intéressant pour deux raisons. La première est que nous avions été déçus par la plupart des coproductions nippo-européennes ; lesquelles sans exception aboutissent à des romances stéréotypées entre un Européen et une Japonaise ou sur les différences culturelles qui en découlent. Pour Tokyo Eyes, l’enjeu nous a semblé excitant. Comment un réalisateur et un chef opérateur ne parlant pas un mot de japonais, réussiraient-ils à faire un film avec une distribution et une équipe exclusivement japonaise ?

Kenzo Horikoshi / Dossier de Presse Cannes 1998

Une histoire d’amour à Tokyo. La dernière grande aventure incontrôlable dans un monde dominé par la technologie. Le réalisateur aime la ville et cela se sent à chaque plan. Mais il aime tout autant ses personnages et jamais il ne les sacrifie à sa fascination pour une « cité moderne qui s’ordonne selon un ordre caché. Tokyo Eyes raconte un double parcours : du virtuel au réel pour K. On y capte aussi une réflexion sur le vrai et le faux, le bien et le mal. L’étrangé de Tokyo Eyes se retrouve dans séquence étonnante : l’apparition inopinée de Takeshi Kitano, grand metteur en scène mais aussi acteur impressionnant. Une bouffée de réel menaçant dans une ballade légère, au charme indéniable, comme le rire cristallin d’une adolescente de Tokyo, qui rêve.

Isabelle Danel / Télérama

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