Summertime

États-Unis (2012)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Collège au cinéma 2014-2015

Synopsis

Robbie, un adolescent de 14 ans, nourrit secrètement l’espoir de réunir la famille qu’il n’a jamais connue. Délaissé par sa mère et de père inconnu, il veille au quotidien sur Fess son jeune demi-frère.

Ensemble, ils passent le temps en trainant entre les champs de coton ensoleillés et le distributeur de sodas de la vieille station essence de leur petite ville du Mississippi.

Un jour, leur grand frère Lucas est de retour à la maison. Le rêve de Robbie de reconstruire une famille se dessine enfin…

Distribution

Robbie Hendrick / William Patrick Ruffin
Fess Hendrick / John Alex Nunnery
Lucas Hendrick / Patrick Rutherford
Mamie / Ciara McMillian
Principal Curtis  / Lane Rodgers
Gimmel Mothe / Joyce Baldwin
Timmy Feller / Debra Toth

Générique

Titre original : The Dynamiter
Réalisation : Matthew Gordon
Scénario : Brad Ingelsby, d’après une histoire de Brad Ingelsby, Matthew Gordon
Image : Jeffrey Waldron
Musique : Animal Collective, album“Feels” Casey Immoor
Montage : Kevin Abrams, Brandon Boyd
Costume : Shareen Chehade
Production : Matthew Gordon, Kevin Abrams, Mike Jones Nate Tuck, Amile Wilson, Art Jones, Merilee Holt, Mari-anne Michallet
Distribution : Kmbo
Format : Couleurs – 35 mm
Durée : 1 h 13

Autour du film

« Summertime » : les enfants éternels de l’Amérique de Mark Twain

Summertime est le premier long-métrage de fiction de Matthew Gordon, cinéaste venu du reportage télévisé et du documentaire. C’est aussi une production modeste, une chronique a priori banale, qui réussit à plonger au coeur de la réalité mais aussi des mythes américains.
Robbie Hendrick est un adolescent de 14 ans, chapardeur, cachant à son entourage que sa mère est partie, et qui vit avec sa grand-mère et son jeune demi-frère Fess, dans le Mississippi rural, au centre d’un monde oublié par le progrès économique. Quand, un beau jour, Lucas, son frère aîné, revient s’installer quelques jours à la maison…

Les vacances d’été vont être, pour l’adolescent, un moment crucial de sa vie. Contraint de trouver un travail d’été dans un garage pour faire bouillir la marmite, il est confronté à la désinvolture cynique et manipulatrice de son frère aîné, découvre maladroitement la sexualité et est, in fine, confronté à une série de choix dont on ne doute pas qu’ils représentent une manière pour lui de quitter définitivement l’enfance.

Un tel programme n’a rien, on le voit, de particulièrement original. Récit d’apprentissage, le film de Matthew Gordon fait un usage particulier de la musique, une fois de plus réduite, comme dans nombre de productions indépendantes américaines, au rang d' »ameublement » des moments de transition.

Authenticité

Pourtant quelque chose résiste à un sentiment de « déjà-vu, déjà-filmé » dans Summertime (titre français de The Dynamiter !) : l’impression d’effleurer ce qui a nourri en profondeur une certaine littérature américaine (les oeuvres de Mark Twain, les nouvelles d’Ernest Hemingway) tout autant qu’une authenticité quasi documentaire. Celle-ci affleure grâce à l’interprétation. Les rôles sont tenus par des comédiens amateurs très convaincants dans la maladresse, qui est aussi celle de la propre nature des personnages.

C’est ainsi que le parcours signifiant du jeune Robbie confond subtilement romanesque et réalité, interroge les conventions sociales tout autant qu’il semble parfois en être la conséquence.

Jean-François Rauger / Le Monde 3 juillet 2012

 

«Summertime», frères forgés

Treize ans, c’est l’âge où l’on peut encore se permettre de prendre un bout de bois pour une épée – surtout avec un petit frère qui vous encourage à pourfendre les bottes de foin dans les champs. Mais aussi cette période charnière de la vie qui marque la fin de l’insouciance et oblige à se coltiner une réalité pas toujours folichonne, par exemple en acceptant n’importe quel job pour gagner quelques dollars.

Un pied dans l’enfance, l’autre dans une précoce maturité, Robbie Hendrick compose au mieux, ou plutôt au moins mal. Chapardeur, il bénéficie d’une certaine mansuétude des autorités locales qui veillent à ne pas l’enfoncer plus que de raison. Bravache quand il s’agit de tenir tête à une bande de daguets lui tombant dessus à bras raccourcis, il ne pèse plus très lourd lorsqu’une fille lui fait comprendre qu’il lui plaît.

Renifler les miasmes de l’Amérique profonde est un tropisme du cinéma indépendant yankee. Mais Matthew Gordon veille à verser son obole avec un tact pas si commun, en maintenant à distance raisonnable une toile de fond craquelée d’où pourrait suinter un pathos dissuasif : père hors circuit, mère en vadrouille en Californie qui garde le contact à travers quelques cartes postales, grand-mère mutique, frère aîné dragueur et bon à rien…

Engluée dans un trou du Mississippi, la famille Hendrick part en lambeaux, mais Robbie se rattache à cette illusion clanique pour garder la tête haute. Portrait sensible d’un gamin qui lutte avec les moyens du bord pour ne pas partir à la dérive, Summertime s’appelle à l’origine The Dynamiter. Ainsi titré, on aurait pu l’imaginer faisant des étincelles. A tort. Rehaussé par une photographie soignée, l’entêtement du jeune premier rôle, William Ruffin, à préserver une dignité impavide n’en justifie pas moins un minimum d’égard.

Gilles Renault / Libération 3 juillet 2012

Vidéos

Les familles de Robbie. (9’40)

Catégorie :

Robbie est le cadet d’une famille pauvre d’Amérique.  En l’absence de sa mère, Robbie s’occupe de sa grand-mère et de son demi-frère, Fess, en cachant la situation aux services sociaux. Mais  les frasques de son frère aîné, Lucas, vont  faire exploser ce simulacre de famille.
Analyse : Stéphan Krzesinski
Réalisation : Jean-Paul Dupuis

Robbie dénonce son frère à la police. (3’38)

Catégorie :

Robbie voudrait voir en Lucas, son frère aîné, le chef de famille que lui-même n’arrive pas à être en l’absence de leur mère. Mais Lucas, une fois de plus,  sape l’édifice que tâche de bâtir Robbie pour préserver ce fragile foyer. Robbie va alors le trahir dans l’espoir de protéger le reste de sa famille.
Analyse : Stéphan Krzesinski
Réalisation : Jean-Paul Dupuis

 

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