Ruée vers l’or (la)

États-Unis (1925)

Genre : Burlesque

Écriture cinématographique : Fiction

École et cinéma 2010-2011

Synopsis

Le Klondyke en 1898. La file des chercheurs d’or s’étire au creux des montagnes enneigées. Charlot, prospecteur solitaire, trouve refuge dans une cabane isolée, où il est bientôt rejoint par Gros Jim. La faim les tenaille : qui sera mangé ? Un ours à la chair fraîche vient mettre un terme à l’horrible dilemme. A la ville, Charlot est séduit par Georgia, la « girl du saloon ». Elle feint de répondre à ses avances et accepte une invitation à dîner. Mais elle lui fait faux bond, et le pauvre petit homme se retrouve seul.. Gros Jim qui a des trous de mémoire, se souvient brusquement de l’emplacement d’un filon riche en minerai…

Générique

Titre original : The gold rush
Réalisation : Charles Chaplin
Scénario : Charles Chaplin.
Image : Rollie Totheroh.
Décors : Charles D. Hall.
Montage : Harold McGhan.
Musique : Charles Chaplin, dirigée par Max Terr.
Commentaire et dialogues : Ecrit et dit par Charles Chaplin.
Production : Charles Chaplin pour la United Artists
Distribution : MK2
Durée : 1h36
Format : noir et blanc
Interprétation
Charles Chaplin / Le prospecteur
Mack Swain / Big Jim McKay
Tom Murray / Black Larsen
Georgia Hale / Georgia
Henry Bergman / Hank Curtis
Leona Aderias / Eskimo child

Autour du film

La ruée vers l’or est une œuvre autobiographique : elle contient tout ce qui, depuis la trilogie – Une vie chien, Idylle aux champs et Charlot soldat – marque l’œuvre de Chaplin : sens aigu de la misère, de la faim, du froid, de la tragédie, de la catastrophe, de la peur du lendemain. «  Je suis comme un homme qui serait hanté par un esprit, l’esprit de la pauvreté, l’esprit de la privation » ; sens de la solitude, tout ceci acquis par une jeunesse tragique et une expérience toujours plus grande des hommes.

Reflet de son drame personnel, ce film, par son sens, sa portée, atteint toute l’humanité : c’est l’aspiration de l’homme à la richesse, au bonheur, course où beaucoup succombent avant l’arrivée et où les grands humains sont représentés : le « fort », le « faible » (chacun ayant besoin de l’autre), le « méchant » (force maligne qui se détruit elle-même), et enfin la « femme ». Le drame de Charlot est celui de toute l’humanité : l’homme est seul, irrémédiablement seul. Charlot est le symbole dans l’absolu de  l’ « homme », dont il a tous les tourments, les conflits : sa faiblesse, ses peurs, ses sentiments sont deux de l’humanité.

Dans cette œuvre apparaît, pour la première fois, d’un façon si nette, le sens de la pitié : un grand souffle traverse tout le film, prenant toute son importance dans la scène de réveillon : ce n’est plus la peinture ironique, aigüe, sans concession, du restaurant d’Une vie de chien, par exemple, c’est une description pleine d’émotion, de compréhension, d’apitoiement (visage de la vieille entraîneuse sur lequel se lisent regret, désillusion, souffrance, visage de ce vieux chercheur qui se souvient). Jamais ce sentiment n’est mieux apparu dans l’œuvre de Chaplin, plus dénué d’intentions satiriques, d’amertume. Ce n’est plus une pitié restreinte à quelques êtres, c’est une pitié pour toute une humanité souffrante, désabusée.

Jacqueline Fréville / I.D.H.E.C.

 

Vidéos

De la cabane à la cabine

Catégorie :

Cette séquence est analysée dans le cahier de note du film éditée par les Enfants de cinéma.

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