Que la bête meure

France, Italie (1969)

Genre : Drame familial, Policier, Thriller

Écriture cinématographique : Fiction

Lycéens et apprentis au cinéma 2020-2021

Synopsis

Sur une route de Bretagne, un enfant de 9 ans est tué par un chauffard qui prend la fuite. Après une dépression, le père, Charles Thenier, rentre chez lui. Il ordonne à sa gouvernante, madame Levenes, d’enlever toute trace pouvant évoquer la mort de son fils. Charles revoit une dernière fois les bandes super 8 du temps du bonheur où il jouait avec Michel et sa femme. Celle-ci semblait néanmoins de plus en plus fatiguée et malade. Après l’échec de l’enquête policière, Charles Thenier, écrivain désormais veuf, jure de consacrer tout son temps à se se venger et de retrouver le coupable pour le tuer. Tous ses indices et déductions, il les inscrit dans un carnet qui ne le quitte jamais.

Après cinq semaines de recherches infructueuses, le hasard le met enfin sur la piste. Prenant une déviation, Charles s’embourbe sur un bas-côté. Un paysan accouru à son secours lui révèle, qu’en début d’année, un couple d’automobilistes a connu la même mésaventure. L’aile gauche de la puissante voiture était endommagée et il s’était demandé si c’était pour cela que l’homme au regard mauvais faisait pleurer la jeune femme. Il a d’ailleurs cru reconnaître la passagère, une actrice célèbre dont le nom lui échappe mais que son fils, féru de cinéma et de voitures se souvient. Charles accepte donc de prendre un verre chez le paysan dont le fils lui révèle que l’actrice de télévision Hélène Lanson était la passagère de la Mustang. Mais rien de permet d’identifier le conducteur…

Distribution

Michel Duchaussoy : Charles Thénier
Caroline Cellier : Hélène Lanson
Jean Yanne : Paul Decourt
Anouk Ferjac : Jeanne Decourt
Marc Di Napoli : Philippe Decourt
Louise Chevalier : Madame Levenes, la bonne de Charles
Guy Marly : Jacques Ferrand
Lorraine Rainer : Anna Ferrand
Dominique Zardi : L’inspecteur de police
Stéphane di Napoli : Michel Thénier
Raymone : La mère de Paul
Michel Charrel : Le casseur
France Girard
Bernard Papineau
Robert Rondo : Le garagiste
Jacques Masson : Le fils du paysan
Georges Charrier : Le chauffeur de taxi
Maurice Pialat : Le commissaire
Jean-Louis Maury : Le paysan

Générique

Réalisation : Claude Chabrol, assisté de Jacques Fansten
Scénario et dialogues : Paul Gégauff et Claude Chabrol, d’après le roman Que la bête meure (The Beast Must Die) de Nicholas Blake
Décors : Guy Littaye
Photographie : Jean Rabier
Cadreur : Claude Zidi
Son : Guy Chichignoud
Musique : Pierre Jansen ; orchestre dirigé par André Girard
Monteur : Jacques Gaillard
Production : André Génovès
Sociétés de production : Les Films de La Boétie, Rizzoli Film
Société de distribution : Compagnie française de distribution cinématographique
Durée : 113 min.

Autour du film

Dans Que la bête meure, Claude Chabrol s’intéresse au thème de l’abjection et à la question du meurtre, décliné sous différentes formes. Le cinéaste s’amuse à malmener une situation de départ extrêmement forte, empruntée à un roman policier anglais publié en 1938 de Nicholas Blake, pseudonyme de Cecil Day-Lewis, le père de l’acteur Daniel Day-Lewis. Un jeune garçon rentrant d’une partie de pêche pendant ses vacances est renversé sur la place d’un village par un chauffard qui prend la fuite. Après une période de dépression, le père de la victime jure de venger son fils. Il se lance dans longue enquête solitaire pour retrouver le criminel. Au duo antagoniste formé par l’assassin et son bourreau se superposent deux autres figures, celles de leurs enfants : la présence fantôme du petit garçon tué et celle du fils du chauffard, potentiellement parricide. Ainsi, Que la bête meure n’est pas seulement l’histoire d’une vengeance impossible, mais celle d’un double transfert. Le personnage joué par Jean Yanne est un salaud immonde que le film et son interprète parviennent à humaniser, tandis que le père meurtri, métamorphosé en justicier, adopte une attitude de plus en plus cynique et perverse au cours de sa quête vengeresse. Très influencé par Fritz Lang, Que la bête meure est l’un des chefs-d’œuvre de Chabrol. Il constitue l’un des points culminants de sa riche collaboration avec le scénariste Paul Gégauff et le producteur André Génovès, auxquels il faudrait aussi ajouter le directeur de la photographie Jean Rabier et le compositeur Pierre Jansen. Parmi les grands films de Chabrol de cette période faste, c’est aussi l’un de ses titres les plus foisonnants et baroques, dans lequel l’humour noir côtoie la pure tragédie.
Olivier Père