Pierre et le loup

Angleterre, Pologne (2006)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Film d'animation

École et cinéma 2011-2012

Synopsis

Bravant l’interdiction de son grand-père, Pierre s’aventure dans la forêt. Avec l’aide d’un oiseau farceur et d’un canard rêveur, il trouve le courage de capturer le loup.

Générique

Titre original : Peter and the wolf
Réalisation : Suzie Templeton
Scénario : Suzie Templeton, Marianela Maldonado d’après l’oeuvre de Sergauei Prokofiev
Image : Milolaj Jaroszewicz
Musique : Sergueï Prokofiev, interprétée par le Philarmonic Orchestra dirigé par Maars Stephenson
Montage : Suzie Templeton, Tony Fish
Décors : Janes Morton, Marek Skrobecki
Production : Breeakthru Films
Producteurs : Alan Dewhurst,  Hugh Welchman
Distribution : Ls Fims du Préau
Couleurs
Durée : 0h41mn
Sortie en France : 23 septembre 2009

Oscar du meilleur court métrage
grand Prix et Prix du public au festival d’Annecy

Autour du film

« Pierre et le Loup » : nouvelle vision

Le conte musical de Sergueï Prokofiev Pierre et le Loup se prête naturellement à l’adaptation cinématographique. En 1946, Disney en avait produit une, d’autres ont été réalisées depuis, pour la télévision notamment. Celle de Suzie Templeton se distingue des précédentes par la noirceur de son atmosphère. Située dans la Russie contemporaine, dans un paysage de campagne désolé, aux abords d’un bourg sans qualité, il s’ouvre sous les auspices d’une grande dureté.

Une séquence d’introduction, silencieuse, présente les personnages. Pierre, petit garçon solitaire, vit dans une bicoque en bois chez son grand-père, qui l’élève à la dure. Vêtu d’un vieil anorak orangé, seule note de couleur avec le bleu glacial de ses yeux dans un paysage enneigé dominé par les teintes grises et marron, il rêve de la forêt qui se déploie de l’autre côté de la cloison de bois, derrière la maison.

Alors que Pierre tente de faire sauter le cadenas accroché à la porte, son grand-père arrive, l’air menaçant, l’agrippe rudement par l’épaule et l’expédie en ville faire des courses. Accablé par le poids de sa triste existence, Pierre s’exécute et se retrouve dans un environnement guère plus accueillant. Dans une architecture massive et froide héritée de la période soviétique, un forain aux airs de Raspoutine le toise durement, avant de lui offrir un ballon bleu. Deux chasseurs désoeuvrés l’entraînent dans une impasse, le rudoient, avant de le jeter dans une poubelle, en le menaçant du bout de leur fusil.

De retour au bercail avec ses amis le canard et l’oiseau, Pierre parvient à faire céder la porte. Lumière merveilleuse et lancement de la musique, les violons de Pierre, le passage vers le monde du rêve est mis en scène de manière simple et limpide. Le loup va arriver, le grand-père ensuite, avec son vieux chat, pour les sauver, et ils rentreront tous en ville en vue d’y vendre le dangereux animal.

 

Densité narrative

La réussite du film tient à son atmosphère, que magnifie l’artisanat des marionnettes et de l’animation en 3D. Les allures de vieilles peluches déplumées des animaux en particulier leur donnent l’apparence à la fois misérable et extrêmement familière de joujoux ressortis par hasard d’un coffre à jouets. Associée à la musique de Prokofiev, l’absence de dialogues, couplée avec l’attention portée à chaque geste, à chaque regard, investit ces derniers d’une forte puissance fictionnelle, qui donne à cette intrigue minimale la densité narrative d’un riche roman d’apprentissage.

Il faut aussi saluer la liberté prise avec le récit d’origine, qui conduisait les personnages à épargner le loup mais à le vendre à un zoo. Ici, Pierre choisit de s’opposer à son grand-père et rend l’animal à sa liberté, dans un geste romantique et émouvant.

Isabelle Régnier / Le Monde 22 septembre 2009

 

En Russie, un petit garçon intrépide part à la chasse au loup. La musique, écrite par Sergueï Prokofiev, en 1936, a fait rêver ou trembler plusieurs générations de gamins, qui jouaient à reconnaître les instruments en fonction des personnages : le quatuor à cordes pour l’enfant, le hautbois pour le canard pataud, la clarinette pour le chat malin. Et puis les cors, profonds et menaçants, pour le loup féroce. Un classique, adapté maintes fois, en dessin animé, ombres chinoises, ballet filmé…

Cette nouvelle version à base de marionnettes offre quelque chose de neuf. Pas de voix off, pas de dialogues : la musique, rien que la musique, pour faire danser les images. Séquences d’une poésie ébouriffée, petit monde réaliste, bricolé de morceaux de tôle et de bouts de ficelle. Les animaux, loup y compris, ont le charme dépenaillé de ces vieilles peluches d’enfance oubliées au fond d’un placard. Des boules de poil ou de plumes hirsutes, animées avec humour : il faut voir, par exemple, l’énorme chat roux se contorsionner le plus dignement possible sur une branche minuscule… Quant à Pierre, héros aux yeux limpides, on lui a sculpté le beau visage sérieux, un peu hâve, d’un gosse grandi trop vite. De plus, l’Anglaise Suzie Templeton a choisi de transposer l’aventure dans la Russie d’aujourd’hui, entre ville sinistrée et forêt envoûtante. Le récit y gagne en force et en modernité et s’affranchit du conte original, avec une conclusion résolument écolo. Ici, le loup n’est qu’une pauvre bête de plus, un mythe en voie de disparition. Autre temps, autre morale…

Cécile Mury / Télérama 26 septembre 2009

Vidéos

La capture du loup : Une scène d’action, entre sourire et terreur

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