Merveilles (Les)

Allemagne, Italie, Suisse (2014)

Genre : Drame

Écriture cinématographique : Fiction

Collège au cinéma 2020-2021

Synopsis

Wolfgang, patriarche irascible, a quitté l’Allemagne pour s’installer en Ombrie avec sa famille. Convaincu que la fin du monde est proche, il a trouvé refuge avec les siens dans une ferme isolée. Ils y produisent un miel très pur mais, ne respectant aucune condition d’hygiène, ils sont menacés d’expulsion imminente par les autorités.

Distribution

Monica Bellucci : Milly Catena
Alba Rohrwacher : la mère de Gelsomina
Margarete Tiesel : la représentante de Second Life
André Hennicke : Adrian
Sabine Timoteo : Coco
Sam Louwyck : le père de Gelsomina
Maria Alexandra Lungu : Gelsomina

Générique

Grand Prix du festival de Cannes 2014

Titre original : Le meraviglie
Réalisation : Alice Rohrwacher
Scénario : Alice Rohrwacher
Photographie : Hélène Louvart
Montage : Marco Spoletini
Durée : 1h51

Autour du film

Le bonheur à part… entière. L’histoire commence dans la chaleur douce d’une fin d’été, dans la campagne italienne. Nous sommes dans un petit village d’Ombrie. La jeune Gelsomina, onze ans, y vit avec ses parents, ses trois sœurs, Coco l’amie de la famille, dans la ferme délabrée où ils produisent artisanalement le meilleur des miels, une vraie merveille… Ce film est un film d’amour. Celui de la réalisatrice pour toutes ces Italies qu’elle célèbre. L’Italie et ses merveilles, ses provinces, ses campagnes toutes si belles et singulières.
C’est une histoire un peu sortie du réel, hors du temps. Cette famille vit à bonne distance de ses premiers voisins, éloignée du monde et de ses démons par le père, plein de tourments retenus, enfermé dans ses idéaux, à la fois lucide et un peu fou. Hors du temps cette maison l’est aussi, des pièces insalubres et récentes se répondent, en constituent l’ossature. Au cœur de son décor et de action, cette maison sibylline cristalliserait presque le propos du film. Le monde qui avance, celui qui se retient, les interrogations, la lucidité, les envies d’ailleurs d’une jeune fille et le temps retenu de ses parents. Un personnage en soi immobile, autour duquel vivent, se croisent, se contournent, et s’enlacent souvent tous les membres de cette famille si singulière. Le miel qu’ils produisent les attache, les englue peut-être parfois. Mais c’est leur force, il sont une famille-tribu, viscérale, fusionnelle. Le corps parle ici beaucoup, et les gestes. Les corps s’embrassent, courent, se couchent, se détendent, jouent avec les éléments, l’eau, la boue, la faune. Les abeilles courent sur le visage de l’enfant. Un chameau apparaît soudain… la famille s’endort blottie sous les étoiles.

L’histoire de cette famille va être traversée par deux événements imprévus qui vont l’obliger à effectuer un léger pas de côté dans son cheminement : Martin, jeune délinquant, arrive pour quelques temps à la ferme dans le cadre d’un programme de réinsertion, tandis que l’équipe de l’émission de télé-réalité « Les villages des merveilles » vient investir la région. La présentatrice de ce programme désuet est incarnée par une Monica Bellucci mi déesse, mi fée, icône toute d’or et de perles vêtue. La scène de tournage de l’émission venue à la rencontre des artisans du coin et de leurs merveilles se déroule dans une grotte, chaque producteur se retrouve en costume traditionnel, moment irréel et futile, plein de projections et de fantasmes de ce qui reste de l’enchantement du monde, et de ce qu’on voudrait nous en présenter. Gelsomina devient le trait d’union entre ces deux univers inconciliables. C’est elle qui inscrit sa petite communauté à ce concours, comme une porte ouverte vers un ailleurs possible…

Sans jugement sur la dichotomie de ces mondes qui se racontent sans se rencontrer vraiment, le film d’Alice Rohrwacher est extraordinairement lumineux dans sa force à témoigner de l’intime. On oscille entre fiction, chronique sociale, film onirique, envoûtés par la qualité des images tournées en super16 qui incarnent les corps et subliment les espaces. Nous garderons longtemps en mémoire la présence généreuse et le visage solaire de la jeune actrice principale, Maria Alexandra Lungu. Elle porte le film comme elle semble porter sa famille, lucide, pleine de retenue et de respect filial.

Vidéos

Le regard de l’enfant

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interview d’ Alice Rohrwacher :
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/alice-rohrwacher---jai-envie-de-surprendre_890735

Hélène Louvart : autour de la lumière

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