Latcho Drom

France (1993)

Genre : Aventure

Écriture cinématographique : Documentaire

Archives collège, Collège au cinéma 2003-2004

Synopsis

À une époque indéterminée, une famille élargie évoquant irrésistiblement une tribu biblique traverse avec provisions, maigres biens, enfants et animaux domestiques un immense désert, comme portée par le vent. Les personnages ont le teint cuivré et les yeux noirs en amande que partagent Indiens et Gitans. Les femmes entonnent des chants d’exil qui sont autant de lamentations et les hommes jouent des instruments traditionnels des régions septentrionales de la péninsule indienne, dans une mélopée étrange et envoûtante. Quelques siècles plus tard, au cœur du XXe siècle, nous retrouvons cette famille archétypale en Turquie. Elle habite maintenant dans de pauvres masures : les hommes travaillent le métal, les enfants vendent des fleurs. Dans l’orchestre, les échos de la musique entendue dans la première partie du film sont maintenant joués à la clarinette turque.

Même époque, ou un peu plus tard, voici nos amis en Roumanie : l’instrumentation s’enrichit d’un psaltérion et d’un violon, les costumes se balkanisent malgré un certain décalage. C’est ensuite le train et la Slovaquie, puis, dans la neige et le froid, la nuit et le brouillard mortels d’Auschwitz, à peine suggérés par un tatouage juste entrevu sur l’avant-bras d’une très belle vieille femme.

Quelques errances, quelques roulottes plus loin et c’est la France avec le pèlerinage des Saintes Maries de la Mer et enfin, l’Espagne mozarabe et andalouse, qui ferme la boucle par un retour inattendu à l’orient et à l’ancestrale malédiction. Des siècles et des kilomètres d’errance pour forger une identité à la fois plurielle par les apports qu’elle a intégrés et profondément monolithique dans son essence. Un hymne fervent et lyrique à l’identité gitane.

Distribution

Incarnations de l’esprit gitan

Fidèle à son parti pris documentaire, Tony Gatlif n’a pas recruté des acteurs professionnels mais des “figures” gitanes, danseurs et danseuses, chanteurs et musiciens : il ne s’agit pas à proprement parler en effet d’interprétation, au sens d’entrer dans un personnage, mais davantage d’une suggestion symbolique, de l’ordre de l’archétype.

La fonction des personnages de Tony Gatlif n’est pas de donner à voir une personnalité ou un destin particulier mais bien d’être l’incarnation momentanée de l’esprit du groupe, c’est-à-dire ici la “nation” gitane dans sa pluralité, en donnant à voir le fonctionnement social, économique, affectif de la collectivité. Intemporels et impossibles à situer dans l’espace du fait de leur type ethnique puissamment homogène, les personnages adoptent des codes vestimentaires extérieurs qui contribuent étrangement à les intégrer dans une culture d’adoption et à les en exclure par le décalage, l’absence totale de métissage, que cette adoption même met en évidence. Ainsi les caractères extérieurs sont-ils absorbés et intégrés sans que jamais aucune société traversée n’intègre les Gitans à son tissu propre, ni ne modifie à l’inverse de quelque manière que ce soit les fondements de leur culture.

On distingue selon les groupes des fonctions sociales tranchées et constantes tout au long du périple. Jeunes, les hommes sont les tenants de la force, ce sont eux qui décident, protègent et ont le privilège de produire de leurs mains : de la musique, bien sûr, mais aussi des paniers ou des objets en métal. Ils incarnent une autorité tendre, c’est le cas du père de la première scène se tournant vers ses enfants assoiffés ou endormis, celui du marié séduisant sa belle, celui du père qui transmet l’art de la percussion à ses fils en Turquie, ou encore de celui qui passe devant l’énorme palais de Ceaucescu, miches de pain sous le bras. Même envers les “gadjé”, ils ne se départissent pas de cette attitude tutélaire : le violoniste de la gare protège d’une certaine façon le petit garçon inconnu. Instantanément regroupés, les hommes de la tribu font face aux chasseurs hostiles. Plus âgés, ils sont les vecteurs de la mémoire du pire (violoniste roumain sous son arbre), ceux qui transmettent la loi gitane.

Les femmes n’existent socialement qu’en tant que filles de leur père, ornements joyeux (danseuses de la noce), mais n’existent que dès lors qu’elles sont mères. Le film montre une scène de danse du ventre en couple, suggestive et lascive, aussitôt annulée lorsque la jeune femme se saisit de son bébé, et dans le même geste, le met au sein. La mère de Turquie accompagne sa fille dans sa vente de fleurs et de piments. Dans les arbres slovènes, ce sont encore elles qui font le thé sur les braseros de fortune. Elles encore qui veillent sur le sommeil des enfants et lavent les chevaux en France. Elles que les hommes embrassent en embrassant Sainte Sarah. Et n’est-ce pas pour son fils que la gitane andalouse de la dernière scène hurle sa révolte ?

Vieilles, elles sont le pendant des hommes, mais transmettent à leur lignée féminine la mémoire des camps, mais aussi les danses hongroises endiablées ou le caractère le plus racé du flamenco. Les liens familiaux semblent aussi nombreux qu’inextricables, et les enfants bénéficient de la transmission collective de familles élargies. Dans le film, ce sont toujours eux qui, les premiers, ont un rapport mimétique au pays traversé.

Tous ces archétypes dessinent en filigrane les rôles sociaux traditionnels des Roms, l’obéissance due au père et au mari, le respect dû aux anciens, la place centrale des enfants, mais aussi la permanence d’une culture propre, des rites du groupe et du feu, des signes de reconnaissance, posés sur le socle sacré de la musique, omniprésente et multiforme.

Générique

Titre original : Latcho Drom
Réalisation : Tony Gatlif
Scénario : Tony Gatlif
Image : Éric Guichard
Son : Nicolas Naegelen
Décor : Denis Mercier
Conseiller musical : Alain Weber
Montage : Nicole D.V. Berckmans
Assistant-réalisateur : Alexandre Gavras
Production : Michèle Ray-Gavras pour KG Productions, Canal+, le Fond d’action SACEM, SOFIARP et Investimages
Distribuion : KG Distribution
Film : 35 mm Couleurs
Format : CinémaScope (1/2,35)
Durée : 1h37
N° de visa : 79 077
Date de sortie France : 3 novembre 1993
Interprétation :
Les musiciens tsiganes d’Inde, d’Égypte, de Turquie, de Roumanie, de Hongrie, de Slovaquie, de France et d’Espagne

Prix :
Un certain regard à Cannes 1993
R d’or à Rimini 1993
Prix de la mémoire – “France-Liberté Danielle Mitterand”
Prix œcuménique à Munich 1993
Grand Prix du MIDEM 1994
Meilleur film expérimental de la critique américaine 1996

Autour du film

L’économie documentaire au service d’une offrande lyrique

Le parti pris stylistique de Tony Gatlif oscille entre l’oratorio et le documentaire. Du documentaire, Gatlif garde l’économie de moyens, le souci de filmer au plus près, et celui de donner à comprendre. Mais on est loin du regard-témoin du documentaire qui, posant la distance de l’étrangeté, n’échappe jamais à une connotation ethnologique. Gatlif est loin de ces effets d’exotisme ; il filme de l’intérieur une réalité faite pour son peuple : il donne aux gitans un autoportrait saisissant et multiple, qui ne s’offre à nous finalement que par effraction. Un autoportrait en forme de déclaration d’amour en musique, de sérénade et d’oratorio.

L’économie d’effets pare la moindre scène d’une authenticité vraie, renforcée par le choix des costumes et le parti pris de filmer le plus possible en extérieur. Les espaces ne sont pas nommés, c’est à nous de les reconnaître. Dans chaque pays, les gitans accomplissent le même travail d’assimilation, d’adaptation et de conservation farouche de la tradition, de la langue, de la mémoire.

Gatlif s’attache à saisir les gestes de transmission en utilisant les liens intergénérationnels et le mimétisme naturel des enfants envers les adultes. À cet égard, la scène du caravansérail, avec les deux enfants perchés dans les arbres de la palmeraie qui imitent, l’un avec son violon à pique égyptien, l’autre avec ses mains graciles dans la danse, paumes ouvertes vers le ciel, est exemplaire. On retrouve l’écho dans la scène du café turc où la petite fille danse, à l’abri du regard des hommes qui écoutent l’orchestre, accompagnée par son jeune frère. Parfois, cette transmission est directe : c’est la mère et la fille qui vendent des fleurs, ou bien encore le père qui apprend les lois de la percussion à ses fils. Et bien sûr, en arrière-plan, les chants illustrent une transmission plus essentielle encore : la mémoire. Des chants qui parlent d’exil et de malédiction, des chants d’amour et de mort qui finissent en chant de révolte sur le plateau au-dessus de Grenade.

Les hoquets de l’histoire sont effleurés avec pudeur : un vieux clown violoniste, une vieille femme tatouée. Le rejet, si prégnant qu’il dicte les migrations, est sobrement matérialisé par une imprenable forteresse enneigée à l’arrière-plan, deux “beaufs” déguisés en chasseurs et un mur vite monté sous l’œil de la police. Cette extrême économie fait mouche : posée comme inéluctable, banalisée, la violence que subissent les roms est plus insupportable encore. On notera que lors de la scène d’expulsion du campement par les deux Français, la caméra est à l’intérieur de la caravane.

Les plans, volontiers longs, comme autant de versets lus dans la bible que Tony Gatlif écrit pour les Roms, sont souvent serrés à fleur de visage, scandés et sollicités par les musiques, qui restent la vraie respiration du film. La caméra capte les regards sombres avec une certaine gourmandise ; elle s’attache beaucoup aux mains, qu’elles travaillent le métal, jouent d’un instrument, deviennent l’écrin d’un dessin ou, à leur tour, musique percussive dans le vent. Le miracle de Latcho Drom est bien là, dans ce mélange d’économie d’effets proche du documentaire ou même du reportage et de lyrisme violent, esthétisant, comme c’est le cas notamment dans la dernière partie, lorsque trois femmes de profil chantent leur révolte et leur exclusion. Dans ce regard aussi, qui n’a aucun rapport avec des notions occidentales de rédemption ou de réhabilitation, mais qui pose au contraire la réalité d’un drame humain. C’est cette indifférence par rapport au regard des non-gitans qui fait la crédibilité du film. On y sent, implicite et terriblement fort, le respect d’un code de l’honneur ancestral qui nous fascine et nous échappe.
Marie Costa

Autres points de vue

Gatlif les a filmés merveilleusement

“Rien n’est affirmé, tout est suggéré. La musique est toujours belle, parfois envoûtante. Virtuose aussi quand les disciples de Django s’en mêlent du côté des Saintes-Maries. Le public a envie de frapper dans ses mains, de reprendre des mélopées. Et alors, ces Gitans, souvent méprisés ou haïs, on les aime, voluptueusement. Comme par magie, et avec un vrai talent de cinéaste, Tony Gatlif a réussi son pari.”
Jean-Luc Macia, La Croix, 4 novembre 1993.

Une fresque sans commentaire

Latcho Drom est un film chanté, la vaste chanson de gestes de tout un peuple saisi plein cadre, la fresque sans commentaire de l’un des plus beaux et mystérieux fruits de l’histoire des hommes, la saga des gypsies, la légende des manouches, le grand livre du mundo gitano. Face à un tel objet, toute critique est renvoyée à sa vanité superfétatoire : il n’y a rien à ajouter à ce qui se passe de mots, rien à dire à ce qui se sent, rien à expliquer de l’inexplicable.”
Olivier Séguret, Libération, 5 novembre 1993.

C’est un opéra

“Tony Gatlif nous entraîne à la découverte de ce peuple. Émouvant témoignage, à mille lieux de toutes les infamies qu’on prête aux Gitans (voleurs de poules et d’enfants, selon le vieux réflexe hostile que les villageois ont longtemps entretenu à leur égard). Latcho Drom est plus qu’un film, c’est un opéra. À vocation humanitaire, pourrait-on ajouter !”
Didier Vallée, VSD, 4 novembre 1993.

Le temps et les chants du peuple gitan

“À Cannes, Tony Gatlif avait fait venir quelques-uns de ses musiciens et sur les marches du palais, ce fut la fête, la fête nostalgique et conviviale du peuple gitan, pour une fois non pas exclu, mais célébré…
Latcho Drom, cet extraordinaire périple musical à travers les siècles et les continents a tout pour réchauffer le cœur. C’était pourtant un pari risqué. Il est gagné…
Un hommage vivant, sensible, au dynamisme contagieux, à la ‘tribu prophétique aux paupières ardentes’ dont parlait Baudelaire. Un hymne, en somme, à la vie et à l’espoir…”
Annie Coppermann, Les Échos, 4 novembre 1993.

Pistes de travail

  • Spécificité du filmQue remarquez-vous qui distingue Latcho Drom des longs métrages habituels ? Les personnages se parlent-ils ? Comment sont données les explications nécessaires à la compréhension des scènes ? En combien de parties se divise le film ?
    Historiquement, à quoi correspondent-elles ? (Itinéraire des Roms à travers l’Europe et l’Afrique du nord)
    Comment Tony Gatlif nous permet-il de reconnaître les espaces et les pays traversés ? (Le Nil, le Bosphore, les costumes, etc.)
  • Les RomsLe type physique des Roms évolue-t-il au cours du voyage ? De quel type ethnique s’agit-il ? Trouve-t-on des constantes dans leur façon de s’habiller à travers les espaces et les siècles (jupes colorées, bijoux) ?
    Sont-ils toujours nomades dans le film ? (Description des masures turques, des habitations dans les arbres, des cuevas de Séville, etc.)
    De quoi vivent les Roms ? Détaillez toutes leurs activités. D’où tirent-ils la matière première de leurs travaux ? Quelles sont les tâches réservées aux femmes ? Pensez-vous que la place des enfants est importante dans la société rom ? Pourquoi ? Quel rôle pensez-vous que jouent les anciens ? (La transmission orale est essentielle dans un monde privé d’écrit.)
  • Histoire des pays traversés / Histoire des RomsEn traversant l’Europe, les Roms vivent directement deux grands drames. Lesquels ? (La Shoah et la dictature de Ceaucescu)
    Comment est matérialisé le monde des autres, des non-roms ? (Les deux chasseurs français, la forteresse slovène, la Guardia civil, etc.)
    Comment Tony Gatlif montre-t-il le racisme ? Décrivez les personnages qui symbolisent ce regard d’exclusion sur les Roms . Comment voit-on que le réalisateur prend le parti des Roms ? (Place de la caméra)
  • Le long cheminDécrivez les différents moyens de transport utilisés par les Roms tout au long du film. Pensez-vous que toutes les parties du film se déroulent à la même époque ? Cherchez des indices. Décrivez les différents instruments de musique utilisés dans le film. Quelle est la place de la nature (fleuves, mer, forêts, neige, arbres, chevaux) ? Que signifie alors le choix du générique ? Connaissez-vous le surnom des Gitans ?
  • Le parti prisComment sont filmés les personnages ? Ont-ils des problèmes personnels et psychologiques exprimés dans le film ? Dans quel type de film trouve-t-on cette façon de filmer sans qu’intervienne un vrai scénario ? Pensez-vous qu’il s’agit d’acteurs professionnels ? En montrant le quotidien à la fois pauvre et gai des Roms, que pensez-vous que veut faire Tony Gatlif ? Comment montre-t-il ce mélange de gaieté et de pauvreté ? Pensez-vous qu’à la fin du film les Roms seront plus sympathiques pour les spectateurs ? Pourquoi ?
  • En conclusionPourquoi pensez-vous que les Roms ne sont pas aimés ?
    Qu’est-ce que leur mode de vie a de différent ?
    Pensez-vous que les Roms ont maintenant les mêmes droits que les autres ou bien qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire ?

    Mise à jour: 18-06-04

Expériences

Place dans le courant

Les Gitans et le cinéma

Il faut attendre les années 80 pour que le cinéma accepte de considérer le monde gitan comme un microcosme suffisamment intéressant pour être montré en tant que tel. Hollywood grand créateur de stéréotypes historiques ou ethnologiques n’a guère utilisé l’exotisme d’une imagerie gitane caricaturale que pour pimenter ses films. Encore le fantasme est-il tronqué, car ce sont bien davantage les Gitanes (voir la belle Gina Lollobrigida dans Fanfan la Tulipe ou Notre-Dame de Paris) que leurs pendants masculins qui sont mises en scène. De belles Gitanes ténébreuses ou de vieilles diseuses de bonne aventure, dont souvent le rôle consiste à annoncer des catastrophes, émaillent ainsi les films hollywoodiens. On pense à la gitane qui tire l’as de pique dans Pandora, annonçant la mort, ou encore, bien sûr, à Esmeralda ou à Carmen. Quelle qu’en soit la raison, ces femmes sont malgré elles les vecteurs du malheur, en quelque sorte les messagères du destin funeste, en prise avec les forces de l’univers.

Le cinéma, grand capteur d’inconscient et grand décrypteur de fantasmes a donc affecté presque instinctivement une valeur mystérieuse et maléfique au monde gitan, ne faisant en cela qu’emboîter le pas à une littérature européenne qui regorge de Gitans “rapineurs”, de voleurs d’enfants (Sans famille d’Hector Malot), de gens de cirque peu recommandables (l’Homme qui rit, Victor Hugo), de belles gitanes à l’érotisme meurtrier (Notre-Dame de Paris, Victor Hugo ; Carmen, Prosper Mérimée), véhiculant l’ostracisme et la peur que les Gitans suscitaient.

Il s’ensuit une “folklorisation” universelle des Gitans, renforcée par le fait que l’histoire des Roms, jusqu’à récemment objet de controverses au sein même de la communauté, restait assez obscure.

Pourtant l’un des premiers films de Méliès tourné en 1896 s’appelait Le Camp des Bohémiens. Il faudra attendre 1959 pour qu’un film leur soit à nouveau consacré… Des années soixante à nos jours, les Gitans deviennent un thème récurrent du cinéma, mais d’une part les films dont ils sont l’objet parviennent rarement aux sommets du box-office, d’autre part, à l’instar des autres formes d’exotisme cinématographique, ils sont souvent campés par des non-Gitans. On oscille entre la fiction à la sauce gitane et la sécheresse du documentaire. Les années quatre-vingt voient sous l’impulsion des musiques tsiganes de tous horizons, musiques de fusions et de rencontre naturelles, apparaître un cinéma plus nettement gitan avec Les Princes (1983, Tony Gatlif), Le Temps des Gitans (1989, Emir Kusturica) et Latcho Drom (1993, Tony Gatlif). Entre ces deux cinéastes follement doués, la différence essentielle tient au regard : extérieur, narquois et tendre chez Kusturica, il “instrumentalise” le monde gitan dans un propos d’auteur plus vaste, tendance que confirmera en 1998 Chat noir, Chat blanc avec son parti pris comique. Chez Gatlif, en revanche, il s’agit d’une introspection et d’un dévoilement, loin, très loin d’un quelconque voyeurisme. Et cette option prise pour le film musical et fondateur Latcho Drom, trouve sa pleine cohérence dans la fiction des films suivants de Tony Gatlif : devenus personnages, les Gitans restent des gitans et Gatlif, leur frère. (Marie Costa)

Quelques films

1896 Georges Méliès : Le Camp des Bohémiens
1906 Alice Guy : Esmeralda, d’après Hugo
1917 Gordon J. Edwards : The Darling of Paris, d’après Hugo, avec Theda Bara
1933 Jacques de Baroncelli : Gitanes
1939 William Dieterle : The Hunchback of Notre-Dame, avec Maureen O’Hara
1944 Roy William Neil : Gipsy Wildcat (La Fière Tsigane)
1947 Mitchell Leisen : Golden Earrings (Les Anneaux d’or) , avec Marlène Dietrich
1949 Christian-Jaque : Singoalla, avec Viveca Lindfors
1951 Albert Lewin : Pandora and the Flying Dutchman (Pandora)
1951 Christian-Jaque : Fanfan la Tulipe
1955 Fritz Lang : Moonfleet, avec Viveca Lindfors
1955 Nicholas Ray : Hot Blood (L’Ardente Gitane) , avec Jane Russell
1956 Jean Delannoy : Notre-Dame de Paris
1957 Joseph Losey : The Gypsy and the Gentleman (Gipsy) , avec Melina Mercouri
1959 Jean Dreville et Marton Keleti : La Belle et le Tsigane
1959 François Gir : Mon pote le Gitan
1962 Jean Schmidt : Kriss Romani
1965 Joaquin Bollo Muro (Esp.) : Gitana
1973 Christian-Jaque : Arpad le Tsigane (TV)
1973 Alexander Petrovic : J’ai même rencontré des Tsiganes heureux
1973 Jean Giovanni : Le Gitan (musique de Django Reinhardt)
1974 Emil Loteanu (Russie) : Les Tsiganes montent au ciel
1976 John Korty : Alex and the Gypsy
1980 Slobodan Sijan (Youg.) : Qui chante là-bas ?
1980 Garry Bardin (Russ.) : La Légende gitane
1981 Tony Gatlif : Les Princes
1986 Philippe de Broca : La Gitane, avec Valérie Kaprisky
1988 Robert Manthoulis (Gr.) : Les Parias de Hongrie
1989 Robert Manthoulis (Gr) : Les Nouveaux Castillans
1989 Emir Kusturica : Le Temps des Gitans
1992 Urs Egger (All.) : Les Enfants de la grande route
1992 Tony Gatlif : Latcho Drom
1996 Yale Strom : Carpati : 50 Miles 50 Years
1996 Petr Vaclav (Tch./Fr) : Marian
1996 Tony Gatlif : Gadjo Dilo
1996 Emir Kusturica : Chat noir, Chat blanc
1996 Manuel Palacios (Esp.) : Gitano
2000 Tony Gatlif : Vengo
1997 Tony Gatlif : Swing

Outils

Bibliographie

Histoire de la musique, coll. Essais Folio, Gallimard.
Enterrez-moi debout, Isabel Fonseca, coll. Latitudes, Ed. Albin Michel.
Dire le chant : les gitanes flamencos d'Andalousie, Pasqualino, Ed. Maison des sciences de l'homme.
Paroles de Gitans, Alice Becker, Ed. Albin Michel.
Le bouc émissaire, René Girard, Ed. Grasset et Fasquelle.
Violence et sacré, René Girard, Ed. Hachette.

Vidéographie

Latcho Drom. DVD distribution KG Edition (Droits réservés au cercle familial)