Kirikou et la Sorcière

France (1998)

Genre : Récit initiatique

Écriture cinématographique : Film d'animation

École et cinéma 2004-2005

Synopsis

Une petite voix sort du ventre d’une jeune femme enceinte : « Mère, enfante-moi! – Un enfant qui parle dans le ventre de sa mère s’enfante tout seul », répond la mère.
Un tout petit garçon sort alors, coupe son cordon ombilical et déclare : « Je m’appelle Kirikou! » Il va dans l’instant apprendre que Karaba la sorcière a asséché la source et dévoré les hommes du village, dont son propre père. Agé d’une minute et haut comme trois pommes, Kirikou va bondir pour sauver son oncle, dernier homme valide, des griffes de la sorcière, et faire connaissance avec celle-ci, superbe créature bardée de bijoux, de puissance et de méchanceté. Ensuite, toujours tout petit, tout nu et débordant d’énergie, d’astuce, de générosité, il sauvera des enfants, bravera les interdits et les maléfices de Karaba, rendra l’eau au village, posera des questions, échappera aux fétiches-esclaves de la sorcière, rencontrera des animaux sauvages dans une nature magnifique, passera par maintes épreuves, avec échecs et succès, parviendra à la Montagne interdite, pour obtenir les secrets que détient son noble grand-père. Il aura la réponse qu’il poursuivait : « Pourquoi la sorcière Karaba est-elle méchante? » Il repartira vaillamment pour de nouvelles luttes, retournera la situation avec coeur et surprendra tout le monde.
Michel Ocelot

Distribution

Au-delà de l’imagerie épurée, qui pourrait suggérer une approche simpliste des personnages, telle qu’on en croise souvent dans le cinéma d’animation, la force du film de Michel Ocelot repose notamment sur un travail remarquablement rigoureux de construction des personnages. Ceux-ci sont, sous leur image simple, très complexes, pathétiques et « vrais » parce qu’ambivalents. Ils ont chacun leur raison profonde de se comporter et d’être. Et leur addition, nécessairement contradictoire, crée la dramaturgie et le mouvement du film. Ils agissent donc littéralement, tels des acteurs, sur l’évolution du récit et sur la mise en scène. Ils ont une épaisseur individuelle, une autonomie de mouvement et d’action.
Ce que dit Michel Ocelot de sa conception de la sorcière est éclairant : « Pourquoi les gens nous veulent-ils du mal, alors qu’on ne leur a rien fait? C’est une question d’enfant et une question fondamentale. Elle justifie le film… » De même le rôle qu’il attribue au grand-père est déterminant. Comme la sorcière symbolise le mal fait aux femmes par les hommes, le grand-père symbolise la sagesse humaine, le pouvoir réparateur de la paternité (« Tu as raison de demander pourquoi à chaque réponse, dit-il à Kirikou. Mais de pourquoi en pourquoi nous allons remonter jusqu’à la Création du monde… »)

Générique

Scénario, graphisme et réalisation : Michel Ocelot
Chefs layout : Eric Serre, Pascal Lemaire, Christophe Lourdelet
Chefs décorateurs : Anne-Lise Khoeler, Thierry Million
Animation : Rija Studio (Riga), Exist Studio (Budapest)
Studio coloriage et assemblage informatique : Les Armateurs (Angoulême), Odec Kid Cartoons (Bruxelles)
Direction : Bénédicte Galup, Marie-Paule Paturaud, Christiane Vermeulen, Philippe Vercruyssen
Montage, post-production : Dominique Leféver
Assistante : Dominique Brune-Dursen
Son : Paul Gagnon, Alex Goosse
Musique : Youssou N’Dour
Voix principales :
Doudou Thiaw (Kirikou)
Awa Sène Sarr (Karaba)
Maimouna N’Diaye (la mère de Kirikou)
Tshilombo Lumbabu (l’oncle)
Robert Liensol (le grand-père)
Marie-Augustine Diata (la Femme-forte)
William Nadilam-Yotuda (Kirikou jeune homme)
Coproduction : Les Armateurs, Odec Kid Cartoons, Monipoly, Trans Europe Film, Studio O, France 3 Cinéma, RTBF, Exposure
Distribution : GéBéKA Films
Durée : 71 minutes, couleur, 35 mm
Tournage : 1995-1998
Sortie à Paris : 9 décembre 1998

Autour du film

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Expériences

Avec Kirikou et la Sorcière, premier long métrage de Michel Ocelot, le réalisateur parvient, après ce qui ressemble à une longue traversée de désert, à une vraie reconnaissance publique amplement méritée. Cette reconnaissance s’est notamment manifestée par l’obtention, pour ce film, du Grand Prix du Festival d’Annecy 1999 et par un succès de distribution inédit pour les films d’animation français. Kirikou et la Sorcière est pour de nombreuses autres raisons – dont la morale profonde qu’elle exprime – une oeuvre de la maturité : maturité graphique, chromatique, narrative, technique.
Kirikou et la Sorcière s’inscrit à la fois dans la stylistique épurée, délicate et élégante qui a fait la force des précédents films de Michel Ocelot; notamment dans son rapport au travail sur les personnages silhouettés (dont le deuxième long métrage Princes et Princesses rend parfaitement compte), qui lui-même trouve l’une de ses sources du côté d’une des grandes pionnières de la stylisation animée, la réalisatrice allemande Lotte Reiniger (auteur du premier long métrage en silhouettes découpées, Les Aventures du Prince Achmed, 1923-1927). Mais Kirikou et la Sorcière est aussi l’annonce d’une évolution profonde du travail de Michel Ocelot, notamment sur le plan chromatique.

Outils

Bibliographie

Kirikou et la sorcière, Michel Ocelot, coll. "Livre de Poche Jeunesse", Ed. Hachette, 1999.
Kirikou et la sorcière, livre d'images pour les petits, Ed. Milan, 1999.
Dossier "jeune public", édite par l'Afcae (Association française des cinémas d'art et d'essai).
Télérama Junior, n° 276, 1998.
Les civilisations de l'Afrique, Christian Mauder, Henri Monoiot, coll. "L'histoire des hommes", Ed. Casterman, 1987.
Histoire générale de l'Afrique, édité par l'UNESCO.
Introduction générale à la culture africaine, coll. "10/18", Ed. Bourgeois, 1977.
Contes d'Amadou Komba, Présence Africaine, 1996.
Amadou Kékédiourou, sauveur des siens, conte Kado.

Vidéographie

Kirikou et la sorcière. Distribution France Télévision Distribution (Droits réservés au cercle familial)