Joue-là comme Beckham

Allemagne, États-Unis, Grande-Bretagne (2002)

Genre : Comédie

Écriture cinématographique : Fiction

Collège au cinéma 2009-2010

Synopsis

Dans une banlieue de Londres, une jeune Indienne, Jess Bhamra, rêve au football et à son idole David Beckham ? Elle y joue dès qu’elle peut avec Tony et ses copains, au désespoir de sa mère qui voudrait qu’elle se prépare à épouser, comme sa sœur Pinky, un garçon de la communauté Sikh. Repérée par Jules, une jeune Anglaise, elle devient membre de son équipe de foot féminin. Alors que Jules est autorisée à jouer, bien que sa mère craigne que cela en fasse une lesbienne, Jess est interdite de foot, après avoir été vue en short. Elle joue pourtant en cachette. Après l’avoir dénoncée par vengeance, Pinky l’aide, mais leur père découvre le mensonge au cours du déplacement de Jess à Hambourg. C’est là que l’on comprend qu’elle est amoureuse de son entraîneur Joe comme l’est aussi Jules, qui en devient folle de jalousie. Pour respecter le désir de sa famille et les principes de la communauté Sikh, Jess se résigne à rater un match de sélection décisif qui se déroule le jour du mariage de Pinky. La médiation de Joe n’y fait rien, jusqu’à ce que son père cède pendant la fête grâce à l’intervention de Tony. Jess et Jules triomphent sur le terrain et sont recrutées pour l’équipe professionnelle américaine. La mère de Jules finira par admettre qu’elles ne sont pas lesbiennes. Jess sera autorisée à partir aux États-Unis, tout comme Jules, et tout laisse à penser qu’elle épousera Joe…

Générique

Titre original : Bend It Like Beckham
Réalisation : Gurinder Chadha
Scénario : Gurinder Chadha, Guljit Bindra, Paul Mayeda Berges
Image : Jong Lin
Musique : Craig Pruess
Chansons : Bally Sagoo
Son : John Hayes
Montage : Justin Krish
Conseiller technique (football) : Simon Clifford
Production : Kintop Pictures (U.S.A), Bend it Films (Grande-Bretagne), Roc Media, Road Movies Filmproduktion (Allemagne)
Producteurs : Deepak Nayar, Gurinder Chadha – Paul Mayeda Berges (associé)
Distribution : Metropolitan FilmExport
Sortie du film : 20 novembre 2002
Durée : 1h52
Format : 35 mm, Fujicolor
Interprétation
Parminder Nagra / Jess Bhamra
Keira Knightley / Jules Paxton
Jonathan Rhys-Meyers / Joe
Anupam Kher / Monsieur Bhamra (le père de Jess)
Archie Panjabi / Pinky Bhamra (la soeur de Jess)
Shaznay Lewis / Mel
Frank Harper / Alan Paxton (le père de Jules)
Juliet Stevenson / Paula Paxton (la mère de Jules)
Shaheen Khan / Madame Bhamra (la mère de Jess)
Ameet Chana / Tony

Autour du film

L’imaginaire et le clip
Une jeune Indienne de la banlieue de Londres dont la vocation footballistique est contrecarrée par sa famille et son milieu finit par triompher grâce à ses amis et une volte-face de son père… On pouvait imaginer une réalisation réaliste, de type chronique familiale et sociale, telle qu’aurait pu le réaliser le Ken Loach de Just a Kiss ou le Stephen Frears de The Snapper ou The Van. Très vite, l’illusion documentaire s’efface avec l’intervention incongrue de la mère dans le débat télévisé, puis son entrée dans la chambre de Jess, le visage/poster de Beckham au dos de la porte faisant le lien entre deux gros plans de son visage. Plusieurs espaces se télescopent dans un montage rapide : celui du studio TV, celui du poster, celui de la chambre de Jess, celui de l’appartement d’où surgit la mère… Le montage rapproche, soude, fait communiquer des images conflictuelles et hétérogènes à la manière d’un collage. Comme beaucoup de films ou séries « pour ados », Joue-la comme Beckham emprunte à l’esthétique du clip. Une esthétique qui ne cherche nullement à témoigner sur le réel comme des films cités ci-dessus, mais de créer une réalité : la réalité du film se substitue au réel. Cette esthétique repose énormément sur le montage, à la manière des avant-gardes soviétiques et françaises des années 20. La première proposait une lecture marxiste du monde, la seconde (Delluc, Epstein, Gance, Dulac…) une ouverture sur l’imaginaire.

Réalise ton rêve !
« Tout le monde a un rêve… Réalise-le ! » Tel est le slogan publicitaire d’un film sorti en juin 2009, Dancing Girl, signé par Darren Grant, ancien réalisateur de clips et de pubs. Il caractérise à la fois l’ambiance morale de notre époque, l’état d’esprit de la jeunesse de toutes les époques et la recette d’un cinéma visant, selon l’expression de la réalisatrice, « le public des multiplexes ». La confrontation quasi universelle, mais aussi bien spécifique au cinéma, entre rêve et réalité est au cœur du propos et de la mise en scène de Joue-la comme Beckham. Se mêlent les rêves footballistiques de Jess et Jules, mais aussi celui de la mère de Jess repris par son autre fille Pinky : un beau mariage. À la base, comme centre névralgique, le rêve brisé du père de Jess et Pinky, être un champion de base-ball. En arrière-fond, les rêves collectifs des familles Bahmra et Paxton, ou de la famille du fiancé de Pinky, mais aussi des communautés anglaises et sikhes (sous forme de principes, cérémonies, décors…).
Cette esthétique clip, dont la musique est le second ingrédient de base avec le montage, permet de faire partager au spectateur les rêves individuels et collectifs. Pour entraîner l’esprit du spectateur, de l’amateur au plus réticent, à partager la passion du foot, la musique est un élément capital. C’est elle qui lie les images entre elles et les entraîne, qui fait un tout d’une série de plans disparates. La succession de ces plans n’a plus besoin de liens logiques : elle ne raconte pas une histoire ou la chronologie d’un événement (même s’il lui arrive de le faire). Comme la succession des notes dans une mélodie, la séquence clip est abstraite : la forme des images importe plus que ce qu’elles montrent.
Dans les premières scènes de foot dans le parc, moyennement découpées, le brio de la circulation de la caméra et du montage renvoie à l’aisance du jeu qui reste prédominant. Plus tard, dans l’équipe des Harriers, l’entraînement devient un pur prétexte à des variations géométriques : trajectoires et alignement des personnages, des pieds, des ballons, succession de coups de tête, dans une chorégraphie rappelant parfois celles d’un Busby Berkeley à Hollywood. À un enthousiasme un peu brouillon succède un sentiment d’harmonie apporté par la pratique du sport collectif.

Filmer le foot
L’amateur de football proprement dit ne peut qu’être déçu par les phases de jeu filmées par Gurinder Chadha. Il y a deux façons de filmer un match de football. La première consiste à rendre compte visuellement de la manière la plus claire possible de l’événement, un événement qui est déjà un spectacle en lui-même : plans généraux en plongée (des tribunes) alternent avec des travellings en plan moyen des joueurs ballon au pied. La seconde consiste à insuffler aux images une dramatisation, un rythme, une tension et une exaltation par le montage, le choix des cadrages des points de vue (contre-plongée en particulier), de la grosseur des plans (de préférence en pied, rapprochés, voire gros plans). Si l’inexpérience des jeunes actrices justifie la seconde voie, elle correspond également au besoin de dramatisation, le but n’étant pas de décrire les vertus esthétiques ou sportives du football. Il s’agit de donner l’illusion du foot au moyen d’artifices. Éléments significatifs, les buts marqués – tout particulièrement le coup franc final par lequel Jess obtient sa sélection – sont le plus souvent ramenés à deux phases se succédant rapidement sans solution de continuité : le coup de pied qui propulse le ballon et l’entrée de celui-ci dans les filets. L’entre-deux, c’est-à-dire la trajectoire de la balle, disparaît dans une ellipse. Le spectateur compense cette absence en l’imaginant. La jointure entre ces deux espaces est facilitée par le rythme, l’enchaînement des mouvements, et évidemment la musique, liant parfait, niant l’hétérogénéité des éléments.
Par ailleurs, le chef opérateur a inventé un appareil dérivé de la steadycam (Weego-Cam) permettant de faire circuler la caméra au ras du sol, accompagnant uniquement le ballon et les pieds des joueuses. La proximité des gestes ne permet aucunement de les inscrire dans une action d’ensemble, d’en révéler la causalité ou les conséquences : d’où viennent balle et joueuse ? À qui ira la balle ? Pieds et jambes sont également séparés de l’ensemble du corps, comme autonomes. Le foot, sport collectif, est « déréalisé » par ce morcellement, images abstraites emportées par un flux qui submerge le spectateur

Le triomphe de l’imaginaire
À l’inverse, nombre de scènes quotidiennes ou dramatiques sont filmées de la façon la plus classique qui soit, situant avec clarté et précision les personnages, héroïnes ou personnages secondaires, dans un décor soigneusement reconstitué à partir d’objets précis et révélateurs. Cette écriture n’a rien de spécifiquement réaliste mais apparaît comme la caution du réel face à l’imaginaire engendré pas les séquences envisagées ci-dessus. Il est significatif que ce soit dans ce très relatif « réalisme » que se déroulent tous les moments importants du drame. Comme si le rêve des personnages se heurtait sans cesse au réel. Pourtant, les deux univers se rejoignent lors qu montage en séquences parallèles du match de foot et du mariage de Pinky. Le triomphe de Jess correspond à l’accomplissement du désir de sa sœur. Ici encore, mariage et musique permettent de mêler les deux univers et, en quelque sorte, de dissoudre le réel dans le triomphe de l’imaginaire.

Le cinéma dans la vie
Est-ce pour cette raison que la réalisatrice a recours à un générique spécifique, devenu depuis un cliché, où des éléments de tournage (des rushes parfois) sont montés sur une musique entraînante, la distinction entre acteurs et personnages s’estompant, comme entre film et équipe technique ou de production. Triomphe du cinéma qui emporte tout ou tentative de prise de distance ? Ces images de tournage figurent le réel, la vie hors du film, une vie qui, au lieu d’être frustrante ou cruelle, se déroule « comme dans un film »… Qui, d’ailleurs, peut être assuré de la « vérité » de ces fragments où chacun peut jouer et mentir, ne sont pas reconstitués, tournés après-coup ? L’ambiguïté est totale, comme l’est ce David Beckham qui apparaît dans l’aéroport : le vrai ou l’acteur mentionné au générique ?

Vidéos

Joue-là comme Beckham

Catégorie :

(1h 25’15” à  1h 26’15” = 1 minute environ.)*

*Le minutage peut varier de quelques secondes selon le moyen de visionnement (projecteur) ou de lecture utilisé (lecteur DVD, ordinateur…).

Jess vient d’€™obtenir de son père l’€™autorisation de quitter le mariage de sa sœur pour participer au match qui peut la qualifier pour aller jouer aux à‰tats-Unis. Suite à  une faute adverse, elle va tirer un coup franc devant les buts adverses.

Ce pourrait être une description objective, documentaire d’€™une phase décisive du jeu et de la carrière de Jess, ainsi que du film. Gurinder Chadha a choisi d’€™en faire un moment purement subjectif, voire onirique. Elle nous fait entrer progressivement dans la tête de Jess.

Dès le premier plan, la caméra saisit les cinq joueuses qui forment le mur devant le but en plongée verticale presque à  180°. Par un mouvement de grue, elle s’€™abaisse progressivement au niveau du mur de joueuses jusqu’€™à  être en légère contre-plongée. Dès le départ, le point de vue est extra-terrestre, quasi divin. Une idée de destin pèse sur ce qui va suivre. Nous ne sommes pas dans le quotidien mais dans un monde susceptible de s’€™affranchir des lois physiques ordinaires.

Le gros plan de Jess concentrée, semblant mesurer son tir après un rapide regard vers le ballon, nous situe lui du cà´té de la réalité de l’€™action sportive. Mais le gros plan du ballon nous fait accomplir un pas vers l’€™univers mental, obsessionnel de Jess, avec pour centre le ballon rond.

Le retour sur le visage de Jess se fait dans un cadre moins serré : c’€™est moins la concentration de Jess qui importe que ce qui l’€™envahit et que nous ne voyons pas.

Le contrechamp du regard de Jess n’€™est pas celui que l’€™on attendait, objectif, réaliste, du mur devant le but, mais la vision subjective, mentale de la jeune fille, son autre obsession qui risque de bloquer son geste et d’€™anéantir des rêves, les femmes de sa famille qui ont remplacé les joueuses.

Une fois que Jess s’€™est ressaisie, que le mur a repris sa place, nous voici brusquement transportés dans la fête du mariage de Pinky. Banal montage parallèle informatif correspondant à  un  » pendant que… « . mais la musique a fait le lien entre les deux univers et celui du mariage prolonge l’€™intrusion de la famille sur le terrain de sport, ramenant Jess à  sa culpabilité de n’€™être pas à  ce mariage, de transgresser les règles de la famille, même si c’€™est avec l’€™assentiment du père.

à€ l’€™atmosphère joyeuse de la fête succède le gros plan de Jo, attentif, sérieux, inquiet : il nous sert de relais pour revenir à  la réalité de la scène et de son enjeu : le but que doit marquer Jess sans se laisser perturber par la culpabilité.

Relais qui passe de Jo aux spectateurs dans la tribune, image de ce que nous sommes devant l’€™écran, puis à  Tony. Autant le regard de Jo était sévère, autant celui de Tony reflète bien plus l’€™angoisse, son tempérament plus sentimental lui faisant ressentir, comme une large part des spectateurs, les angoisses de Jess.

Changement d’€™axe avec Jules, de profil en enfilade avec les autres joueuses du mur. Elle aussi relaie notre angoisse, mais la dureté et la tension de son visage tranche le dilemme entre la fermeté de Jo et la compassion de Tony : pour Jules, à  l’€™évidence, seul compte le jeu, le but, gagner !

Aussità´t, nous retrouvons la plongée verticale à  180° plus radicale encore qu’€™au début. Gurinder Chadha mêle l’€™intervention possible de la Providence et un léger suspense entretenu par la durée de la course de Jess vers la ballon, le coup de pied décisif. Suspense qui nous fait espérer à  notre tour la réussite de Jess, ce que concrétise cet autre plan qui échappe à  l’€™esthétique du reportage sportif : le gros plan sur le ballon à  l’€™instant où le pied de Jess le frappe…

Puisque nous sommes entrés dans la subjectivité de Jess, la réalité importe peu, c’€™est-à -dire la trajectoire matérielle du ballon, que nous ne voyons pas mais que nous devinons à  travers les regards successifs des filles du mur, de Mel, enfin du gardien qui le reçoit. Nous ne suivons pas le ballon, mais le parcours de la caméra est assimilé à  celui du ballon, qui occupe totalement l’€™esprit de Jess, comme un objet irréel, ce qu’€™il est, puisqu’€™il ne dépend plus désormais de son action matérielle, une fois le coup de pied donné. Il ne réapparaît qu’€™une fois au fond des filets, une fois le but marqué non plus dans la tête de Jess ou dans la notre, mais sur le stade.

Au lieu de se produire sur ce dernier l’€™explosion de joie se produit d’€™abord dans la fête de mariage, avant de rebondir sur le visage de Jules et des autres. En un instant, tout se concilie et ce n’€™est qu’€™avec retard que nous comprenons que le tir de Jess a fait parcourir au ballon une trajectoire courbe, spécialité de David Backham, dont la figure implicite n’€™est plus en contradiction avec l’€™univers de la communauté sikh…

Photogrammes pour repérage




















Pistes de travail

Construction dramatique

La dramaturgie s’appuie sur des règles classiques qui ont maintes fois fait recette dans le cinéma : structure ternaire utilisée avec grande habileté et efficacité, identification, ainsi que maintes astuces de scénario connues pour leur capacité à captiver les spectateurs.

On pourra en faire découvrir quelques-unes aux élèves

– Dans la première partie, qui ne dure que 11’37, la réalisatrice présente les personnages principaux, les caractérise et termine par la proposition de Jules qui déclenchera l’intrigue principale du film :

Faire la liste des personnages qui sont présentés aux spectateurs, en précisant la caractéristique principale de chacun. Chercher quel est celui qui semble être le personnage principal et comment la réalisatrice a procédé pour qu’il se détache ainsi. Demander si les informations sur chacun nous sont données par des dialogues ou des scènes d’action, en choisissant deux ou trois exemples. Faire préciser quel est l’élément déclencheur qui prépare l’intrigue principale du film dans la partie suivante.

– Dans la deuxième partie (71’)

Chercher qu’elle est l’intrigue principale et comment la scénariste relance quatre fois le suspens.

Chercher qu’elles sont les deux intrigues secondaires qui s’entrecroisent avec l’intrigue principale

Rechercher des procédés employés par la scénaristes pour jouer avec les nerfs des spectateurs pendant le mariage.

– Troisième partie : relever les trois étapes du dénouement. Dans quel but a-t-il été construit ainsi ?

L’identification

Chercher avec quel personnage l’on s’identifie et comment a procédé la scénariste.

Les quiproquos

Relever deux quiproquos qui provoquent un effet comique>

Les coïncidences

Relever deux coïncidences qui provoquent un effet dramatique.

Les personnages

– Faire classer les personnages par âge, puis en deux catégories. Raconter les rêves des personnages principaux. Quels sont ceux qui se réalisent ? Caractériser les mères, puis les pères. S’interroger sur la relation des événements avec le quotidien : cela se passe-t-il souvent comme cela dans la réalité ?

Un conte de fée ?

Gurinder Chadha n’a jamais caché avoir voulu réaliser un film optimiste, montrant, à travers l’itinéraire de Jess, qu’une immigrée, qui plus est femme, issue d’une communauté aux principes très stricts, pouvait réaliser son rêve et trouver sa place à la fois dans une société anglaise avec ses préventions à l’égard des « bronzés » et dans un milieu « viril », celui du football, particulièrement du football anglais. Le message est clair, généreux et habilement présenté. Mais le dénouement tient beaucoup du conte de fée…

Faire relever les éléments qui relèvent plus du conte de fée que de la vie réelle.

Comment filmer le foot ?

L’amateur de football proprement dit ne peut qu’être déçu par les phases de jeu filmées par Gurinder Chadha. Il y a deux façons de filmer un match de football. La première consiste à rendre compte visuellement de la manière la plus claire possible d’un événement qui est déjà un spectacle en lui-même : plans généraux en plongée (des tribunes) alternent avec des travellings en plan moyen des joueurs ballon au pied. La seconde consiste à insuffler aux images une dramatisation, un rythme, une tension et une exaltation par le montage, le choix des cadrages des points de vue (contre-plongées en particulier), de la grosseur des plans (de préférence en pied, rapprochés, voire gros plans).

Comparer la façon dont sont filmés les matchs de foot à la télévision avec la mise en scène des matchs dans le film (en particulier les tirs au but).

Relever une séquence qui fait penser aux clips (durée des plans, contenu des plans qui se suivent, montage, musique…)

Relever une séquence qui ne fait pas penser à un clip et notez les différences.

La passion du football

Dans le film

– Faire rechercher les motivations respectives de Jess, Jules et Jo

– Qui approuve le choix de Jess et de jules ? Qui désapprouve ?

– Quels arguments oppose-t-on à Jess ? à Jules ?

– Quel est le point de vue de la réalisatrice ? Comment le fait-elle sentir ?

Dans la société

– Préciser la place du football dans la société en justifiant la réponse

– Rechercher les raisons de cet engouement

– Faire préciser la position des élèves

Le football féminin

– Quelle place occupe t-il dans la société ?

– Faire préciser la position de chacun en argumentant. Comparer les réponses des garçons et des filles.

David Beckham

– Faire rédiger une courte biographie de Beckham

– Chercher en quoi le jeu de Jess imite-t-il celui de Beckham.

Les Sikhs

– L’héroïne vit dans une famille Sikh au sein de la communauté Sikh immigrée en Angleterre

Relever dans le film tout ce qui évoque la culture des Sikhs

Chercher des renseignements sur ce peuple.(originre géographique, religion, signe distinctifs…)

Citer un quiproquos du film qui s’explique par une de leur tradition.

Pourquoi Jess réagit-elle si violemment à l’insulte « sale Paki » ?

Localisation

Relever le nom des communes citées ou montrées sur des panneaux et cherchez-les sur un plan de l’agglomération londonienne.

Joeël Magny et Yvette Cazaux, le 26 août 2009

Expériences

– La création du film : de la biographie au grand public

La réalisatrice a inclus des éléments autobiographiques tant dans le scénario écrit avec son époux Paul Mayeda Berges, que dans les décors. Comme la mère de Jess dans le film, la sienne était obsédée par son futur mariage. Elle voulait qu’elle apprenne à faire la cuisine pour devenir une bru parfaite, et Gurinder refusait avec énergie, considérant que l’on doit faire ce que l’on veut plutôt que suivre le chemin tracé. Les relations de Jess et son père sont elles aussi inspirées des relations de la réalisatrice adolescente avec son père, secrètement content qu’elle refuse ce rôle qu’on attendait d’elle. Les extérieurs du film a été tournés en décors naturels dans le quartier de West London où elle a grandi. Les maisons sont celles de Houslow, Heston ou Soutthal. Les intérieurs ont été reconstitués en studio (Shepperton, Londres).

L’idée de situer son intrigue dans le monde du football est apparue à la réalisatrice pendant la Coupe du monde de 1998. Elle a choisi Beckham comme idole de son héroïne car « Il est un homme qui mange sainement, qui aime sa femme, un père de famille idéal,(…) et adore être une icône gay … ». La réalisatrice a engagé l’entraîneur Simon Clifford, déjà consultant sur le film There’s Only One Jimmy Grimble, pour faire travailler Jess, Keira, Shazna pendant dix semaines.

Difficile à financer, le film a un budget restreint avec trente-cinq jours de tournage.

Contexte : les Sikhs

Dans Joue-la comme Beckham, la jeune héroïne, Jess est partagée entre deux cultures, indienne (plus précisément Sikh) et britannique. Les Sikhs, environ 2 % de la population de l’Inde, sans oublier les importantes communautés dans les pays d’émigration (plusieurs centaines de milliers de membres au Royaume-Uni, regroupés en partie autour de Manchester, mais surtout dans la banlieue londonienne), sont immédiatement reconnaissables à leur spectaculaire turban.

Leur religion, a été fondée peu après 1500, près de Lahore (actuelle partie pakistanaise du Pendjab) par un réformateur, Gourou Nanak (son « image » se trouve dans tous les foyers, ici dans la maison des Bhamra). Immédiatement dénoncée par les Musulmans, cette doctrine est vue sans malveillance par les Hindous, comme une secte de plus. Les Sikhs doivent suivre les cinq règles (les « Cinq K »). La première, c’est l’obligation pour tous les croyants de ne pas couper leurs cheveux (« Kesh »), symbole de force, pas plus que la barbe des hommes, qui doit être roulée dans un filet ; le jeune garçon attache ses cheveux en chignon sur le haut du crâne, puis à partir de l’entrée dans l’âge adulte dans un long turban : apprendre à le nouer fait figure de rite d’initiation (d’où l’incompréhension, voire le mépris des Sikhs devant l’actuelle mode consistant à se raser la tête !). Toutefois, certains jeunes gens, soit subissant le diktat de la mode occidentale, soit désireux de se faciliter la vie quotidienne, ont commencé à raser barbe et couper cheveux ; en Inde, ils ont été purement et simplement rejetés de la communauté et n’ont pu bénéficier des bourses d’étude qui leur étaient réservées par quota.

Ils portent ensuite le « Kaccha », un sous-vêtement en forme de short, très éloigné des vêtements de l’Inde traditionnelle, symbole de décence. Au bras, le « Kara », un bracelet d’acier, pour résister aux tentations ; enfin, qui a beaucoup fait parler de lui : le « Kirpan », ou poignard. Autrefois grande épée au côté, de nos jours petite lame de 12 à 15 cm, ou plus petite pour les femmes. Signe que le Sikh est toujours prêt à se défendre, mais il ne doit pas lui-même agresser. Dans nos sociétés modernes le porter n’allait pas de soi ; mais au Royaume-Uni, et en particulier dans la compagnie British Airways, où les Sikhs sont nombreux, le port est accepté.

Autrefois, on mariait les adolescents vers treize ans, sans qu’ils se connaissent. Aujourd’hui les parents organiseront des rencontres, et dans les familles modernes tiendront compte de l’inclination des jeunes gens. Il faudra que le candidat convienne, mais aussi sa famille élargie, car le mariage n’est pas l’union de deux personnes mais de deux familles – d’où la rupture des fiançailles de Pinky quand on imagine que Jess s’est mal conduite avec un garçon.

on! L’idéal c’est que l’enfant épouse un membre de la communauté sikhe, mais hors de l’Inde celle-ci est réduite et l’on acceptera tout à fait un Hindou ; par contre pas de Noir (on recherche toujours un conjoint plus « clair » !) et en aucun cas un Musulman : un Musulman, c’est peu ou prou le Pakistan, d’où les Sikhs ont été chassés lors de la Partition de 1947, alors qu’il s’agit de la terre de leurs ancêtres ; c’est cet État abhorré, intolérant, menaçant, plaie toujours ouverte dans le cœur de chaque Indien (voilà pourquoi Jess ressent doublement l’insulte de « sale Paki » – « Pakistanais »). Enfin, quant à épouser un « Gauri » (Blanc), il semble que la question ne puisse simplement pas se poser !!! (On rejoint ici le film Just a Kiss de Ken Loach).

L’accueil de la presse française : deux avis

– Traiter légèrement un sujet grave

« […] Bien plus qu’un film de foot (bientôt un genre ?), c’est d’un traité sur la communauté dont il s’agit encore dans Joue-là comme Beckham. […] Ainsi distillés, les enjeux du scénario, les quiproquos s’enchaînent pour traiter légèrement un sujet grave. On filme mal des instants sportifs (négliger la notion d’espace est un suicide de cinégénie footballistique), on pleure, on ment à ses parents qui finalement cèdent bien sûr et aèrent leur esprit étroit pour s’ouvrir au monde. Si Joue-là comme Beckham reste anodin, demeure en creux, derrière le sourire de la cinéaste, une pensée assez fine sur l’émancipation de la seconde génération d’exilés, aux résonances universelles… »

Nicholas Chemin, Cahiers du cinéma, n° 575, novembre 2002.

– On nous prend pour des ânes – Le film ne mérite pas tant de blâmes

« Dis-moi, mon cher Alceste, l’objet de ton courroux/ Et Gurinder Chadha ne serait donc pas l’artiste/ Que plaisamment, on chante ici et là./ – Elle filme le football comme un minable clip,/ Et veut nous faire accroire que le sport s’émancipe, / Une Indienne anglaise, comme, en France Zidane. /Tu parles d’un modèle! On nous prend pour des ânes ! […]/- Le film ne mérite pas tant de blâme./ Sur le sujet sensible de l’intégration,/ Il montre assurément l’accessible immersion/ De l’Orient dans nos cultures occidentales,/ En un mot comme en cent, je trouve ça pas mal. »

Éeic Derobert et Yann Tobin, Positif, n° 502, novembre 2002

Outils

Bibliographie

Dossier pédagogique « Collège au cinéma » n°177, par Joël Magny et Yvette Cazaux, CNC, 2009.
Collectif, Dossier du Centre Culturel Les Grignoux, « Écran large sur tableau noir », Liège (Belgique), disponible sur le www.grignoux.be
Cahiers du Cinéma n°573
Positif n°502

Jean-Marie Brohm, Marc Perelman, Le Football, une peste émotionnelle (la barbarie des stades), Gallimard, « Folio actuel », 2006.
Patrice Delbourg, Benoît Heimermann, Plumes et crampons (Football et littérature), La Table Ronde, 2006.
Pier Paolo Pasolini, Les Terrains. Écrits sur le sport, Le Temps des Cerises/Chiers Roger-Vailland, 2005.

J. Gonda, Les Religions de l’Inde, tome 2, Payot, 1965.
« La communauté sikh à Southall », Revue Autrement, 1985.
Wihtol de Wenden, L’Immigration en Europe, coll. « Vivre en Europe », La Documentation française, 1999.
Denis Matringe, « Sikhs », Encyclopædia Universalis, 2008 (support papier, DVD et Internet)

DVD

Joue-la comme Beckham, Metropolitan film & Video, DVD, zone 2, PAL, langue : français et anglais sous-titres français. Existe en édition simple et Prestige. (Usage strictement réservé au cercle familial).
Joue comme la vie, d’Hubert Brunou, Injam productions, KTO, CFRT, Téléssonne. (Une équipe de football féminin dans la cité des Bosquets à Montfermeil). (Disponible dans les bibliothèques publiques).

David Beckham – Close Up – This Is Your Captain Speaking, Entertain Video, DVD zone 2, PAL, anglais. (Usage strictement réservé au cercle familial).
Zidane : un portrait du XXIème siècle, de Philippe Parreno et Douglas Gordon, Universal Pictures, Zone 2 PAL, français. (Usage strictement réservé au cercle familial).
La Surface de réparation, de Maurice Ferlet, PMP-Morgane, 504 Productions. (Disponible dans les bibliothèques publiques).

Web

Fiche ABC Le France - Extraits de critiques et entretien avec la réalisatrice (Dossier PDF téléchargeable)
Critique - parue dans Telerama
Critique - par Jean Philippe Tessé
Site officiel de la Fédération internationale de football association, F.I.F.A.
Site officiel de l'Union européenne de football
Site officiel de la Fédération française de football
Site officiel de la Ligue de football professionnel
siknet.com
allaboutsikhs.com

Commentaires