Jeune fille sans mains (La)

France (2016)

Genre : Conte

Écriture cinématographique : Film d'animation

Lycéens et apprentis au cinéma 2019-2020

Synopsis

En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière.

Distribution

Anaïs Demoustier : La Jeune Fille
Jérémie Elkaïm : Le Prince Philippe
Laudenbach : Le Diable
Sacha Bourdo : Le Jardinier
Olivier Broche : Le Père
Françoise Lebrun : La Mère
Elina Löwensohn : La Déesse

Générique

Réalisé par Sébastien Laudenbach
Inspiré par Olivier Py et librement adapté du conte des frères Grimm La jeune fille sans mains
Musique originale : Olivier Mellano
Montage : Santi Minasi/Sébastien Laudenbach
Directeurs du Compositing : Sébastien Laudenbac/Clorinde Baldassari
Opératrices Compositing : Julie Lespingal, Héloïse Ferlay
Etalonnage : Arnaud Viémont
Monteur son :  Julien Ngo Trong
Ingénieur de son musique et post-synchronisation : Nicolas Sacco Bruitage/ Romain
Anklewicz
Mixage : Xavier Marsais
Production : Les Films Sauvages/Jean-Christophe Soulageon
Co production : Les Films Pelléas/David Thion/Philippe Martin
Avec le soutien du CNC, Fonds d’aide à l’innovation, de l’ECLA – Région Aquitaine, et de la Région Ile-de-France
Une distribution Shellac

Autour du film

« À la découverte de ce conte de Grimm, j’ai tout de suite été fortement saisi par sa force, sa cruauté et sa fin heureuse, la trajectoire de cette jeune fille qui, privée de ses capacités d’action, doit apprendre à ne plus confier son destin à autrui, mais bien à prendre sa vie en main. Mon adaptation inscrit ce film d’animation dans une grande tradition : temps lointain réinventé, pays indéterminé, personnages qui sont davantage des figures que des caractères. J’ai ancré cette histoire dans une nature métaphorique : le diable polymorphe plus faune que démon, la déesse de la rivière dont le cycle, élément féminin, structure la topographie du voyage de la protagoniste, une forêt sombre, un plateau montagneux propice à l’isolement… Dans le conte, chacun n’agit que selon son seul destin. La jeune fille est sans cesse sur les routes, au gré des obstacles et des guides qu’elle rencontre. Son chemin lui est inconnu, mais lorsqu’elle arrive au port, elle sait le reconnaître. La trajectoire de ce personnage est en elle-même celle de la fabrication de ce film. Après avoir dû abandonner la perspective d’une production classique, faute de financement, le texte du conte de Grimm ne m’a jamais quitté. Aussi j’ai profité d’une résidence d’artistes pour me lancer seul dans une fabrication inédite pour un film d’une telle durée. Le film a été peint sur papier, du premier plan au dernier dans l’ordre chronologique, d’une façon plus ou moins improvisée ainsi que le ferait un jazzman sur un canevas. Je n’avais donc que mes mains pour animer cette jeune fille qui n’en avait plus, et bien souvent je me suis identifié à elle. Il en résulte un film qui donne une grande importance au dessin, un dessin léger et parsemé de trous, qui bien souvent ne trouve sa cohérence que lors de sa mise en mouvement, ce qui est l’essence de l’animation. Contrairement à la grande majorité des longs-métrages d’animation dans lesquels chaque image est totalement finie, La jeune fille sans mains propose une image qui n’est pas finie. Ou pour le dire autrement, qui est in-finie. J’aime à penser que cet infini ouvre l’imagination du spectateur dont le cerveau, en manque, doit travailler pour en combler les lacunes. Tout comme cette jeune fille dont l’absence béante de mains l’oblige à avancer. » Sébastien Laudenbach

Sébastien Laudenbach, n’ayant pu trouver le financement nécessaire, profite d’une résidence d’artistes pour se lancer seul dans la fabrication de La jeune fille sans mains, adaptation moderne d’un conte méconnu de Grimm. Utilisant tous les ingrédients nécessaires à ce type de récit (la force, la cruauté, un temps lointain imaginaire, une fin heureuse), le résultat est exaltant. Il signe un film lumineux et poétique bien éloigné des dessins animés remplis de personnages aux formes définies et aux couleurs pétantes auxquels nos regards de spectateurs sont la plupart du temps soumis.

A l’aide de quelques coups de crayons à peine esquissés, le réalisateur nous restitue avec la même vivacité violence et douceur. Car si le rythme lent freine quelque peu le propos, c’est bien la magie picturale, évocatrice de la calligraphie asiatique qui retient toute l’attention. Jetés sur le papier, quelques traits furtifs se précisent pour délicatement se transformer en personnages, animateurs colorés du récit. Les couleurs éclatent sur l’écran et remplissent les formes nous plongeant dans un univers métaphorique de toute beauté. Des points verts disséminés dessinent les feuilles dans les arbres, un trait bleu sera une rivière fougueuse. Des détails d’animation inédits nous précipitent dans une expérience merveilleuse et inoubliable de pureté..

https://www.avoir-alire.com/la-jeune-fille-sans-mains-la-critique-du-film

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