Hors jeu

Iran (2010)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Collège au cinéma 2013-2014

Synopsis

Quel est ce singulier garçon, assis dans un coin du bus roulant vers le stade, qui garde le silence alors qu’autour de lui tous les fans vocifèrent ? En y regardant de plus près, on voit que ce n’est pas un garçon mais une fille qui s’est déguisée. Elle n’est pas la seule Iranienne qui soit fan de football. Les fans féminins sont en nombre croissant, dans ce pays aussi. Toutefois, avant le début du match, elle est arrêtée à un poste de contrôle et emmenée dans un enclos proche du stade où elle retrouve beaucoup de ses compagnes d’infortune, tout un groupe de femmes qui se sont déguisées en hommes. Après le match, c’est la brigade des moeurs qui décidera de leur sort…

Générique

Titre original : Offside
Réalisation : Jafar Panahi
Scénario : Shadmehr Rastin
Image : Mahmood Kalari
Musique : Korosh Bozorgpour
Montage : Jafar Panahi
Son : Reza Delpak
Décors : Iraj Raminfar
Production : Jafar Panahi Film Productions
Distribution : Ad Vitam
Couleurs
Sortie en France : 6 décembre 2006
Durée : 1h28
Interprétation
Sima Mobarak Shahi/ première fille
Safar Samandar / soldat Azari
Shayesteh Irani / la fumeuse
M. Kheyrabadi / soldat Mashadi
Ida Sadeghi / la footballeuse
Golnaz Farmani / la fille au tchador
Mahnaz Zabahi / la femme soldat

Autour du film

(…) Fidèle à son regard documentaire, le cinéaste a planté sa caméra dans le grand stade de Téhéran le jour où l’Iran joue sa qualification en Coupe du monde contre l’Emirat de Bahreïn. Arrivée massive de cars de supporteurs enflammés, vente de billets au marché noir, fouille intensive au contrôle. La foule est exclusivement mâle, à ceci près que s’y cache une fille déguisée en garçon. Là encore, Panahi ne viole pas le réel. Si, en Iran, l’entrée dans un stade de foot est interdite aux femmes (entre autres parce que s’y profèrent des jurons), le flot de supporteuses en robe et tchador n’a cessé de grandir depuis que l’Iran s’était déjà qualifié pour la com- pétition suprême en battant l’Australie en 1998. Ce jour-là, près de 5 000 femmes, dit-on, passèrent au-dessus de la loi.

En avril 2006, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad décida d’autoriser les femmes à venir assister à un match de football, ce qu’elles ne pouvaient plus faire depuis la chute du chah, en 1979. Les grands ayatollahs de la ville sainte de Qom hurlèrent au scandale, évoquant les risques du «mélange corrompu entre les deux sexes». Ali Khamenei, le guide religieux du régime, déclara le projet caduc et le décret fut abandonné.

C’est donc au nez et à la barbe de la censure que Jafar Panahi a filmé Hors jeu, menacé par les militaires d’interrompre son tournage cinq jours avant la fin. Les prises sur le vif octroient à l’image une authenticité qui échappe trop souvent aux oeuvres censées restituer l’ambiance d’un match. Le reste est affaire de symboles, qui apparaissent tout naturellement dans cette histoire simple. Outré par le rôle dictatorial des pères en Iran dans Le ballon blanc (1995), attentif à la condition des femmes dans Le cercle (2000), dénonciateur des inégalités sociales et d’une société totalitaire dans le fameux Sang et or (2003), Panahi signe ici un film peut-être moins puissant, moins inventif, mais d’une force et d’une limpidité indéniables.

(…) Conditionné par une idéologie politique et religieuse, le pouvoir mâle stigmatisé dans Hors jeu est celui d’une génération, d’une minorité qui impose des interdits d’un autre âge. Autorisée à aller se soulager aux toilettes, l’une des gamines doit se masquer le visage avec un poster à la gloire d’un footballeur, tandis que son geôlier tente vainement de bloquer l’entrée des wc à une horde de supporteurs soumis au même besoin. Saynète qui illustre le talent de Panahi à transformer la rue en théâtre et afficher les ridicules d’une hypocrisie.

Jean-Luc Douin / Le Monde 6 décembre 2006

Vidéos

Toilettes femmes

Catégorie :

Un groupe de jeunes filles est retenu par des militaires à l’entrée du stade. L’une d’elles  prétexte une envie pressante pour s’infiltrer dans l’enceinte.


Analyse : Stéphan Krezinski
Réalisation : Jean-Paul Dupuis

Hors champ dans hors jeu

Catégorie :

Comment Jafar Panahi utilise le hors champ dans son film.


Analyse : Stéphan Krezinski
Réalisation : Jean-Paul Dupuis

Outils

Images de la Culture

Joue la comme la vie (Hubert Brunou, 2006)

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