Histoire sans fin (L’)

Allemagne (1984)

Genre : Aventure

Écriture cinématographique : Fiction

École et cinéma 2004-2005

Synopsis

Le jeune Bastien se réfugie dans un monde imaginaire. Il dérobe un livre étrange L’Histoire sans fin, qui raconte comment le royaume de Fantasia fut dévoré par le géant maléfique et comment les habitants se réfugièrent dans la Tour d’ivoire. Seul un enfant peut sauver la petite impératrice menacée. Bastien n’hésite pas…

Distribution

Les personnages de L’Histoire sans fin se présentent sous des aspects forts divers. Peu de rôles sont tenus par des êtres humains et donc par des acteurs réels dans le film. Les deux garçons, les rôles très secondaires (au regard de leur durée d’apparition) du père, des élèves, du vieux lecteur, de l’Impératrice et de son serviteur seuls sont joués par des acteurs, ainsi que certaines créatures très grimées à apparence vaguement humaine. Peut-on parler de rôles pour les autres personnages, parfois proches d’éléments de décors par leur taille gigantesque, ou clairement assimilable à des créatures fabriquées ? La répartition des rôles dans la quête de l’enfant invite à considérer tous les personnages comme des acteurs de l’évolution du récit : ils servent la quête oedipienne, tiennent lieu d’adjuvants ou d’opposants dans le déroulement du conte. Certains sont des personnages conventionnels des films fantastiques, d’autres se distinguent par leur originalité. Sous les traits de Bastien et d’Atreyu, son double au royaume de l’imaginaire, le personnage de la mythologie grecque Oedipe apparaît dans le film comme dans nombre de récits fictionnels.

Générique

Titre original : Die Unendliche Geschichte, The Neverending Story
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Scénario : Wolfgang Petersen et Herman Weigel, d’après le livre de Michael Ende L’Histoire sans fin
Direction artistique : Gotz Weidner, Herbert Strabel, Johann Iwan Kot
Image : Jost Vacano
Son : Milan Bor, Trevor Pyke, Ed Parente, Chris Price
Montage : Jane Seitz
Musique : Klaus Doldinger, Giorgio Moroder
Décors : Rolf Zehetbauer
Effets Spéciaux : Brian Johnson
Interprétation :
Bastien/ Barret Oliver
Atreyu/ Noah Hathaway
père de Bastien/ Gerald McRaney
la petite impératrice / Tami stronach
M. Koreander/ Thomas Hill
Teeny-Weeny, le Tout-Petit/ Deep Roy
Engywook /Sydney Bromley
Cairon/ Moses Gunn
Production : Bernd Eichinger, Bernd Schaefers
Distribution : Warner Bros
Durée : 90 mn, fiction et animation, couleur

Autour du film

La grande diversité visuelle des personnages et des décors de L’Histoire sans fin, comme de leurs sources d’inspiration (personnages mythologiques, créatures de légendes, de folklore ou de conte) est bien servie par la qualité de ses effets spéciaux. À la fois conte, quête, épopée et aventures merveilleuses, le film ne se disperse pas totalement dans le foisonnement de ses éléments fantastiques.
En effet, les créatures qui jalonnent le parcours du jeune Atreyu (et par  » procuration  » de son double, qui le remplace au final auprès de la petite Impératrice, le jeune Bastien), servent tous la résolution oedipienne finale. Au départ, Bastien est tiraillé entre la dure réalité (il a perdu sa mère et son entourage ne le comprend pas), et la fiction dans laquelle il s’échappe (il lit des livres pour s’oublier en s’identifiant aux héros). Le livre L’Histoire sans fin lui permet de trouver une issue heureuse à sa situation. Il franchit les étapes pour finir par se libérer du manque que représente la perte de sa mère, en nommant l’Impératrice du prénom de celle-ci. Les opposants à son parcours représentent les états dans lesquels il ne doit pas plonger pour s’en sortir : le Néant qui envahit tout est nommé  » désespoir  » par la bête maléfique, les marécages dans lesquels se noie son cheval se nomment  » mélancolie « .
Les adjuvants qui guident l’enfant (le sage Morla, le dragon porte-bonheur) lui permettent d’accéder à l’avant dernière étape de sa libération : pour franchir des portes, il doit retrouver confiance en lui puis se voir tel qu’il est vraiment et défier le sphinx. Les multitudes aventures et rencontres de l’enfant correspondent donc à la logique de son parcours personnel.

Autres points de vue

Extrait du point de vue du Cahier de notes sur… p. 5 du début ( » Le dénominateur commun du film (…) à  » (…) en rédempteur du péché humain. « 

Vidéos

Le délitement de Fantasia

Catégorie :

Chaos/origines

« Jeux de miroirs » par Pascal Vimenet

Pistes de travail

Le déroulement du voyage d’Atreyu, comme celui de la lecture de Bastien, visent à résoudre un conflit : le conflit intérieur de Bastien représenté par le conflit d’Atreyu contre le Néant.
Dans le film, les étapes de ce parcours sont jonchées d’éléments contradictoires : le géant de pierre est impressionnant mais inoffensif, l’escargot est une monture rapide, Atreyu entend un cri d’effroi de Bastien. Une logique absurde aux manifestations nombreuses semble régner sur ces mondes.

Mais les étapes à franchir sont autant de raccords (entre les réactions des deux garçons, donc entre les mondes réel et imaginaire), et objets ou créatures fantastiques assurent les transitions entre les étapes du récit (l’Auryn du livre et du pendentif, etc.). Des éléments positifs (les créatures bienveillantes) s’opposent aux éléments négatifs (la mort du cheval, la disparition momentanée du dragon).

Oppositions et liens ou ponts jalonnant le parcours de l’enfant sont donc au service, pour la retarder ou pour l’accélérer, de la résolution finale de l’intrigue. Les différentes étapes du récit se dégagent de cette combinaison foisonnante d’éléments insolites.

Mise à jour: 17-06-04

Expériences

Lorsque Wolfgang Petersen entreprend de tourner L’Histoire sans fin aux studios Bavaria en Allemagne, il réalise déjà des films dans son pays depuis 1973. Fort du succès de son dernier film, Le Bateau, sa première superproduction, il entreprend la réalisation d’un film à très gros budget, L’Histoire sans fin , adaptation partielle d’un best-seller allemand écrit pas Michael Ende. Le film est réalisé dans les studios modernes Baravia à Munich, et renoue ainsi avec la tradition allemande des grands drames historiques, pour ce qui est des importantes constructions de décors. Il a reçu la collaboration technique, pour ses effets spéciaux et ses trucages très sophistiqués, de grands experts du cinéma américain : Collin Arthur, maquilleur de 2001, l’Odyssée de l’espace, Brian Johnson, ayant remporté l’Oscar pour les effets spéciaux d’Alien et de L’Empire contre attaque, et bien d’autres. Le succès de L’Histoire sans fin, aujourd’hui considéré comme un  » classique  » du cinéma pour enfants, a permis à son réalisateur d’aller poursuivre sa carrière aux États-Unis, où il n’a plus réalisé de films d’une aussi grande ampleur de moyens.

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