Dirigeable volé (Le)

Tchécoslovaquie (1966)

Genre : Aventure

Écriture cinématographique : Fiction

École et cinéma 2011-2012

Synopsis

En l’an 1891, à Prague, alors qu’ils visitent le salon des Sciences et des Techniques, cinq garçons intrépides montent à bord d’un dirigeable et prennent les airs. Echappant à toutes les poursuites, ils survolent l’Europe et parviennent au-dessus de l’Océan Atlantique. Une tempête détruit complètement le dirigeable, mais les naufragés des airs échouent heureusement sur une île mystérieuse et inconnue… Ils y vivent comme les nouveaux « Robinson » qu’ils sont, y découvrent le repaire du légendaire capitaine Nemo, et y affrontent une bande de pirates des mers. Une expédition de secours est également partie à leur recherche…

Générique

Titre original : Ukradená vzducholod
Réalisation : Karel Zeman
Scénario : Karel Zeman, Radovan Kratky, d’après le roman Deux ans de vacances de Jules Verne
Maquettistes : Jaroslav Krska, Zdenek Ostreil
Image : Josef Novotny, Bohuslav Pikhart
Musique : Jan Novak
Montage : Jan Chapoulek
Décors : Karel Zeman
Costumes : Jan Kropacek
Production : Studios de Barrandov et Gottwaldov
Distribution : Gebeka Films
Sortie en France : 29 septembre 2004
Couleurs
Durée : 1h25
Interprétation
Michal Pospisil / Jakoubek
Hanus Bor / Tomas
Jan Cisek /  Martin
Josef Stranik / Pavel
Jan Malat / Petr
Jitka Zelenohorska / Katka,la secrétaire
Cestmir Randa / Findejs
Josef Haukvic / Forbes
Josef Vetrovec / Le Capitaine

Autour du film

Le Dirigeable volé est inspiré par le célèbre livre de Jules Verne, Deux ans de vacances, et comme le film suivant, Sur la comète (1970), Zeman se décide à tourner en couleurs. Pourtant, les décors et les costumes restent en noir et blanc. Il obtient par là un effet neuf : la couleur naturelle des visages des comédiens dans un contexte noir et blanc fera penser aux photographies coloriées du début du XXe siècle. Une touche nouvelle d’un charme fou est née…

La couleur se mélange avec l’univers du noir et blanc, la fiction se fond dans l’animation. Le tout dans une maestria sans fin. De ce fait, le rôle de la couleur y prend encore plus d’importance : « Je ne veux point que la couleur dans mon film soit descriptive. Il faut qu’elle joue un rôle dramatique, qu’elle soit parfaitement fonctionnelle. J’utilise la couleur comme le peintre le fait sur son tableau. », dit Zeman à propos de sa position sur l’utilisation de la couleur.
objectif-cinema.com

Le parti pris esthétique de Zeman consiste pour l’essentiel à faire se mouvoir les personnages «réels» dans des décors qui paraissent être les illustrations mêmes des éditions Hetzel de Jules Verne. Il y a là une multitude d’effets, plus faciles à éprouver qu’à décrire, qui suscitent l’admiration, l’amusement et le trouble. L’admiration, à cause de la perfection des procédés qui semblent littéralement animer les dessins signés par L. Bennet, Riou, Alphonse de Neuville (dessins qui étaient ensuite reproduits en fac-similé par les graveurs sur bois), et à cause de l’absence étonnante de toute «couture» entre les deux univers, l’un «graphique», l’autre «photographique», que Zeman pourtant a «cousus» ou télescopés, accentuant par exemple leur parenté en habillant ses personnages de costumes à rayures qui rappellent les striures du dessinateur ou du xylographe. L’amusement, à cause des effets d’incongruité que cela provoque. Le trouble, plus profondément, pour toutes ces mêmes raisons : d’une part, le recours aux illustrations Hetzel souligne, dans les inventions «futuristes» de Verne, canon géant ou sous-marin de poche, la dimension désormais ludique et désuète d’une «anticipa- tion» qu’avait rêvée le XIXème siècle et dont le rappel nous fait voyager bien plutôt dans le passé que dans l’avenir, d’autant qu’il s’accompagne pour beaucoup de spectateurs de la nostalgie des lectures enfantines (…)
Jean-loup Passek / Positif n° 472 / juin 2000

Réalisé en grande partie avec des ciseaux et du papier, Le dirigeable volé est fait d’images plus stupéfiantes, plus drôles, plus émouvantes que tout ce qui est récemment sorti des ordinateurs des grands studios (…)

Les personnage sont vrais comédiens dont l’image est capturée par la caméra. Ils se meuvent dans des décors dessinés et animés, inspirés pour beaucoup des gravures qui illustraient les romans de Jules Verne dans la collection Hetzel. Mais les ressources du cinéaste vont bien au-delà de cette seule source d’inspiration : les maillots rayés, les chapeaux des dames ramènent aux débuts du cinéma burlesque pendant que la représentation des forces de l’ordre relève de la caricature brillante, d’une discrète acuité politique (ce film a été tourné dans un pays qui secouait le joug stalinien)….

A la liberté des images correspond la subversion innocente des enfants et il souffle sur le film l’esprit de son temps, impertinent et joyeux, qui fait du Dirigeable volé un proche cousin de Yellow Submarine (…)
Thomas Sotinel / Le Monde 29/09/2004

Vidéos

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