Citronniers (Les)

Allemagne, France, Israël (2008)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Archives collège, Collège au cinéma 2010-2011

Synopsis

Salma vit dans un petit village palestinien de Cisjordanie, proche des territoires occupés. Son mari est mort, son fils l’oublie et sa fille est bien trop accaparée par ses enfants, pour se soucier d’elle. Il ne reste à Salma que sa plantation de citronniers. Le nouveau ministre israélien de la Défense vient s’installer à côté de chez elle et la plantation est considérée comme une menace. Il ordonne à Salma de raser les arbres, sous prétexte que des terroristes pourraient s’y cacher. Mais, Salma a décidé de se battre pour sauver ses magnifiques citronniers, quitte à aller devant la Cour Suprême. Salma va trouver une alliée inattendue en la personne de Mira, l’épouse du ministre. Entre les deux femmes s’établit une complicité qui va bien au-delà du conflit israélo-palestinien.

 

Générique

Titre original : Etz Limon
Réalisation : Eran Riklis
Scénario : Suha Arraf, Eran Riklis
Image : Rainer Klausmann
Son : Gil Toren, Ash Milo, Hervé Buirette
Montage : Tova Asher
Décors : Miguel Merkin
Musique : Habib Shehadeh Hanna
Production : Eran Riklis Productions Ltd, Mact Productions
Producteurs : Antoine De Clermont-Tonnerre, Bettina Brokemper, Michael Eckelt, Eran Riklis
Couleurs
Durée : 1h46
Interprétation :
Salma Zidane / Hiam Abbass
Ziad Daud / Ali Suliman
Mira Navon / Rona Lipaz Michael
Israel Navon, le ministre israélien de la défense / Doron Tavory
Abu Hussam / Tarik Copty
Le capitaine Jacob / Amos Lavie
Leibowitz / Amnon Wolf
Tamar Gera / Smadar Yaaron
Shelly / Ayelet Robinson
Le soldat Quickie / Danny Leshman
Gilad / Liron Banares
Nasser Zidane / Loai Nofi
Sigi Navon / Hili Yalon
Abu Camal / Makram Khoury
L’Attorney Braverman / Michael Warshaviak

Autour du film

Les Citronniers illustre de façon démonstrative l’incompréhension et la défiance qui rongent les populations. Le grillage (avec mirador) dressé entre Salma et le ministre Navon figure le mur dressé entre les deux communautés, les arbres menacés de déracinement sont « comme des êtres humains », le combat de Salma devant la Cour suprême exprime une foi dans la justice. Faisant de cette histoire une parabole sur le choix d’un « enjeu stratégique majeur », le film n’élague pas la complexité politique sous-jacente. Se polarisant sur deux personnages féminins, il regarde sciemment ce conflit du point de vue d’opprimées pacifiques. Les Citronniers est en effet l’histoire de la naissance d’une complicité entre deux femmes qui n’ont pas la parole. Salma, la Palestinienne, n’est pas seulement mise en cage par les occupants : cette femme voilée est sommée par son propre peuple de stopper ses relations affectives avec son jeune avocat. Parquée dans une prison de femme au foyer, Mira, l’épouse du ministre israélien, finira par prendre fait et cause pour sa voisine.

Riklis insiste sur les regards que s’échangent l’une et l’autre, le désir de dialogue (brimé) de celle qui incarne la force. Il se clôt par une condamnation des attitudes mâles. Seules les femmes sont-elles à même de faire de cette région un verger ?

Jean-Luc Douin, Le Monde 22 avril 2008

Le réalisateur de La Fiancée syrienne (2004) s’est de nouveau associé à la scénariste palestinienne Suha Arraf pour construire un film traversé de politique, de la grande et de la petite histoire, des sentiments ambigus qui habitent à tour de rôle les deux peuples voisins. Un film qui évoque la difficulté de sortir d’une impasse plus profonde que jamais, depuis la deuxième Intifada, depuis l’élection du Hamas dans la bande de Gaza, et peut-être encore davantage depuis la guerre du Liban de l’été 2006. C’est tout ce contexte historique récent qui sous-tend Les Citronniers, mais qui est dépassé, transcendé, par le fin cisèlement des personnages. (…) Les Citronniers… Il ne pouvait sans doute pas exister de titre plus juste pour un tel film. Un arbre de vie, filmé dans son lumineux reflet et sa couleur explosive, avec ses fruits jaunes gorgés de soleil, ses citrons mûrs comme des seins pleins et pointus : une promesse de plénitude et de bonheur coupée en plein vol. « Le citronnier est un très bel arbre, mais on ne peut pas manger ses fruits », dit la chanson du film. Le plan final, très rude, porte à lui seul tout le sens chargé de cette phrase : le ministre et Salma, chacun d’un côté du mur, seuls, l’un dans son jardin aseptisé, l’autre au milieu de sa plantation meurtrie, rasée. Deux êtres, peut-être deux peuples, irrémédiablement isolés l’un de l’autre.

Sarah Elkaïm, Critikat 22 avril 2008

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Catégorie :

« Deux femmes »

Analyse : Joël MAGNY
Réalisation : Jean-Paul DUPUIS

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Interview de Eran Riklis sur evene.fr

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