Cerf-volant du bout du monde (Le)

France (1958)

Genre : Conte

Écriture cinématographique : Fiction

École et cinéma 2004-2005

Synopsis

Dans les années cinquante, à Montmartre, un quartier de Paris, Pierrot, chef d’une bande de gamins d’une dizaine d’années toujours accompagné de sa petite soeur, découvre un magnifique cerf-volant échoué dans un arbre. Grâce à une ruse, Pierrot et ses amis récupèrent le cerf-volant et y découvrent une lettre écrite en chinois. Grâce à un antiquaire chinois qui leur traduit la lettre, les enfants apprennent que le petit garçon chinois qui a écrit la lettre, Song Siao Tsing, attend une réponse à sa lettre. Hélas, l’adresse est restée dans la queue du cerf-volant volée par d’autres garçons de la bande. L’antiquaire chinois leur apprend également que le personnage représenté sur le cerf-volant est Souen Wou Kong, le roi des singes. Pierrot, au fond de son lit rêve que Souen Wou King le transporte, lui et sa sur, en Chine. Voilà les deux enfants à Pékin, bien décidés à retrouver avec leur nouvelle bande de copains chinois, le petit garçon qui a écrit la lettre trouvée dans le cerf-volant.

Générique

Réalisation Roger Pigaut
Coréalisation Wang Kia Yi
Scénario et adaptation Roger Pigaut, Antoine Tudal, Wang Kia Yi sur une idée originale de Roger Pigaut
Dialogues Antoine Tudal
Conseiller artistique Pierre Prévert
Photographie Henri Alekan
Assistants-opérateurs Pierre Lhomme, René Chabal
Scripte Jeanne Witta
Décors Claude Msching
Effets spéciaux Yu Yo Zou
Musique Louis Bessières
Musique chinois : Tuan Se Tchung
Son W.R. Sivel, J.C. Marchetti, Tchen Yen Hsi
Montage Marinette Cadix
Directeur de production Yves Laplanche
Coproduction Garance, Tourane-Films SA, Cocinor, Studio de Pékin
Producteur délégué Garance
Sortie du film 1958
Durée : 82 minutes, couleur
Distribution : Connaissance du cinéma pour Acacias
Interprétation.
Les enfants :
Pierrot/ Patrick de Barbine
Nicole/ Sylviane Rozenberg
Bébert/ Gérard Szymanski
Monique/ Monique Hoa
Fontan/ Georges Desplaces
Lévêque /Henri Blanchard
Jollivar/ Alain Astié,
Nono/ Raphaël Hassan
Lajoie /Jacques Faburel
Claude Bougis, Jacques Kubista, Sylvana, Tchen Ming Tchen, Lou P’Ung, Yuang Di Wang
Les adultes :
la concierge/ Gabrielle Fontan
Claire Gérard
la voisine acariâtre/ Annie Noël
le sergent/ Guy Delorme
Souen Wou Kong/ Zhang Chunhua
Prix : Comité français du cinéma pour la jeunesse (1958), Exposition universelle de Bruxelles (1958), Festival de Karlovy-Vary (1958) : prix de la meilleure photographie

Autour du film

Vu aujourd’hui, Le Cerf-volant du bout du monde garde une certaine fraîcheur, une qualité qui persiste malgré la naïveté de son propos d’ensemble. Le film nous parle d’amitié, de solidarité, de coopération entre les enfants vivant dans des pays aussi éloignés que peuvent l’être la France et la Chine, « du bout du monde ». A la sortie du film, c’est le critique communiste Georges Sadoul qui écrivait dans Les Lettres françaises du 26 décembre 1958 : « Et il passionne aussi les adultes, en leur donnant à découvrir la plus grande partie du monde, la plus peuplée, la plus mal connue et la plus attirante.  »

Quarante ans après cette réalisation, notre regard sur la Chine s’est enrichi de ces dizaines d’années d’histoire qui ont bouleversé les idéologies. Nous avons appris à être moins crédules, peut-être aussi moins manichéens, à nous méfier de ceux qui prônent les lendemains qui chantent Le Cerf-volant du bout du monde est la première coproduction cinématographique franco-chinoise.

Après plus de quinze scénarios écrits et refusés par les responsables chinois, Roger Pigaut s’intalla à Pékin et travailla avec le réalisateur Wang Kia Yi, qui cosigna avec lui la réalisation de ce qui devait devenir finalement un long métrage. Roger Pigaut découvrit le personnage du Roi des Singes, acrobate et magicien, Souen Wou Kong, héros de vieilles légendes chinoises. Avec lui, tout devenait possible et surtout le rêve de se transporter de Paris à Pékin.
Les chinois souhaitaient, comme le dit très justement Henri Alekan, que ce film donne une bonne image d’eux-mêmes.

A la sortie du film en France, le journal Paris-Presse mettait en avant l’honnêteté du metteur en scène : « C’est une Chine idéale, une Chine imaginaire qu’il nous montre, puisque les enfants rêvent. Et chacun conclura comme il voudra. »
Avec ses qualités, et malgré ses défauts, le film reste aujourd’hui un bel hymne à l’amitié entre les peuples et à une meilleure compréhension entre des cultures fort différentes.
Gérard Lefèvre

Vidéos

Nicole et Pierrot s’envolent pour la Chine – par Gérard Lefèvre

Catégorie :

Vol pour la Chine – transition Paris/Pékin.

Pistes de travail

  • L’amitié et la solidarité ; entre enfants de culture et de pays différents. Un hymne à la solidarité entre peuple et entre enfants
  • La Chine vue d’ici
    Le film donne l’occasion d’observer une autre manière de vivre, de se comporter, de se vêtir, de se nourrir, de parler. Le film permet d’entendre la musique de la langue.
  • De la tradition des cerfs-volants en Chine, le cerf-volant messager qui transporte la lettre.
  • Paris Montmartre, l’époque du film
    Les enfants en bande investissent les rues de Paris ; c’est un véritable portrait sociologique des habitants de Paris, de la vie de quartier à cette époque là, des bandes d’enfants qui s’amusent dans les rues de Montmartre
  • Le rêve dans le film, la magie du rêve, Pierrot rêve d’aller à Pékin, il en rêve tellement que tout devient possible.
  • Les poèmes et la musique qui accompagnent le film
    Les enfants se comprennent. En Chine comme en France, des gamins de dix ans peuvent s’entendre, même s’ils ne parlent pas la même langue. C’est ce que dit le poème de Pierrot.

    Poème de Pierrot
    Enfant de n’importe où
    Si tu trouves cet oiseau
    Regarde-le bien parce-que
    Les enfants de partout
    Ils ont toujours rêvé qu’un jour
    Ils iraient ailleurs.
    Toi qui as trouvé ce cerf-volant
    Et puis la lettre qu’on a mise dedans,
    J’espère que t’as notre âge.
    On se comprend toujours mieux
    Entre ceux qui ne sont pas très vieux.
    Tu vas penser que t’aimerais bien venir et nous rencontrer,
    Qu’on se connaisse
    Et qu’on aille se marrer.
    Eh bien, figure-toi que nous aussi.
    Ce cerf-volant on l’a reçu
    Et il venait de loin
    Pour tout dire, il venait de Chine,
    De Pékin!
    Il paraît que là-bas le soleil vient souvent
    Et les enfants sortent leurs cerfs-volants
    Quand c’est jour de grand vent
    Alors on est parti à la recherche de notre copain.
    Pour trouver notre copain parmi
    Tous les Chinois, c’était pas facile!
    On s’est baladés parmi les enfants de notre âge
    On a même appris des mots
    Par exemple, Sié Sié
    Ça veut dire merci.
    Ça serait vraiment chouette
    Si chaque enfant de chaque pays
    Avait un copain dans les autres pays.
    Un copain qu’il connaisse bien,
    Parce que les copains on en trouve,
    Mais c’est pas forcément celui qu’on cherche.
    Le nôtre il s’appelait Song Siao Tsing.
    Et pense un peu à ce moment
    Où tu te retrouves avec ce copain!
    D’abord il te regarde
    Sans savoir que c’est toi qui as reçu sa lettre.
    Et puis d’un coup, d’un signe d’amitié,
    Il comprend et il se dit :
    « Quelle bonne idée j’ai eue
    De mettre ma lettre sous mon cerf-volant
    Par un jour de grand vent. »
    Antoine Tudal

    Mise à jour: 11-06-04

Expériences

Le Cerf-volant du bout du monde résulte d’un projet à caractère encyclopédique de Roger Pigaut et ses deux producteurs-associés, Betsy Blair et son ami du Conservatoire, Serge Reggiani.
En 1939, Pigaut en était sorti premier et Reggiani second. Tous trois ont fondé une maison de production, « Garance » (en hommage à l’Arletty des Enfants de paradis), et ont déjà produit La Seine a rencontré Paris, un court métrage de Joris Ivens (sur des commentaires de Pierre Prévert) qui obtint en 1958 le prix du meilleur court métrage au Festival de Cannes.
Ils ont alors le généreux et immense projet de mettre en chantier toute une série de courts métrages ayant pour sujet la vie quotidienne d’enfants de différents pays du monde. Avec Antoine Tudal, un jeune écrivain que Jacques Prévert présente à Pigaut, tous deux décident de commencer par écrire un scénario sur des enfants de Paris et de Pékin et de chercher les moyens financiers d’une première co-production cinématographique avec la Chine.

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