Cercle parfait (Le)

Bosnie, France (1997)

Genre : Drame

Écriture cinématographique : Fiction

Archives collège, Collège au cinéma 1999-2000

Synopsis

Durant la guerre de Bosnie, après l’assassinat de leurs parents par des soldats serbes, deux jeunes garçons de 7 et 9 ans, Adis et Kerim, s’enfuient de leur village vers Sarajevo.
Comme la plupart des habitants, Gospoda, la femme d’Hamza, un poète alcoolique, veut quitter la ville au plus vite avec sa fille Miranda. Au cours d’un approvisionnement en eau potable, la chute d’un obus manque de tuer Miranda. La décision est aussitôt prise d’évacuer les deux femmes hors de la ville.
Après leur départ, Hamza découvre la présence d’Adis et de Kerim, réfugies chez lui. Dès le lendemain, ils partent ensemble à la recherche de la tante Aïcha, dernière parente des enfants encore en vie. En revenant de chez elle où un voisin leur a appris qu’elle avait été hospitalisée, Kerim sauve un chien blessé par un « sniper ». Le soir, Hamza a une hallucination : il « voit et entend» sa fille comme il entendra ensuite sa femme lui parler. Le jour suivant, à l’hôpital, un médecin leur apprend qu’Aïcha est réfugiée en Allemagne. Contraints de rester, les enfants organisent une partie de pêche avec Hamza qui manque de se terminer en drame.
La tension devient intolérable à Sarajevo. On s’écharpe pour un peu de bois ou un pigeon volé. Un homme désespéré se suicide. Hamza, lui, se voit régulièrement pendu. Une ultime apparition de sa femme après un bombardement lui conseille de sauver les enfants en les emmenant hors de la ville.
Aidé de son ami serbe, Marko, Hamza organise la fuite des deux garçons vers l’Allemagne. Après des adieux difficiles, la traversée du « no man’s land » qui sépare la partie occupée de Hrasnica est un échec dramatique : Adis, Marko et le chien qui les avait suivis sont abattus. La mort dans l’âme, Kerim, accompagné d’Hamza, enterre son frère.

Distribution

Hamza
C’est un poète alcoolique qui manifeste une sorte de laisser-aller moral face à une situation qui l’atterre. Son état atteint même à la clochardisation. Mais, en dépit de ses visions suicidaires qui martèle l’idée d’une poésie sacrifiée (perte de l’inspiration), il recouvre peu à peu le goût de la vie après sa rencontre avec les deux enfants. Figure tutélaire par excellence, il redevient le « père » protecteur, soucieux de la santé morale et physique de ses protégés. Éminemment bon, il n’hésitera pas à risquer à plusieurs reprises sa vie pour eux.

Adis
Les deux orphelins bosniaques sont le symbole de l’absurdité d’un conflit aveugle. Parfaitement complémentaires, les deux frères sont traités de manière différente. L’un, Adis (7 ans), joueur, rieur, est gêné de faire pipi au lit. Il confond « opus » et « obus » et traduit le langage gestuel de son frère sourd-muet. Vraiment extraverti, il se réjouit de pouvoir commencer son éducation sexuelle grâce à la fille de Marko. Il paiera de sa jeune personne cette guerre qu’il ne comprend pas.

Kerim
Plus âgé (9 ans), sourd-muet, il ne communique que par gestes. Son mutisme fonctionne à la manière d’une contestation silencieuse. Enfermé dans son monde silencieux, son instinct semble mieux développé, ce qui lui permet d’entretenir des rapports privilégiés avec les animaux. Sa manière de pêcher en est une caractéristique.

Gospoda
Épouse d’Hamza, elle ne supporte plus la vie à Sarajevo et « disparaît » très vite avec sa fille. Pourtant, elle reste présente à l’esprit d’Hamza comme à l’écran. Ses fréquentes « apparitions » aident Hamza à mieux gérer sa vie. Sa forte personnalité fonctionne littéralement comme un garde-fou.

Miranda
Comme sa mère, elle occupe vivement l’esprit de son père. Leur amour réciproque est très fort, et sa présence-absence apparaît comme un rappel constant à la vie.

Marko
Serbe de Bosnie et père d’une petite fille approximativement de l’âge de Kerim, il est le meilleur ami d’Hamza.

Ivana
C’est la fille de Marko. Enfant de la ville, elle est plus délurée que les deux garçons avec lesquels elle se lie très rapidement. Malicieuse, elle sait comment les acteurs font pour s’embrasser au cinéma et connaît l’exercice de la bille dans la tasse qui permet de s’y entraîner…

Générique

Production Sylvain Bursztejn, Dokument Sarajevo (Bosnie), Parnasse International (France), La Sept-Cinéma (France)
Scénario Ademir Kenovic et Abdulah Sidran (avec la participation de Pjer Zalica)
Réalisation Ademir Kenovic
Image Milenko Uherka
Son David Baksht
Décors Kemal Hrustanovic
Costumes Sanja Dzeba
Maquillage Halid Redzebasic
Montage Christel Tanovic

Interprétation
Hamza / Mustafa Nadarevic
Adis / Almedin Leleta
Kerim / Almir Podgorica
Marko / Josip Pejakovic
Gospoda / Jasna Diklic
Miranda / Mirela Lambic
Gordana / Amina Begovic
Ivana / Sultana Omerbegovic
Asaf / Zaim Muzaferija
La mère d’Hamza / Mira Avram
Le fossoyeur / Bozidar Bunjevac
Staka / Admir Glamocak
Baka / Inès Fancovic

Film : 35 mm, couleurs
Format : 1/1,85
Durée : 1h48
N° de visa : 86 601
Distribution : Les Films du Losange
Sortie en France : 10 septembre 1997

Autour du film

Ce conte de la folie ordinaire, est un film politique mais jamais partisan, le film s’attelle à montrer la vie quotidienne d’une communauté d’hommes, violentée par la guerre. C’est de l’intérieur, du côté des victimes innocentes que Kenovic nous propose de voir la guerre. Son idée : « Écrire le feu depuis le milieu du feu, en évitant les clichés ». Et, il n’existe que deux alternatives face à la violence aveugle (que l’on doit ici prendre au pied de la lettre à cause des snipers) : le suicide ou le refuge dans l’imaginaire. Le poète Hamza rassure un moment les enfants en leur disant : « Un rêve ne doit pas te faire peur. Il ne peut être pire que la réalité ».

Mais Hamza le nihiliste retrouve peu à peu des raisons de vivre, en aidant ces deux gamins séparés à jamais de leurs parents. L’espoir de vie qui va les faire courir à travers une ville piégée sera jalonné de lyrisme et d’humour, à chaque fois sanctionné par un rappel à l’ordre, c’est-à-dire au désordre de la guerre.

Le film s’appuie sur un sentiment d’angoisse permanent vécu par les habitants de Sarajevo. Sentiment d’insécurité qui connut son point culminant lors de l’explosion d’un obus en plein marché qui fit 66 morts le 05/02/94. La menace qui pèse sur la ville comme une chape de plomb est régulièrement signalée par des sirènes, des maisons incendiées et des explosions d’obus. La fuite rendue quasi impossible par le verrouillage total de la ville conduit bien souvent à la folie. Les forces des Nations Unies et de l’OTAN, garantes de la protection civile, ne font qu’une brève apparition dans le paysage sarajevien. On en parle, on ne les voit quasiment pas. Rendues presque invisibles, elles n’existent pas à l’écran, manière subtile de dire leur inefficacité. Tout au long de son film, Kenovic semble se (nous) demander insidieusement ce que signifie l’expression « organisation internationale » dans un tel chaos ?
Sur les décombres encore fumantes de la ville, Kenovic transforme le présent récent en passé. Cette manière d’exorciser une douleur encore profonde en la revivant est marquée par une couleur historique et psychologique qui dépose son empreinte d’authenticité.
Plus qu’un document de guerre, Le Cercle parfait est d’abord l’exploration de l’âme humaine. « Je n’ai jamais dit que je ferais un film sur la guerre même si elle est présente. Ce n’était pas une guerre civile mais une guerre contre les civils qui étaient tués par des assassins. J’ai donc raconté une histoire sur des hommes qui dans des conditions anormales, tentent de mener une vie aussi normale que possible. »
Philippe Leclercq

Autres points de vue

À la croisée du politique et du cinéma
« Cette remarquable fiction-documentaire tire sa force et sa beauté du fait que Kenovic a su traiter en termes éminemment cinématographiques le douloureux problème politique et humain d’une ville assiégée au cœur d’un pays en proie à une guerre civile.
Dès les premières images, il affirme son parti pris de metteur en scène, donnant la clef esthétique de son film : un travelling latéral sur des lambeaux de tissus tendus, sortes de « caches » qui obstruent en partie l’écran, mettant les habitants de Sarajevo à l’abri du regard des snipers qui dominent la ville. Le hors-champ devient dès lors la figure métaphorique du danger omniprésent, et le champ, l’espace impossible dans lequel seul l’imaginaire peut constituer un improbable contrechamp. À partir de cette problématique essentiellement visuelle, Kenovic peut aborder légitimement les aspects tant politiques (Qui voit qui ? Qui domine qui ?) qu’humains (comment survivre dans un tel espace ?) »
Jacques Petat, » in Collège au cinéma ».

Un film admirable
« Ovationné au dernier festival de Cannes, Le Cercle parfait est moins un film sur Sarajevo qu’un film de Sarajevo. Un film sans coupables, sans bourreaux, sans ennemis, avec seulement des êtres qui ne savent même plus pourquoi ils s’efforcent si désespérément de survivre, eux qui ont renoncé à seulement vouloir comprendre. Ce qui suffirait à justifier qu’on s’y intéresse. Mais il est beaucoup plus que cela, dépassant la tragédie qui l’a inspiré, éclairant le chaos d’une lueur aveuglante. Parce qu’Ademir Kenovic s’impose comme un grand cinéaste, que ses acteurs sont inoubliables et que Le Cercle parfait vous prend aux tripes dès la première image, sans excès ni effets, pour ne plus vous lâcher. »
Pascal Mérigeau, »in Le Nouvel Observateur« , 4-10 septembre 1997.

La spirale de la folie
« La grande réussite du film tient à la manière sèche, comme évidente – de cette évidence dont semblent assurés les insensés –, dont le film mélange tragédie collective et petits drames personnels, situations réelles et rêvées, événements spectaculaires et chronique quotidienne du siège, susceptible de dériver à tout instant en délire collectif. Les fantômes, les visions hantent le film, ils ont un statut aussi trivial que les plus humbles soucis matériels […]

Tout cela sans un gramme de pathos, dans l’enchaînement simple des jours, aux côtés d’une poignée de protagonistes venus là, sur l’écran, sans tambour ni trompette, dire à mi-voix qu’il est encore arrivé un drôle de truc à l’espèce humaine, quelque part dans le sud de l’Europe à la fin du XXe siècle. »
Jean-Michel Frodon, »in Le Monde« , 11 septembre 1997.

Pistes de travail

  • La représentation de la guerre

    – S’interroger sur les raisons de « faire » la guerre au cinéma (Est-ce une arme ? De l’information ? Un goût pour l’émotion facile ?) et faire remarquer que l’objectif (de la caméra) est d’abord un regard subjectif soulevant le problème de la propagande.

    – Réfléchir sur les problèmes d’ordre idéologique, éthique et esthétique que pose la mise en scène d’une guerre (G.W. Pabst, l’auteur de Quatre de l’infanterie, disait qu’il ne pouvait y avoir de « beaux » films de guerre !). En prenant d’autres films sur le même sujet, relever les différences d’approche.

    – Loin de toute démarche démonstrative, montrer que le film de Kenovic cherche plus à traduire un dérèglement moral et psychologique qu’une souffrance physique.

    – S’interroger sur le problème des points de vue (Noter que la particularité du film tient à l’originalité d’une guerre sans ennemi, absent presque totalement de l’écran mais qu’une peur ambiante signale à tout moment).

    – Expliquer que le film en réactualisant un passé récent tente un geste d’exorcisme (cf. la mise en abyme du film de Charlie Chaplin).

  • La guerre au quotidien
    – Étudier l’organisation de la solidarité ainsi que l’émergence des conflits internes (cf. séquences du ravitaillement en eau potable et de l’arbre).

    – En même temps que l’imaginaire et la poésie sont des moyens d’échapper à une réalité difficile, les sentiments d’amour entre les êtres constituent une force de résistance au désespoir. Attirer l’attention sur l’évolution des relations entre et les enfants et remarquer combien la cellule familiale, en partie reconstruite, permet aux trois personnages de survivre.

  • Du documentaire à la fiction : un documentaire-fiction ?

    – Après avoir défini les enjeux du documentaire et établi la distinction entre documentaire et fiction, rechercher les indices physiques du film qui s’apparentent à chacun des deux genres. Montrer combien l’espace imaginaire et poétique déréalise l’action. Pour ce faire, souligner toute la subtilité et l’efficacité discrète de la mise en scène.

    – Face aux images-télé qui donnent une fallacieuse illusion de réalité, la mise en scène fictionnelle n’est-elle pas en mesure de révéler davantage ce que la « réalité » s’évertue à refouler ?

    Mise à jour:16-06-04

  • Expériences

    C’est à partir de la Première Guerre mondiale que la guerre a réellement donné lieu à un genre cinématographique, surtout aux États-Unis, avec une évolution progressive (de Intolérance de David Ward Griffith en 1915, à La Petite Américaine de Cecil B. DeMille, en 1917, décrivant l’inhumanité des soldats du Kaiser, et à Cœurs du monde, de Griffith, tourné avec Lilian Gish en partie en France et en Belgique alors que les combats n’avaient pas cessé).

    Jusqu’en 1939, le cinéma de guerre, surtout américains, met en scène des individus pris dans l’anonymat des foules indistinctes, comme le chef-d’œuvre de King Vidor, La Grande Parade (1925). Le parodique Charlot soldat (Charlie Chaplin, 1918), Quatre de l’infanterie (de l’Allemand Georg Wilhelm Pabst, 1930) ou Okraïna (du soviétique Boris Barnet, 1933) s’attachent également à décrire les conditions de vie difficiles des soldats au front.

    La Deuxième Guerre mondiale réactive le genre qui va se concentrer davantage sur l’individu : Aventures en Birmanie de Raoul Walsh (1945). Fuller, plus lyrique, reste néanmoins attaché à la vérité prosaïque des faits et à l’exigence du point de vue : Les maraudeurs attaquent (1962).
    La période Fuller-Walsh s’achève après le conflit du Viêt-nam ainsi qu’avec des films comme Full Metal Jacket de Stanley Kubrick (1987).
    Le cinéma hollywoodien nous dit que la souffrance est le prix à payer pour « grandir ». Et souvent, comme dans Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978), l’épreuve se transforme en une immersion totale dans l’horreur, une sorte de sadisme mélodramatique filmé avec éclat. De son côté, Francis Ford Coppola, avec Apocalypse Now (1979), mène une passionnante réflexion sur les rapports de la guerre et du spectacle…

    Le cinéma français, quant à lui, exploite d’autres champs comme la marge (Un Taxi pour Tobrouk, Denys de La Patellière, 1960), l’attente ou l’incertitude (Week-end à Zuydcoote, Henri Verneuil, 1964), et, après la Résistance, l’Occupation et la collaboration, de la Bataille du rail (René Clément, 1945) à Lucie Aubrac (Claude Berri, 1997) en passant par Lacombe Lucien (Louis Malle, 1974)…

    La guerre yougoslave a suscité une dizaine de réalisations. Le Regard d’Ulysse (Theo Angelopoulos, 1995), Lettre pour L… (Romain Goupil, 1994) et Veillées d’armes (Marcel Ophuls, 1994) sont conçus comme des films d’errance aboutissant tous à Sarajevo pour en montrer les blessures. Territoire commanche (Gerardo Herrero, 1997) et Welcome to Sarajevo (Michael Winterbottom, 1997) mettent en scène des reporters à la recherche d’images-chocs et aboutissent à une réflexion sur la manipulation des images.
    Film partisan qui a pour projet louable de dénoncer l’horreur du conflit, Bosna ! de Bernard-Henri Lévy (1994) utilise une collection d’images d’archives (la plupart du temps insoutenables) à laquelle se superpose un texte écrit et récité par lui-même. Effets de montage, raccourcis dangereux, style pompeux, le projet finit par exaspérer en voulant frapper très fort.
    À l’opposé, For ever Mozart de Jean-Luc Godard (1996) apparaît comme un kaléidoscope d’images cherchant à montrer que la représentation contemporaine de la guerre au cinéma est brouillée d’interférences. Le souci de la véracité de la représentation devient alors celui de la créativité dans laquelle se télescopent les sons et les images. Seule importe ici la réalité de l’image en tant que support de réflexion.
    Underground d’Emir Kusturica (1995) décrit, avec une certaine exubérance fellinienne, une fresque tragi-comique mettant en scène des personnages enfermés dans une cave pendant plus de 20 ans, à qui l’on fait croire que la Seconde Guerre mondiale n’est pas terminée… Exploitant également le thème de la claustration, Joli village, Jolie flamme, de Srdjan Dragojevic (1996), tout aussi pro-serbe, repose sur la trame classique d’une amitié forte entre un Serbe et un Musulman que la guerre va séparer.
    Sans prendre parti, Kenovic, quant à lui, réalise avec Le Cercle parfait, le premier film bosniaque, et réussit à rendre compte de l’absurdité de cette guerre en conjuguant une véritable réflexion cinématographique avec l’expression d’un authentique poète, Abdulah Sidran.

    Outils

    Bibliographie

    Il était une fois Samuel Fuller, Jean Narboni et Noël Simsolo, Ed. Cahiers du cinéma, 1986.
    "L'esprit d'aventure", Jean-Louis Comolli, Cahiers du cinéma n° 154, 1964.
    Le cinéma de guerre, Patrick Brion, Ed. La Martinière, 1996.
    "Filmer la guerre", catalogue des 7è Rencontres Cinématographiques de Dunkerque, 1993.

    Catalogue de la Rétrospective du cinéma yougoslave, Ed. Centre Georges Pompidou, 1986.

    Balkans Transit, François Maspéro, Ed. du Seuil, 1996.
    La guerre aux civils : Bosnie-Herzégovine 1992-1996, Claire Levy-Vroelant et Isaac Joseph, Ed. L'Harmattan, 1997.

    Vidéographie

    Underground, Emir Kusturica. Distribution ADAV n° 14835
    Apocalypse Now, Francis Ford Coppola. Distribution ADAV n° 4988
    Voyage au bout de l'enfer, Michael Cimino. Distribution ADAV n° 18428
    Full metal jacket, Stanley Kubrick. Distribution ADAV n°10618
    Le maître de guerre, Clint Eastwood. Distribution ADAV n° 1275
    Week-end à Zuydcoote, Henri Verneuil. Distribution ADAV n° 1663
    Lacombe Lucien, Louis Malle. Distribution ADAV n° 2054
    Lucie Aubrac, Claude Berri. Distribution ADAV n° 18324
    Les Carabiniers, Jean-Luc Godard. Distribution ADAV n° 3735