Apprenti (L’)

France (2008)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Documentaire

Archives collège, Collège au cinéma 2010-2011

Synopsis

Mathieu, 15 ans, élève dans un lycée agricole, est apprenti en alternance dans la petite exploitation laitière de Paul, sur les plateaux du haut Doubs. Le fermier accueille le garçon sans chichis, ni chaleur exagérée. Chacun s’observe sans trop parler. Outre l’apprentissage des méthodes de travail de Paul, Mathieu doit s’intégrer, prendre ses marques, trouver sa place. Autour des gestes du travail, des liens se tissent entre les deux hommes. L’adolescent apprend ce qui ne s’apprend pas dans une salle de classe et trouve en la personne du paysan un père de substitution.

Générique

Générique

Réalisation : Samuel Collardey
Scénario : Samuel Collardey et Catherine Paillé
Image : Samuel Collardey et Charles Wilhelem
Son : Vincent Verdoux
Montage : Julien Lacheray
Musique : Vincent Giraud
Production : Grégoire Debailly
Couleurs
Durée : 1h25
Sortie : 3 décembre 2008
Interprétation :
Mathieu / Mathieu Bulle
Paul / Paul Barbier

Autour du film

Ce premier long métrage ne s’éloigne peut-être pas des sentiers battus dans ses thématiques mais son réalisateur montre dans son rapport au réel une finesse qui donne du relief certain à sa chronique d’adolescence provinciale. Ignorant les schémas simplificateurs qui menacent, n’ambitionnent que de jeter sur son sujet un regard aussi délesté d’artefacts que possible, Samuel Collardey signe un film à la sensibilité maîtrisée mais aiguë. Un film de fiction à partir d’une matière documentaire – l’apprentissage d’un jeune en quête de repères auprès d’un exploitant agricole, dans le Haut-Doubs ? Résumé ainsi, le premier long de Collardey paraît porteur d’ambitions qui incitent à une certaine prudence. Inclusion du réel dans un dispositif de fiction, représentation du monde rural comme source d’ouverture à la vie, chronique d’un adolescent mal dans sa peau : une poignée de thématiques qui, dans la fiction française, font souvent un peu office de tarte à la crème source de rabâchage de lieux communs narratifs, beaucoup de chausse-trapes pour le jeune réalisateur. Fausse alerte : dès les premiers plans, Collardey fait signe qu’il n’éprouve aucun complexe de regard vis-à-vis de la matière de son film, plutôt (et c’est la nuance) que d’en mettre en avant l’aspect réaliste et documentaire. D’où le choix de filmer en 35 mm a la manière d’un pur film de fiction : s’il y a bien un dispositif discret, au moins dans la  direction des « acteurs », celui-ci ne pèse jamais sur la forme. Le rapport transparent du réalisateur à l’environnement du film fait également la beauté du film. En quelques scènes, il s’est instaurer la province franc-comtoise, ses paysages entre façades urbaines un rien mornes et campagne boueuse,  et son accent à couper au couteau, en un référentiel évident et familier, désamorçant par avance toutes mise a distance- là où d’autres n’en feraient, consciemment ou non, qu’un milieu teinté d’exotisme propre à dépayser le spectateur citadin.

Benoît Smith, Critikat 2 décembre 2008

Quand on dit à Samuel Collardey que son film brouille les cartes entre documentaire et fiction, celui-ci rétorque : « Ce n’est pas un but, ni une intention, c’est intuitif, c’est ma façon de filmer. Je comprends qu’on se pose la question. Comme spectateur, je suis comme tout le monde : je marche dans les histoires qu’on me raconte même si je sais que c’est de la fiction. Mais quand je fais un film, j’ai du mal à croire aux personnages si c’est moi qui les invente. J’ai besoin de partir du réel. Si j’ai envie de raconter un personnage habité par le manque de père, je cherche dans la réalité une personne qui porte en lui cette question et je m’attache à faire son portrait. Bien sûr, je prends des libertés. Quand un peintre fait un portrait, il prend des libertés avec la couleur ou la perspective. L’important est qu’il vous fasse partager l’émotion qui a été la sienne face à la personne qu’il a eu en face de lui. Kiarostami disait que le cinéma c’est « une suite de petits mensonges pour raconter une grande vérité. »

Propos recueillis par Claire Vassé / Dossier distributeur

« Capter tous les imprévus du réel comme le documentaire, mais avec une photogénie propre à la fiction, tel est mon objectif. Cela vient de mon travail de metteur en scène : je travaille avec des acteurs non professionnels, dans des décors réels et dans des situations qui existent déjà. Et avec des gens qui interprètent leur propre rôle. C’est ainsi que j’arrive à saisir les choses les plus justes. »

Propos recueillis par Sandra Ktourza / www.vousnousils.fr

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