ROZIER Jacques

monteur, réalisateur, scénariste

Biographie

Né le 10 Novembre 1926 à Paris, Jacques Rozier est le fils d’un ingénieur. Il découvre très tôt l’image, ses pouvoirs, sa magie, voit des films italiens et développe ses théories au fil du temps (notamment celle qui consiste à rehausser le statut, le rôle, l’influence des acteurs non professionnels, idée qui lui est chère et à laquelle il restera toujours attaché).

Fin des années 1950, il côtoie les cinéastes de la « Nouvelle Vague » sans pourtant faire partie de la bande des Cahiers du cinéma. Avec Maurice Pialat et Jean Eustache, il fait partie d’un groupe qui fait bande à part et s’impose dans les années 1970 (avec Nous ne vieillerons pas ensemble pour Pialat et La Maman et la putain pour Jean Eustache).

Diplômé de l’I.D.H.E.C. (l’actuelle Fémis) en 1947, Jacques Rozier se fait très vite une réputation dans le monde du court-métrage. En 1955, il réalise son premier court-métrage, Rentrée des classes, rapidement suivie de Blue Jeans, qui dresse un portrait attachant de la jeunesse d’après-guerre. Les deux courts qui suivent en 1963, Paparazzi et Le Parti des choses, reviennent sur le tournage du Mépris, le film mythique de Jean-Luc Godard.

Assistant sur les plateaux de cinéma (notamment sur celui de Jean Renoir pour French Cancan, en 1955), il rentre aux studios de télévision des Buttes-Chaumont. Ce premier emploi l’amène peu à peu à la carrière de réalisateur de documentaires (deux épisodes de Cinéastes de notre temps consacrés à Jean Vigo et à Luis Buñuel et Ni figue ni raisin en 1964 et Dim Dam Dom en 1965). Cette expérience à la télévision est souvent la bienvenue entre deux films, car si ses long-métrages sont souvent couverts de critiques élogieuses, ils sont aussi des échecs financiers. Son apport à la télévision est important et se vérifie à travers la diversité de ces contributions (clips vidéo, publicités, documentaires, portraits, etc.)

François Truffaut l’exhorte à passer au long-métrage, et Jean-Luc Godard le présente à George de Beauregard, lequel lui fait signer un contrat en Mars 1960 pour une comédie musicale baptisée Embrassez-nous ce soir. Ce sera finalement Adieu Philippine, soit une comédie dramatique à défaut d’être musicale et produite finalement par Alain Raygot et non plus par Georges de Beauregard. Chronique douce-amère de la jeunesse française, ayant pour toile de fond la guerre d’Algérie, le film ne sort qu’en 1963, une fois la guerre finie. Le cinéaste reçoit un accueil critique très favorable et le film devient l’un des films phares de la « Nouvelle Vague ». François Truffaut et Jean-Luc Godard prennent publiquement sa défense.

Très injustement Jacques Rozier doit attendre 1969 pour pouvoir tourner son second film. Du côté d’Orouët, qui n’est distribué qu’en 1973, passe inaperçu aux yeux d’une époque devenue plus « sérieuse », plus sensible aux grands sujets et beaucoup moins aux  récits privilégiant les flirts et les bisbilles de trois jeunes femmes en vacances en Vendée.

En 1974, Jacques Rozier fait appel à Pierre Richard pour interpréter Les Naufragés de l’île de la Tortue. On y retrouve certains thèmes d’Adieu Philippine : un humour au bord du cynisme et un penchant pour les climats oniriques.

Maine-Océan (1985) – Prix Jean Vigo en 1986 –, est l’occasion pour le cinéaste de réunir plusieurs acteurs (Bernard Menez, Luis Rego, Yves Alfonso) dans un étrange voyage en train, filmé en temps réel, où les rencontres fortuites et les problèmes de communication viennent innerver le récit.

En 1997, l’ensemble de son œuvre cinématographique est distingué par le prix « René Clair ».

En 2001, le réalisateur présente à la Mostra de Venise Fifi Martingale, une comédie se déroulant dans le casino d’Enghien-les-Bains, où Jean Lefebvre, Yves Alfonso, Alexandra Stewart et Jacques François se donnent la réplique.

En 2006, Jacques Rozier préparait Le Perroquet bleu, tourné en Provence avec Rosette, Jean-Paul Bonnaire et Simon Doniol-Valcroze dans les rôles titres…

Informations glanées sur le site Web www.cineclubdecaen.com

Filmographie

Cinéma

 

Longs-métrages

 

  • 2001 Fifi Martingale, 127 min. / coul.
  • 1985 Maine-Océan, 131 min. / coul.
  • 1976 Les Naufragés de l’île de la tortue, 140 min. / coul.
  • 1973 Du côté d’Orouët, 150 min. / coul.
  • 1961 Adieu Philippine, 103 min. / n&b.

 

Courts-métrages

 

  • 1966 Roméos et jupettes, 11 min. / n&b.
  • 1963 Paparazzi, 22 min. / n&b.
  • 1963 Le Parti des choses Bardot / Godard, 8 min. / n&b.
  • 1962 Dans le vent, 8 min. / n&b.
  • 1958 Blue Jeans, 22 min. / n&b.
  • 1956 Rentrée des classes, 24 min. / n&b.

 

Télévision

 

  • 1995 Comment devenir cinéaste sans se prendre la tête, 17 min. / coul.
  • 1992 Revenez plaisirs d'exilés ! (Alceste) / coul.
  • 1990 Joséphine en tournée, 4 épisodes de 50 min. / coul.
  • 1989 L'Opéra du Roi / coul.
  • 1984 Oh, oh, oh, jolie tournée ! (clip vidéo) / coul.
  • 1983 Lettre de la Sierra Morena / Lettre d’un cinéaste, 20 min. / coul.
  • 1983 Les "Estivants" de Gorki à la Comédie française (pour l’émission Plaisir du théâtre n° 4), 50 min. / coul.
  • 1979 La Casa de Pepe Tortilla / coul.
  • 1978 Marketing Mix, 17 min. / coul.
  • 1975 Nono Nénesse (coréalisé avec Pascal Thomas), 36 min. / coul.
  • 1972 Vive le cinéma / Jeanne Moreau, 50 min. / n&b.
  • 1972 Film Publicitaire Lesieur, 1 min. / coul.
  • 1972 Film Publicitaire Zip Inox, 1 min. / coul.
  • 1968 Gérard Souzay, 68 min. / coul.
  • 1967 Dim Dam Dom n° 26, 60 min. / n&b.
  • 1965 Ni figue ni raisin (de Corinthe) n° 8, 61 min. / n&b.
  • 1965 Ni figue ni raisin n° 5, 46 min. / n&b.
  • 1964 Cinéastes de notre temps Jean Vigo, 90 min. / n&b.

 

Autour de Jacques Rozier

 

  • 2001 Rencontre avec Jacques Rozier, de Christian Argentino,  57 min. / coul.
  • 1986 Jacques Rozier interview express, de Guy Girard et Serge Le Péron, coul.
  • 1972 Vive le cinéma François Truffaut, de André Labarthe, n&b.
  • 1975 Ciné 3, émission de Philippe Collin, (4 octobre 1975), coul.

 

Mise à jour le 2 juin 2009

Outils

Films
dans le catalogue Images de la culture

Rencontre avec Jacques Rozier de Christian Argentino

Ouvrages :

  • – Jean Collet, Le cinéma en question : Rozier, Chabrol, Rivette, Truffaut, Demy, Rohmer, Editions du Cerf, Paris, 1972.
  • – Emmanuel Burdeau (sous la direction de), Jacques Rozier, le funambule, Editions des Cahiers du cinéma / Centre Pompidou, Paris, 2001, 160 pages.
  • Etudes sur le cinéma de Jacques Rozier et entretiens avec le cinéaste. Iconographie et filmographie.

 

Articles et études sur Jacques Rozier :

  • – Georges de Beauregard et Carlo Ponti, « Un jeune réalisateur : Jacques Rozier », in Visages du Cinéma Français n° 214, 01 Décembre 1961, p. 241.
  • – Emilie Breton, « Jacques Rozier, le maître du temps », in catalogue du Festival du Film de la Rochelle, 1996.
  • – Gilles Delavaud, « Cinéastes ralentir : Les trop longs silences de Jacques Rozier », in Cahiers du cinéma n° 315, septembre 1980.
  • – Hervé Le Roux, « Mascaret », in Cahiers du cinéma, n° 382, avril 1986.
  • – Jacques Mandelbaun, « L’inflexible douceur de Jacques Rozier », in Le Monde, 02 et 03 Septembre 2001.
  • – Jean-Baptiste Morain, « A l’ombre d’un Rozier en fleurs », in Les Inrockuptibles, n° 77, 30 Octobre 1996.
  • – Didier Péron, « Rozier sauvage », in Libération, 30 Octobre 1996.
  • – Jean-François Rauger, « La cruelle gaieté d'un réalisateur de la nouvelle vague », in Le Monde, 31 Octobre 1998.
  • – Alain Riou, « Un bouquet pour Rozier », in Nouvel observateur, Octobre 1996.
  • – Marie-Noëlle Tranchant, « Rozier le buissonnier », in Le Figaro, 10 Août 2000.
  • – Edouard Waintrop, « Vaudeville à la Rozier », in Libération, 23 et 24 Mai 1998.

 

 

Entretiens avec Jacques Rozier :

  • – Antoine de Baecque, « Rozier tous azimuts », in Libération, 02 Novembre 2001.
  • – Frédéric Bonnaud, « Quelqu’un qui fout la trouille – l’entretien des Inrocks », in Les Inrockuptibles, n° 66, 24 Juillet 1996.
  • – Marc Chevrie et Hervé Le Roux, « L’île au trésor : entretien avec Jacques Rozier », in in Cahiers du cinéma, n° 382, avril 1986.
  • – Jean Néry, « Dans cinq ans, tout aura changé », in Le Matin, 02 et 03 Septembre 1978.
  • – Philippe Piazzo, « En balade avec Rozier », in Télérama, n° 2321, 06 Juillet 1994.

 

 

Sur le Web, à propos de Jacques Rozier :

 

En DVD :

 

Coffret contenant 5 DVD, soit deux courts métrages, Rentrée des classes et Blue Jeans et les quatre longs métrages du cinéaste : Adieu Philippine, Du côté d'Orouët, Les Naufragés de l'île de la tortue et Maine-Océan.

Suppléments :

  • Entretien avec Jean Douchet (2001, 18 min.).
  • Entretien avec Jean-François Stevenin (2008, 20 min.).
  • Supplément au voyage en terre « philippine » par Jacques Rozier (12 min.).
  • Bande annonce d’Adieu Philippine avec François Truffaut.
  • Jean-François Stévenin à propos de Du côté d'Orouët (8 min.).
  • Entretien avec Jacques Villeret (7 min.).
  • Entretien avec Bernard Menez (20 min.).

Descriptif complet du coffret