ROWLAND Roy

assistant-réalisateur, producteur, réalisateur, scénariste

Biographie

(1910-1995)

Né le 31 Décembre 1910 à  New York, Roy Rowland a fait des études de droit avant d’entrer dans le cinéma par la petite porte au début des années 30. Il devient vite assistant-réalisateur et travaille notamment avec W. S. Van Dyke surTarzan, l’homme-singe, le premier d’une longue série de films qui devait rendre célèbre l’acteur Johnny Weissmuller. Engagé par la Metro-Goldwyn-Mayer pour réaliser des courts métrages, il participe aux séries du studio, telles que Crime doesn’t pay (Le crime ne paie pas), et réalise son premier long métrage en 1943.

Dans Lost Angel (1943), il dirige déjà , comme dans le Dr T, une actrice enfant – la très populaire Margaret O’Brien, merveilleuse Tootie Smith dans Le Chant du Missouri de Vincente Minnelli. Rowland la retrouvera en 1945 dans Our Vines Have Tender Grapes, une chronique provinciale qui dépeint la vie d’une famille dans le Wisconsin. Le scénariste de ce film, Dalton Trumbo, devait figurer sur les  » listes noires  » lorsque, peu de temps après, la  » Chasse aux Sorcières  » fit rage à  Hollywood.

Rowland, après ces débuts, fait une solide carrière de réalisateur polyvalent dans les studios hollywoodiens. Certes, ce n’est pas un  » auteur  » au sens où l’on a appliqué ce terme aux grands cinéastes américains, ceux qui s’attachaient à  construire, de film en film, un univers, un style, une mise en scène. N’oublions pas cependant que la puissance du cinéma américain pendant ce qu’on appelle  » l’âge d’or des studios  » (approximativement de 1930 à  1960) n’a pas reposé que sur les Lubitsch, Hawks, Ford, Hitchcock, et autres génies, mais aussi sur des troupes de techniciens au talent moins éclatant, mais pourtant compétents, travailleurs et efficaces. Beaucoup d’entre eux ont été pour ainsi dire élevés au sein des grandes compagnies de cinéma, où ils ont tout appris, auxquelles ils doivent tout, et au service desquelles, logiquement, ils vouèrent leur carrière et leur vie. Rowland fait partie de ces professionnels actifs et consciencieux, qui étaient sans doute les mieux adaptés au rythme de production industrielle des films à  Hollywood.

Ce rythme était favorisé par le cloisonnement de la production en genres cinématographiques. Rowland a, comme ses semblables, beaucoup oeuvré dans des genres qui étaient alors à  leur zénith : le policier et la comédie musicale. Tout d »ord le film policier ou  » film noir « , avec La Scène du crime (Scene of the Crime, 1949) et Sur la trace du crime (Rogue Cop, 1954), un film assez audacieux dans son ton et son sujet, qui met en scène un policier travaillant pour la pègre, et traquant le meurtrier de son frère. Rowland reviendra au  » polar  » à  la fin de sa carrière, en Angleterre, où il mettra en scène Solo pour une blonde (The Girl Hunters, 1963), une adaptation d’un roman de Mickey Spillane ( » En quatrième vitesse « ) qui joue lui-même le rôle de son personnage, le détective Mike Hammer.

Côté comédie musicale, Rowland tourna pour la MGM des films typiques de la vogue du moment : La Fille de l’amiral (Hit the Deck, 1955) est une comédie de  » marins  » assez réussie qui reprend le filon d’Un jour à  New York. Viva Las Vegas (Meet Me in Las Vegas, 1956) utilise les exceptionnels talents de danseuse de Cyd Charisse qui fit les beaux jours du  » musical  » Metro avec Tous en scène, La Belle de Moscou, ou Brigadoon.

Le western, né pour ainsi dire en même temps que le cinéma américain, connut aussi une période particulièrement faste dans les années 50 ; l’écran large et le Technicolor firent éclater les grands espaces ; classique ou anticonformiste, le western, de Johnny Guitar à  La Prisonnière du désert, devient un lieu d’expression pour tous les cinéastes et un passage obligé pour les réalisateurs de genre. Rowland y contribue avec des films dont les titres français soulignent le romanesque : Le Convoi maudit (The Outriders, 1950), L’Aventure fantastique (Many Rivers to Cross, 1955), Terreur dans la vallée (Gun Glory, 1957).

D’une filmographie abondante, on le voit, aucun autre titre ne se détache aussi vivement que Les 5 000 doigts du Dr T. C’est que ce film est une surprise comme en réservaient parfois ces carrières de réalisateurs un peu anonymes. Tout à  coup, la conjonction de certains paramètres donne un résultat inattendu : ici, l’ambition du producteur Stanley Kramer, le scénario du Dr Seuss, le travail artistique exceptionnel, là¯fort porté sur la création d’une atmosphère fantastique et onirique. Le Dr T est moins un film de réalisateur qu’un film de producteur, de scénariste et de studio. Ce qui confirme qu’à  Hollywood, encore plus qu’ailleurs, un film ne reflète pas le talent d’un seul homme, mais celui de l’institution hollywoodienne tout entière. Roy Rowland est décédé le 29 juin 1995.

Filmographie

  • 1943 A Stranger in the Town
  • 1943 Lost Angel (L'Ange perdu)
  • 1945 Our Vines Have Tender Grapes
  • 1946 Boys Ranch
  • 1947 Killer McCoy (Mac Coy aux poings d'or)
  • 1947 The Romance of Rosy Ridge
  • 1948 Tenth Avenue Angel
  • 1949 Scene of the Crime (La Scène du crime)
  • 1950 The Outriders (Le Convoi maudit)
  • 1950 Two Weeks With Love (Heures tendres)
  • 1951 Excuse my Dust (Un Fou au volant)
  • 1952 Buggies in the Afternoon (Les Clairons sonnent la charge)
  • 1953 The 5 000 Fingers of Dr. T. (Les 5 000 doigts du Dr. T.)
  • 1953 Affair with a Stranger
  • 1953 The Moonlighter
  • 1954 Witness to Murder (Témoin de ce meutre)
  • 1954 Rogue Cop (Sur la trace du crime)
  • 1955 Many Rivers to Cross (L'Aventure fantastique)
  • 1955 Hit the Deck (La Fille de l'amiral)
  • 1956 Meet me in Las Vegas (Viva Las Vegas)
  • 1956 These Wilder Years
  • 1956 Slander
  • 1957 Gun Glory (Terreur dans la vallée)
  • 1958 The Seven Hills of Rome (Les Sept Collines de Rome)
  • 1963 The Girl Hunters (Solo pour une blonde)
  • 1965 Gunfighters of the Casa Grande (Les Hors-la-loi de Casa Grande)
  • 1966 Sie Nannten Ihn Gringo
  • 1967 The Sea Pirate

    Mise à jour le 19 mai 2009