RESNAIS Alain

réalisateur

Biographie

(1922-2014)

Né le 3 juin 1922 à  Vannes dans le Morbihan, Alain Resnais réalise dès l’adolescence des films 8 mm. Il entre au cours Simon en 1940 et à  l’IDHEC en 1943 dans la section  » montage « , mais quittera l’école au bout d’une année. En 1946, il sera assistant monteur sur le film Paris 1900 de Pierre Braunberger et Nicole Védrès. La rencontre avec le producteur Pierre Braunberger va le conduire à  réaliser ses premiers films  » professionnels  » (il a réalisé auparavant quelques films en 16 mm dont Schéma d’une identification avec Gérard Philippe).
Ce sont des documentaires sur la peinture Van Gogh (1948), il existe une première version en 16 mm qui déterminera Braunberger à  enjoindre Resnais de tourner en 35 mm), Gauguin et Guernica (1950). Braunberger commandera d’autres films à  Resnais (Toute la mémoire du monde, 1956 et Le chant du styrène, 1958). En 1953 la revue Présence africaine produit le film Les statues meurent aussi qu’il coréalise avec Chris Marker (le film sera interdit jusqu’en 1965). Il retrouvera ce dernier pour Le mystère de l’atelier quinze en 1957. Les deux hommes vont nouer une relation d’amitié et de travail. Le producteur Anatole Dauman dont la société Argos Films se fait remarquer dans les années cinquante par sa production importante de courts métrages découvre le travail de Resnais et souhaite immédiatement le faire travailler. Ils feront ensemble Nuit et brouillard (1955), Hiroshima mon amour (1959), Muriel ou le temps d’un retour (1963) et Dauman sera en participation minoritaire sur L’année dernière à  Marienbad (1961) et Je t’aime, je t’aime (1968). Ces deux aventuriers producteurs ont révélé au cinéma ce jeune homme passionné de photographie et de bande dessinée (son projet inabouti d’adaptation d’Harry Dickson avec Dauman fera dire à  Henri Langlois  » Ce film dont il est évident aujourd’hui qu’il aurait infléchi le destin du cinéma français (’85). « ). Cette présence de la bande dessinée se trouve dès le court métrage Toute la mémoire du monde où Resnais fait entrer et filme malicieusement sa collection personnelle d’Harry Dickson.
Deux expressions peuvent nous aider à  approcher la touche Resnais :  » compositeur de films  » et  » chef d’atelier  » (respectivement dues à  Thierry Jousse et François Thomas).
La grande force du cinéma de Resnais c’est d’avoir construit un style singulier et personnel de mise en scène, en travaillant le scénario avec des écrivains (Jean Cayrol, Remo Forlani, Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, Jorge Semprun, Jacques Sternberg,), des auteurs dramatiques et scénaristes (David Mercer pour Providence en 1977, scénariste également du Family life de Ken Loach en 1971, Jules Feiffer pour I Want to Go Home en 1989, connu aussi pour son travail de cartooniste et son adaptation de  » Popeye  » en 1980 pour Robert Altman), des scénaristes (trois films avec Jean Gruault compagnon de route de François Truffaut, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri qui seront aussi ces acteurs sur On conna’eet la chanson) ou en adaptant des pièces (Mélo adapté de Henry Bernstein et Smoking / No Smoking de huit pièces d’Alan Ayckbourn) ou des opérettes (Pas sur la bouche est adapté de l’opérette de Maurice Yvain et André Barde créée en 1925). Ces associations ont donné un itinéraire très éclectique à  l’oeuvre de Resnais ; de la matière plastique aux statues africaines, de la guerre aux affaires politiques, de la blessure intime à  la bande dessinée, du documentaire à  la comédie musicale, les films de Resnais ont pourtant une structure qui caractérise son travail d’assemblage et de montage : une déconstruction du chronologique, un travail de dislocation du récit.

 » Je souhaite approcher par le film la complexité de la pensée, son mécanisme interne. Dès qu’on descend dans l’inconscient, l’émotion na’eet. Et le cinéma ne devrait être qu’un montage d’émotions. «  Alain Resnais

Il décède à Paris le 1er mars 2014.

Filmographie

  • 1946 Schéma d'une identification
  • 1946 Ouvert pour cause d'inventaire
  • 1947 Visite à Lucien Coutaud, Visite à Félix Labisse, Visite à Hans Hartung, Visite à César Domela, Visite à Oscar Dominguez, Portrait d'Henri Goetz, Journée naturelle, Van Gogh (première version), L'alcool tue, Le lait Netslé
  • 1948 Les jardins de Paris, Versailles, Van Gogh
  • 1950 Guernica, Gauguin
  • 1953 Les statues meurent aussi (coréalisation : Chris Marker)
  • 1955 Nuit et brouillard
  • 1956 Toute la mémoire du monde
  • 1957 Le mystère de l'atelier quinze
    (coréalisation : Chris Marker, André Heinrich)
  • 1958 Le chant du styrène
  • 1959 Hiroshima mon amour
  • 1961 L'année dernière à Marienbad
  • 1963 Muriel ou le temps d'un retour
  • 1966 La guerre est finie
  • 1967 Loin du Vietnam (film collectif avec Chris Marker, Jean-Luc Godard, Agnès Varda, William Klein, Joris Ivens, Claude Lelouch)
  • 1968 Je t'aime, je t'aime
  • 1974 Stavisky
  • 1977 Providence
  • 1980 Mon oncle d'Amérique
  • 1983 La vie est un roman
  • 1984 L'amour à mort
  • 1986 Mélo
  • 1989 I Want to Go Home
  • 1992 Gershwin
  • 1993 Smoking / No Smoking
  • 1997 On connait la chanson
  • 2003 Pas sur la bouche
  • 2006 Coeurs
  • 2009 Les herbes folles
  • 2011 Vous n'avez encore rien vu
  •  2014 Aimer, boire et chanter

Fiche réalisée par Yann Goupil

Mise à jour le 24 octobre 2014

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