RAY Nicholas

acteur, réalisateur, scénariste

Biographie

(1911-1979)

Raymond Nicholas Kienzle, dit Nicholas Ray est né à  Galesville dans le Wisconsin au sein d’une famille d’origine allemande catholique et norvégienne. La mort de son père, alors qu’il n’a que seize ans, en fait un chef de famille. Il conna’eet alors la pauvreté et obtient une bourse pour poursuivre des études.

En 1933, il entre dans l’université privée du grand architecte Frank Lloyd Wright. Puis se lie d’amitié avec Elia Kazan qui le prend comme assistant, en 1944, sur Le Lys de Brooklin. Nicholas Ray travaille ensuite comme scénariste et participe à  un documentaire militant de John Berry : Tuesday in November.

Son premier film, en 1948, Les Amants de la nuit est une histoire d’amour entre deux jeunes délinquants. Très admiré par les jeunes de la Nouvelle Vague française, il contient tous les thèmes que Nicholas Ray développera par la suite : errance, rébellion, délinquance, jeunesse bafouée…

L’année suivante, la star Humphrey Bogart l’engage pour réaliser sa première production indépendante : Les Ruelles du malheur. Dans cette histoire de délinquance juvénile dans les bas quartiers d’une ville, il met en lumière les rapports entre un jeune voyou et un homme mur qui devient pour lui la figure du père. Ce sera un thème récurrent dans son oeuvre.

Il retrouve Bogart dans Le Violent, en 1950, un film important imprégné d’un romantisme noir. Puis, sur un film de guerre, Les Diables de Guadalcanal , il fait la connaissance de Robert Mitchum avec lequel il tourne Les Indomptables, une histoire de triangle amoureux dans le milieu des rodéos qui s’avère une oeuvre personnelle sur la marginalité, la nostalgie, la violence et la quête d’identité.

En 1953, son contrat avec la RKO s’achève. Il tourne alors avec Joan Crawford, pour un petit studio, un western lyrique et flamboyant : Johnny Guitar. Il s’y impose comme un des plus étranges réalisateurs de la modernité.
Après un autre western avec James Cagney, à  l’Ombre des potences, c’est la réalisation de La Fureur de vivre en 1955 qui lui vaut un succès international. L’Ardente Gitane lui permet ensuite d’exprimer son amour pour les marginaux, comme dans Derrière le miroir, qui décrit la déchéance d’un homme drogué à  la cortisone.

Après un remake du Jesse James (1939) de Henry King, Le Brigand bien aimé , il signe son oeuvre la plus belle et la plus secrète : Amère victoire, un faux film de guerre entièrement photographié en gris et blanc. Puis La Forêt interdite et Traquenard, qui associe Cyd Charisse et Robert Taylor dans un film noir traité en de somptueuses couleurs, sont avant tout des oeuvres de poète qui cassent les habitudes du récit hollywoodien.

Peu porté sur les superproductions (Le Roi des rois et Les 55 jours de Pékin), Nicholas Ray s’éloigne de Hollywood et tente un film expérimental, We can’t go home again (1973-1976), participe à  un film érotique (Wet Dreams), et joue dans L’Ami américain de Wim Wenders et Hair de Milos Forman. Atteint d’un cancer, il accepte d’être filmé et de coréaliser son agonie avec l’aide de Wim Wenders : Nick’s Movie .

Filmographie

  • 1949 They Live by Night (Les Amants de la nuit)
  • 1949 A Woman's Secret
  • 1949 Knock on any Door (Les Ruelles du malheur)
  • 1950 Born to be bad
  • 1950 In a Lonely Place (Le Violent)
  • 1951 On a Dangerous Ground (La Maison dans l'ombre)
  • 1951 Flying Leathernecks (Les Diables de Guadalcanal)
  • 1952 The Lusty Men (Les Indomptables)
  • 1954 Johnny Guitar
  • 1954 Run for Cover (à l'Ombre des potences)
  • 1954 The High Green Wall (TV)
  • 1955 Rebel without a Cause (La Fureur de vivre)
  • 1956 L'Ardente Gitane (Hot Blood)
  • 1956 Bigger than Life (Derrière le miroir)
  • 1957 The True Story of Jesse James (Le Brigand Bien-aimé)
  • 1957 Bitter Victory (Amère Victoire)
  • 1958 Wind across the Everglades (La Forêt Interdite)
  • 1958 Party Girl (Traquenard)
  • 1960 The Savage Innocents (Les Dents du diable)
  • 1961 King of Kings (Le Roi des rois)
  • 1963 55 Days at Peking (Les 55 jours de Pékin) (terminé en 1965)
  • 1973 We can't Go Home again (terminé en 1976)
  • 1974 The Janitor (épisode dans Wet Dreams)
  • 1978 Marco
  • 1980 Nick's movie (Lightning over Water / Nick's Film) (co-réalisation : Wim Wenders)

    Mise à jour le 19 mai 2009>