MILLER Claude

réalisateur

Biographie

 

(1942-2012)

Né à  Paris le 20 février 1942, Claude Miller passe toute son enfance en banlieue. Sa famille est d’un milieu modeste. Elle habite à  Montreuil-sous-bois.

Chaque semaine, c’est la sortie du samedi soir au cinéma de quartier. Claude Miller devient vite un cinéphile. à  dix ans, il rêve de devenir comédien, mais à  l’amorce de son adolescence, il éprouve le désir d’être metteur en scène.

Si le cinéma américain le fascine, il voue aussi une grande admiration pour les films français de René Clair et de René Clément.

Au lycée, il commence à  lire des revues de cinéma et à  s’intéresse aux films de la  » Nouvelle Vague « . Ses parents comprennent la nature de sa passion et, après son baccalauréat, il tente le concours de l’IDHEC, le réussit, commence ses études de cinéaste et fréquente la Cinémathèque française.

Après son diplôme, il rejoint le SCA (Service cinématographique des armées) à  Ivry et réalise trois courts métrages pour l’armée.

Libéré de ses obligations militaires, il occupe divers postes sur des films. D »ord stagiaire sur Trois chambres à  Manhattan (1965) de Marcel Carné, il devient l’assistant de Jean Herman: Le Dimanche de la vie (1965) et de Jean-Paul Savignac : Nick Carter et le Trèfle rouge (1966). Engagé sur Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson, il admire  » l’exigence et la ténacité avec laquelle Bresson sait imposer l’esthétique de son projet « .

Après un court passage sur Les Demoiselles de Rochefort (1967) de Jacques Demy, il travaille sur Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967), La Chinoise (1967) et Week-end (1968) de Jean-Luc Godard. Ce cinéaste le marque par  » sa remise en question de toutes les idées reçues, ainsi que des conventions techniques et du langage cinématographique « .

Il réalise alors son premier court métrage: Juliet dans Paris (1967), une fable originale et assez sanglante sur le vampirisme.

Sur les conseils de son amie Suzanne Schiffman, il intègre ensuite l’équipe de François Truffaut en tant que directeur de production. Une relation privilégiée s’installe entre les deux hommes, car Truffaut  » entretient toujours des rapports affectifs avec son équipe et rend contagieux son bonheur de faire du cinéma « . Claude Miller collabore régulièrement avec lui: Baisers (1968), La Sirène du Mississipi (1969), L’Enfant sauvage (1969), Domicile conjugal (1970), Les deux Anglaises et le continent (1971), Une belle fille comme moi (1972),La Nuit américaine (1973) et L’Histoire d’Adèle H (1975).

Durant cette période, Il travaille également avec Pierre Tchernia : Les Gaspards (1973) et Gérard Pirès : Fantasia chez les ploucs (1971), où il est réalisateur de la seconde équipe.

Il tourne encore deux courts métrages : La Question ordinaire (1969), oeuvre antifasciste, qui est interdite par la censure, et Camille ou la Comédie catastrophique (1971), petit film ambitieux et baroque. Ces deux oeuvres sont présentées avec succès au festival de Cannes par la Quinzaine des réalisateurs. Il signe aussi de nombreux films publicitaires.

En 1975, il réalise son premier long métrage : La Meilleure façon de marcher. Situé dans une colonie de vacances, le film décrit un troublant rapport de forces entre deux moniteurs aux caractères opposés. Le film surprend par son audace, séduit une partie de la critique et trouve tout de suite son public. Il tourne ensuite Dites-lui que je l’aime (1977), adaptation d’un roman de Patricia Highsmith: Ce mal étrange (The Sweet Sickness). Malgré la présence de Gérard Depardieu et Miou Miou, c’est un gros échec commercial.

Ne réussissant pas à  réaliser un nouveau film, il collabore aux scénarios de La Tortue sur le dos (1978) et de Plein Sud (1980), mis en scène par son ami Luc Béraud.

En 1981, le producteur Georges Danciger lui propose de réaliser Garde à  vue, un thriller tiré du roman de série noire :  » A table !  » (Brainwash) de John Wainwright. Le projet est initialement prévu pour Michel Serrault et Yves Montand. Claude Miller accepte la commande et donne le seul rôle féminin à  Romy Schneider. Yves Montand n’étant plus libre aux dates du tournage, Lino Ventura le remplace. Michel Audiard signe le scénario et le dialogue. Garde à  vue est un tel succès que Claude Miller devient une valeur sà»re pour les producteurs, ce qui lui permet d’imposer sa volonté pour un film noir : Mortelle Randonnée (1983), d’après le roman de Marc Behm:  » The Eye of the Beholder « . Il y retrouve Michel Serrault et Michel Audiard, y dirige Isabelle Adjani et réussit une oeuvre forte. Mais c’est un échec commercial et les projets suivants (5, Le Grand Capitaine et La Java) n »outissent pas.

Avec sa femme, Annie Miller, Luc Béraud et Bernard Stora, il écrit alors Là¯frontée. à  sa sortie, le film est un succès critique et public, auréolé de quelques Césars. Claude Berri lui propose alors de filmer un scénario de François Truffaut et Claude de Givray: La Petite Voleuse. Miller accepte et c’est un succès public.

Il écrit ensuite le scénario de Vent de Panique (1987) de Bernard Stora. Le producteur Daniel Toscan du Plantier lui demande de tourner la Vie parisienne d’Offenbach. Miller travaille longtemps sur la préparation de ce film musical, mais refuse de faire des compromis sur la distribution, et résiste aux pressions. Le projet finit par être abandonné. Il reste plusieurs années sans faire de films.

En 1992, il parvient à  tourner l’adaptation du roman de Nina Berberova : L’Accompagnatrice, ce qui lui permet de réaliser ensuite un scénario original: Le Sourire (1994).

Lâchés par une partie de la critique et mal accueillis par le public, ces deux films n’ont pas de succès. Claude Miller conna’eet une nouvelle traversée du désert. Au bout de quatre ans, il réussit à  mettre en scène le roman d’Emmanuel Carrère : La Classe de neige (1998), qui obtient le prix du jury au festival de Cannes. Il travaille alors à  une ambitieuse adaptation du Nana d’Emile Zola, mais doit abandonner ce projet et réalise La Chambre des magiciennes (2000).

Claude Miller est aussi acteur occasionnel. Il apparait dans Au hasard Balthazar (Robert Bresson), Deux ou trois choses que je sais d’elle (Jean-Luc Godard), L’Enfant sauvage et La Nuit américaine (François Truffaut), La Tortue sur le dos (Luc Béraud), L’Incinérateur des pompes funèbres (Gérard Pirès) et Le Sourire ( Claude Miller).

Il décède à Paris le 4 avril 2012.

Filmographie

  • 1967 Juliet à Paris (court métrage)
  • 1969 La Question ordinaire (court métrage)
  • 1971 Camille ou la comédie catastrophique (court métrage)
  • 1975 La Meilleure Façon de marcher
  • 1977 Dites-lui que je l'aime
  • 1981 Garde à vue
  • 1983 Mortelle Randonnée
  • 1985 Lïfrontée
  • 1988 La Petite Voleuse
  • 1992 L'Accompagnatrice
  • 1994 Le Sourire
  • 1998 La Classe de neige
  • 2000 La Chambre des magiciennes
  • 2001 Betty Fisher et autres histoires
  • 2002 La Petite Lili
  • 2002 Le Grand Charles a disparu
  • 2006 Un secret
  • 2008 Je suis heureux que ma mère soit vivante
  • 2011 Voyez comme ils dansent
  • 2012 Thérèse Desqueyroux

Mise à jourle 22 avril 2009