BURTON Tim

réalisateur

Biographie

Tim Burton est né le 25 août 1958 à Burbank, en Californie. à cette époque, Burbank est une banlieue pour classes ouvrières sur la route d’Hollywood qui ressemble à celle décrite dans Edward aux mains d’argent. Pour pallier l’ennui de cette banlieue morose, Tim Burton passe la plupart de son temps dans les salles de cinéma du quartier ou assis devant la télévision où il regarde presque tous les films programmés. Le cinéaste cinéphile s’est en effet toujours qualifié « d’enfant de la télévision » et doit à ses nombreuses heures passées devant le poste son amour infini pour les petits films d’horreur et de science-fiction. Enfant très introverti, il se réfugie dans sa passion pour le dessin et les images de toutes sortes. « Il y avait suffisamment de films étranges pour que tu puisses te passer d’avoir des amis pendant un sacré bout de temps. J’avais les mêmes activités que les autres enfants : aller au cinéma, jouer, dessiner. ‘c7a n’avait rien d’inhabituel. Ce qui est plus inhabituel, c’est de vouloir persévérer dans ces domaines en grandissant« , confia-t-il récemment.
Téléphage, le jeune Burton a un goût prononcé pour les monstres et les films de monstres comme King Kong, Frankeinstein, Godzilla, L’Étrange créature du Lac noir. « J’avais le sentiment que ces monstres étaient souvent incompris et qu’ils avaient généralement plus de coeur et d’âme que les humains autour d’eux. Je crois que je regardais ces films en réaction à un milieu familial puritain, bureaucratique et très années 50. Je refusais de voir la réalité en face pendant toute cette période. »

Ainsi les films de Ray Harryhausen (Jason et les Argonautes, Le Septième Voyage de Sinbad) et ceux avec Vincent Price laissent sur lui des traces indélébiles – c’est d’ailleurs en hommage à ce comédien mythique des films d’horreur des années 60 qu’il tournera son premier film, Vincent.

Adolescent, avec son groupe d’amis, il fait des films en super 8 et tourne de manière plus qu’artisanale des histoires de loups-garous, de savants fous, et même, déjà, quelques petits films d’animation. Doué pour le dessin, le jeune Tim Burton gagne un concours organisé par la ville de Burbank : son esquisse orne les camions poubelles de Burbank, et il récidive lors d’un autre concours organisé pour les fêtes de Halloween.

En 1976, Tim Burton a 18 ans et décroche une bourse d’études pour la California Institute of the Arts (Cal Arts), une université fondée par Walt Disney. Le programme est établi par le studio Disney et permet de dénicher les nouveaux animateurs « maison » de demain. C’est ainsi que trois ans plus tard, le jeune dessinateur rejoint les légendaires studios Disney pour travailler comme animateur sur le dessin animé Rox et Rouky. Mais le travail au sein de l’énorme firme le déprime et Tim Burton aspire à dessiner autre chose qu’un gentil petit renard. « Je me sentais comme une princesse prisonnière« .

Il se libère en tournant pour Disney Vincent en 1982, un court métrage d’animation dans le style expressionniste allemand des années 20. Ce premier film raconte l’histoire d’un jeune garçon perturbé, âgé de 7 ans, qui s’imagine être l’acteur Vincent Price.

Fin 1982, Tim Burton tourne pour la télévision de la firme (Disney Channel) une version animée et asiatique du conte Hansel et Gretel puis Frankenweenie, un court métrage de 25 minutes, en noir et blanc, avec Shelley Duvall et Daniel Stern, sorte de variation sur le thème du Frankenstein (1935) de James Whale où un petit garçon réanime son chien renversé par une voiture. Chez Disney, ce dernier film rencontre le même accueil que Vincent : les dirigeants de la firme aiment ces opus mais ne veulent en aucun cas les distribuer. La frustration du jeune cinéaste est d’autant plus grande que la firme est en pleine restructuration et qu’avec le départ de l’ancienne administration et la prise de fonction de la nouvelle équipe chargée de redonner un nouvel élan au studio, la priorité des arrivants n’est évidemment pas un court métrage de trente minutes. « C’est la goutte dêu qui a fait déborder le vase. Disney et moi, c’était fini. »

En 1985, Pee-Wee Herman, alias Paul Reubens, figure culte de show télé pour enfants, devient un projet Warner Bros qui compte en faire une star du grand écran. Il ne reste plus au studio qu’à trouver le réalisateur idéal : le jeune et ésotérique Tim Burton fait l’affaire.
Ce dernier, fasciné par les êtres différents qui se fichent de savoir comment ils sont perçus, se sent en phase avec le projet. Marginal, le personnage de Pee Wee vit en effet dans son monde sans tenir compte du regard des autres : « Il vit dans sa bulle, mais c’est aussi une prison« , avoue Burton. Film visuel burlesque, Pee-Wee Big Adventure est un des nombreux héros « différents » chers au cinéaste et la première oeuvre dont toute la mise en scène se fonde sur un travail d’imagerie plastique (Pee-Wee et son vélo).

Après quelques expériences télévisées, Tim Burton tourne son second long métrage :
Beetlejuice, en 1988. Ici, le style de Burton se précise : mélange d’humour noir et de sens du macabre, goût pour les personnages étranges, images flottantes ; bref, toute une imagerie qui va désormais hanter l’oeuvre du cinéaste. Le budget du film est suffisant pour permettre au cinéaste de déployer tout son imaginaire même si Tim Burton, en souvenir des films d’horreur et de science-fiction des années 60, insiste pour que les effets spéciaux fassent un peu fauchés, désuets, et qu’on ne masque pas leur aspect artisanal. Beetlejuice rapporte plus de 73 millions de dollars de recettes et conforte le réalisateur dans l’idée que les spectateurs sont capables d’accepter des oeuvres qui brisent les conventions hollywoodiennes.

C’est néanmoins avec un film de commande qu’encha’eene Tim Burton : Batman sera son plus gros succès. Le cinéaste découvre le fonctionnement interne d’une grosse machine hollywoodienne : la date de sortie du film est arrêtée avant même que le scénario soit terminé, les figurines et produits dérivés sont mis en place avant le tournage, etc. Néanmoins, Tim Burton parvient à faire un film personnel, expressionniste et dont « Tous les personnages sont déjantés, c’est ce qui les rend magnifiques. Quoi que je fasse – y compris des trucs considérés comme commerciaux, à l’instar de Batman, ou perçus comme impersonnels – je dois trouver des compensations, je dois m’y retrouver à un certain degré« . Profitant du succès de Batman, Tim Burton tourne un film sous forme de contes, comme un filtre abstrait sur la réalité, Edward aux mains d’argent qui, de nouveau, pose la question chère à l’oeuvre du cinéaste : qu’est-ce que la normalité ?

Après Batman Returns, la suite réussie de Batman, Tim Burton produit et met en oeuvre la création d’un film d’animation réalisé par Henry Selick, L’étrange noël de Monsieur Jack. Jack y est animé de la volonté d’accomplir les choses d’une façon différente. Mais le personnage le plus intéressant du film est sans doute celui de Sally qui, comme Edward aux mains d’argent et Catwoman, est couverte de sutures et rapiécée, traduisant ainsi un des traits essentiels de l’oeuvre du cinéaste : la sensation qu’éprouve l’être d’être composé de morceaux épars et de ne pas être un tout. Cette recherche de l’identité, de l’essence de l’être, est aussi au coeur du « biopic » Ed Wood d’après la vie de celui qui était reconnu comme le plus mauvais réalisateur du monde. Marginal, paria, incompris, travesti – donc cher à Burton – Ed Wood vit dans ses mondes contradictoires et son optimisme à toute épreuve est proche d’une négation pure et simple de la réalité.

Avec Mars Attacks ! , le cinéaste s’amuse à reproduire le style ringard des films de science-fiction des années 50 dans une satire qui met en garde contre les apparences. Vint ensuite Sleepy Hollow d’après une nouvelle de Washington Irving où Ichabold Crane découvre la réalité d’une machination derrière un phénomène en apparence surnaturel. L’imagerie, thème principal de l’oeuvre de Burton, est au coeur de Sleepy Hollow : les extérieurs ressemblent à un décor de studio, la qualité graphique du film (les moulins à vent, l’arbre des morts…) rappelle les films de la Hammer et le cinéaste parvient à créer une sorte « d’expressionnisme naturel ». Dans son dernier film, le remake de La Planète des singes, Tim Burton retrouve un autre de ses sujets fétiches : la dualité de l’être. Si dans la première version, les singes avaient pris la place des hommes, sa version montre le moment où les personnages se comportent encore comme des singes mais agissent exactement comme des hommes, déchirés qu’ils sont entre l’humain et le simiesque. Une fois de plus, Tim Burton arrive à imposer sa vision artistique et un style résolument original.

Filmographie

  • 1971 Pee Wee's Big Adventure
  • 1982 Vincent
  • 1984 Frankenweenie
  • 1988 Beetlejuice
  • 1989 Batman
  • 1991 Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent)
  • 1992 Batman Returns (Batman, le défi)
  • 1994 Ed Wood
  • 1996 Mars Attacks
  • 1999 Sleepy Hollow
  • 2001 Planet of the Apes (La Planète des singes)
  • 2003 Big fish
  • 2005 Charlie and the chocolate factory (Charlie et la chocolaterie)
  • 2005 Corpse bride (Les noces funèbres)
  • 2008 Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (Sweeney Todd, The Demon Barber of Fleet Street)
  • 2009 Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland)
  • 2012 Dark Shadows

Mise à jour le 24 octobre 2014