BONG Joon-ho

réalisateur

Biographie

Bong Joon-ho est né le 14 Septembre 1969 à  Séoul en Corée du Sud. Enfant, il voit Le Salaire de la peur (Henri-Georges Clouzot, 1953) ainsi que La Grande évasion (John Sturges, 1962) et Papillon (Franklin J. Schaffner, 1973) avec Steve Mc Queen, films (avec Croix de fer et La Horde sauvage de Sam Peckinpah) qui le marquent profondément jusqu’à  les citer encore aujourd’hui dans les entretiens qu’il accorde.

Il étudie la sociologie à  l’Université Yonsei de Séoul, et poursuit avec une formation à  la K.A.F.A. (Korean Academy of Film Art) où il réalise, entre 1994 et 1995, trois courts métrages : White Man, Memories in My Frame et Incoherence.

Incoherence qui révèle son sens de l’humour (il s’agit d’une une parodie cinglante des intellectuels coréens) est projeté aux festivals internationaux de Vancouver et de Hong Kong. Ce film lui apporte une renommée avant même qu’il ne finisse ses études de cinéma à  la K.A.F.A. où il découvre par ailleurs, dans le cadre du ciné-club de son établissement, le cinéma du taiwanais Hou Hsiao-hsien et les films japonais de Shohei Imamura et Kyoshi Kurosawa.

Il débute dans la profession en tant que scénariste de Phantom: The Submarine (Yuryeong), film sud-coréen réalisé par Min Byeong-cheon et sorti en salles en 1999.

En 2000, sort son premier long-métrage, Barking Dogs Never Bite (Les Chiens qui aboient ne mordent jamais), qui enthousiasme Chungmu-ro, le centre de l’industrie cinématographique coréenne. Barking Dog Never Bite est comédie noire construite sur une succession de saynètes à  caractère social qui prennent vie au sein d’un quartier composé d’immeubles modernes. Ce film fut écrit par Bong Joon-ho lui-même durant les nombreuses années où il fut assistant réalisateur.

En 2003, il réalise Memories of Murder, film inspiré de l’histoire réelle d’un serial killer qui n’a jamais été arrêté. Ce fait divers se déroula en Corée entre 1986 et 1991. Bong en tire un récit qui s’attache au parcours de policiers incompétents, engagés dans une enquête policière qui les dépasse. Une fois de plus, le contexte social (la sombre époque de la Corée dictatoriale des années 1980) y joue un rôle déterminant. Ce second long-métrage attire plus de 5 millions de spectateurs, reçoit plusieurs prix et est distribué dans de nombreux pays. Il permet aussi et surtout la consécration du cinéaste reconnu d’un point de vue commercial et critique.

En 2004, Bong Joon-ho participe à  un film collectif Digital Short Films by Three Filmakers aux côtés de Yu lik Wai (Hong-Kong) et Sogo Ishii (Japon). Influenza narre le trajet d’un homme ordinaire filmé par plusieurs caméras de surveillance qui le pousse progressivement à  la violence.

Le succès de Memories of Murder permet incontestablement Gwoemul (The Host) et son financement forcément imposant tant les effets spéciaux y tiennent une place importante. Le cinéaste s’appuie à  nouveau sur un fait réel pour démarrer une histoire qui prendra une tournure fantastique. Son désir est intact depuis le début : confronter des situations réalistes, des personnages ordinaires, le quotidien des êtres et du monde à  des moments pétris par l’imaginaire et l’invraisemblable. Le film rencontre un véritable succès critique et attire plus de 14 millions de spectateurs. Passionné par la photographie et la bande dessinée (Naoki Urazawa et ses mangas), Bong s’est affirmé comme l’un des cinéastes asiatique les plus importants de sa génération. Son dernier film Shaking Tokyo (2008) est l’un des trois fragments qui composent le film Tokyo (auquel participe les français Michel Gondy et Leos Carax). L’oeuvre courte de Bong raconte l’histoire d’un  » hikikomori  » (nom donné aux adolescents agoraphobes japonais) qui vit enfermé chez lui, réduisant au strict minimum tout contact avec le monde extérieur. Mais, lorsque la livreuse de pizza s’évanouit chez lui durant un tremblement de terre, l’impensable arrive : il tombe amoureux. Basé sur un phénomène de société qui a toute son importance en ce début de 21e siècle, ce film montre à  quel point Bong réaffirme son désir de traiter les sujets phénomènes de son époque, sa grande maîtrise scénaristique et son sens aigu de la mise en scène.

2009 devrait être l’année de la naissance de deux nouveaux films : Le Transperceneige (tiré de la bande dessinée des français Jean-Marc Rochette et Jacques Loeb et produit par Park Chan-wook) qui s’attache à  l’histoire de quelques survivants cloîtrés dans le dernier train de la planète qu’on appelle le  » Transperceneige  » et qui tourne en rond dans un désert de glace. Les plus pauvres vivent dans les conditions misérables de la classe économique alors que la première classe est réservée à  la débauche décadente et à  la luxure des survivants fortunés ; et Mother qui raconte le parcours d’une mère affrontant le système judiciaire coréen pour faire innocenter son seul fils, accusé d’un meurtre sans preuve.

Filmographie

  • 1994 Memories in My Frame (court-métrage)
  • 1994 White Man (court-métrage)
  • 1995 Incoherence (court-métrage), Sélection aux Festivals du Film de Vancouver (Canada) et de Hong-Kong (Chine)
  • 2000 Barking Dogs Never Bite (Les Chiens qui aboient ne mordent jamais)
  • 2003 Memories of Murder (Prix de la critique FRIPESCI 2001 au Festival du Film de Hong-Kong, Chine)
  • 2004 Sink and Rise (court-métrage)
  • 2004 Influenza, (court-métrage), segment de l'oeuvre collective Digital Short Films by Three Filmakers (aux côtés de Yu lik Wai (Hong-Kong) et Sogo Ishii (Japon)
  • 2006 The Host (Gwoemul) - Korean Film Awards 2006 : « meilleur film », « meilleur réalisateur », « meilleur son », « meilleure Direction de la Photographie : Kim Hyung-goo », « meilleurs Eclairages : Lee Kang-san et Jung Young-min » et « meilleurs Effets Spéciaux »
    - Asian Film Awards 2007 : « meilleur film », « meilleur acteur : Song Kang-Ho », « meilleure Direction de la Photographie : Kim Hyung-goo », « meilleurs Effets Spéciaux »
    - Blue Dragon Film Awards 2006 / 27ème Festival du Film de Cheong-ryeong (Corée du Sud) :
    « meilleur film », « meilleur acteur : Byeon Hie-bong », « meilleur révélation féminine :
    Ko A-sung », « meilleure Direction de la Photographie : Kim Hyung-goo »
    - Prix du jury au Pusan Film Critics Awards 2006
    - Sélection à la « Quinzaine des réalisateurs » du 59ème Festival du Film de Cannes (France) 2007
  • 2008 Shaking Tokyo (court-métrage), segment d'un triptyque intitulé Tokyo réalisé aux côtés de Leos Carax et Michel Gondry
  • 2009 Le Transperceneige (adapté de la bande dessinée française créée par Jean-Marc Rochette et Jacques Loeb et produit par Park Chan-wook)
  • 2009 Mother (écrit en collaboration avec Park Eun-kyo)

Bong Joon-ho a également participé à l'écriture des scénarii des films coréens Phamtom : The Submarine de Min Byung-chun (1999) et Antartic Journal de Im Pil-seong (2005)


Mise à jour le 29 avril 2009

Outils

A voir :

- Memories of Murder, édité par TF1 Vidéo en 2005 (avec 3 heures de suppléments dont White Man, premier court-métrage du cinéaste)

- The Host en DVD (Septembre 2007) et en Blu-ray (Décembre 2008), édité par Océan-Films,

A lire :

Sur le cinéma coréen :

- Aprà Adriano (sous la Direction de), Le Cinéma coréen, Editions Centre Georges Pompidou, Collection Cinéma pluriel, Paris, 1993

- Coppola Antoine, LeCinéma sud-coréen. Du confucianisme à l'avant-garde : splendeurs et misères du réalisme dans le nouvel ordre spectaculaire, Editions L'Harmattan, Collection Images plurielles, Paris, 1997 et 2005 (pour la nouvelle édition)

- Gombeaud Adrien, Séoul Cinéma - Les origines du nouveau cinéma coréen, Editions L'Harmattan, Collection Champs visuels, Paris, 2006

Sur le cinéma asiatique :

- Coppola Antoine, Histoire du cinéma en Asie (Corée, Chine, Japon, Asie du Sud-Est), Editions L'Harmattan, Collection Images plurielles, Paris, 2004

- Coppola Antoine, Le Cinéma asiatique : Chine, Corée, Japon, Hong-Kong, Taïwan, Editions L'Harmattan, Collection Images plurielles, Paris, 2004

A consulter sur le Web :

- Dossier spécial autour du cinéma coréen : analyse par Laurence Reymond in revue en ligne Fluctuat

- Etude de Magali Payen autour du jeune cinéma coréen (histoire, industrie, genres, économie, politique et censure) in site Web www.iletaitunefoislecinema.com